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Groenland et tensions mondiales : « Vous verrez », prévient Trump en route pour Davos
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une conférence de presse sous le signe de l’incertitude et de la mise en scène

On s’y attendait un peu, mais le suspense reste entier. Mardi, le président américain Donald Trump a délibérément laissé planer le doute sur les mesures qu’il compte prendre pour mettre la main sur le Groenland. « Vous verrez », a-t-il simplement lancé à un journaliste qui tentait de savoir jusqu’où il irait pour acquérir ce territoire autonome du Danemark. Cette petite phrase, lâchée avec ce ton qu’on lui connaît, résonne déjà bien au-delà de Washington, semant l’inquiétude chez les alliés et provoquant des remous jusqu’au forum de Davos.

C’était un point de presse… comment dire ? Long, un peu décousu, typique du personnage. Il marquait le premier anniversaire de son retour au pouvoir. D’ailleurs, il a fallu être patient : l’événement a commencé avec près d’une heure de retard. Pendant presque deux heures, le président a dressé un bilan qu’il qualifie lui-même d’exceptionnel. Mais l’ambiance était étrange. Il a ponctué son discours, d’un ton inhabituellement monocorde, en montrant longuement des photos judiciaires de migrants, revenant sur ses griefs habituels.

Il n’a pas manqué de souligner la dimension quasi divine de sa mission. Vers la fin de la séance de questions, il a affirmé sans sourciller : « Je pense que Dieu est très fier du travail que j’ai fait ». C’est dans ce contexte, entre autosatisfaction et menaces voilées, qu’il a réitéré que les États-Unis avaient besoin de l’île arctique pour des raisons de « sécurité nationale et même pour la sécurité mondiale ».

L’OTAN, le Nobel et les ambitions territoriales

credit : lanature.ca (image IA)

La question de l’OTAN est revenue sur la table, évidemment. Quand on lui a demandé si l’éclatement de l’Alliance était un prix acceptable pour obtenir le Groenland, Trump a esquivé, préférant vanter ses propres mérites. « Je pense que nous trouverons un arrangement qui rendra l’OTAN très heureuse et qui nous rendra très heureux », a-t-il assuré. Une déclaration audacieuse alors même que ses menaces fragilisent l’organisation. Il a même ajouté, fidèle à son style superlatif : « Personne n’a fait plus pour l’OTAN que moi, sur tous les plans ».

Pourtant, il doute encore. Il a remis en cause la volonté des alliés de défendre les États-Unis, oubliant peut-être au passage un fait historique majeur : l’article 5 n’a été invoqué qu’une seule fois dans l’histoire, et c’était justement pour défendre les États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

Quant aux Groenlandais, qui ont clairement dit « non » ? Le président balaye cela d’un revers de main. « Quand je vais leur parler, je suis sûr qu’ils seront ravis », a-t-il répondu, affichant une assurance déconcertante face au refus exprimé par la population locale.

Et puis, il y a cette rancœur tenace envers la Norvège. Il a de nouveau fustigé le pays, lui reprochant l’attribution du prix Nobel de la paix 2025 à quelqu’un d’autre. « Ils ont perdu tout leur prestige », a-t-il lancé, clamant qu’il aurait mérité un Nobel pour chacune des huit guerres qu’il se targue d’avoir arrêtées. Ce n’est pas juste une parole en l’air : lundi, le premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, a confirmé que Trump lui avait envoyé un message liant explicitement ses ambitions sur le Groenland à ce Nobel qui lui a échappé.

Tempête numérique et provocations cartographiques

Photo : Truth social – Donald Trump

La nuit de lundi à mardi a été agitée sur les réseaux sociaux. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump s’est déchaîné. C’était une série stupéfiante d’attaques visant les alliés danois, français, britanniques et canadiens. Mais il est allé plus loin dans la provocation visuelle.

Il a publié des images générées par intelligence artificielle assez surréalistes. L’une d’elles le montre, accompagné de deux membres de son administration, en train de planter un drapeau américain directement sur le sol du Groenland. Une autre image, encore plus explicite, le met en scène dans le Bureau ovale avec des dirigeants européens, devant une carte où le drapeau américain recouvre non seulement les États-Unis, mais aussi le Canada, le Groenland et le Venezuela.

Le paradoxe est total. Il a relayé le message d’un partisan affirmant que l’ONU et l’OTAN représentent la « vraie menace », et non la Chine ou la Russie. Pourtant, c’est bien la menace russe et chinoise qu’il invoque pour justifier son besoin de contrôler le Groenland. Samedi, joignant le geste à la parole, il avait annoncé de nouveaux droits de douane contre huit pays européens ayant condamné ses visées, malgré les accords commerciaux signés l’an dernier avec Londres et l’UE.

Davos sous le choc et les marchés en berne

credit : lanature.ca (image IA)

C’est dans cette atmosphère électrique que le président américain s’est envolé pour la Suisse. Il s’est adressé aux journalistes juste avant son départ pour le Forum économique de Davos, dont la porte-parole Karoline Leavitt avait annoncé sa présence peu avant. Là-bas, l’événement qui rassemble 2900 dirigeants et investisseurs semble totalement éclipsé par cette affaire groenlandaise et les menaces de représailles tarifaires.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Emmanuel Macron a choisi des mots forts, affirmant préférer « le respect plutôt que les brutes » et « l’État de droit plutôt que la brutalité », dénonçant un monde sans loi. De son côté, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a appelé les « puissances moyennes » à s’unir contre les forces hégémoniques. Sa phrase a marqué les esprits : « Si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu », décrivant un monde en pleine rupture.

Les conséquences sont déjà concrètes. La Bourse de New York a terminé en forte baisse suite à ces nouvelles menaces douanières. Et à Strasbourg, la riposte s’organise : le Parlement européen a suspendu le processus de ratification de l’accord commercial conclu en juillet entre l’UE et les États-Unis. L’incertitude est donc totale.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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