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Ce que contenaient ces 4 œufs noirs repêchés à 6200 mètres de profondeur défie la science
Crédit: lanature.ca (image IA)

Plus inconnus que la surface de Mars

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C’est une phrase qu’on entend tellement souvent qu’elle en devient presque cliché, vous ne trouvez pas ? Les océanographes adorent répéter que nous, les humains, « connaissons mieux la surface de Mars que le fond de nos océans ». Et pourtant, c’est la stricte vérité. Alors que les océans recouvrent plus de 70 % de la surface du globe, ils restent notoirement difficiles à étudier, sans parler du fait qu’ils sont franchement inhospitaliers pour quiconque ne possède pas de branchies.

C’est dans ce contexte un peu effrayant, disons-le, que des scientifiques de l’Université de Tokyo et de l’Université d’Hokkaido, au Japon, sont tombés sur quelque chose d’inédit. Alors qu’ils pilotaient un véhicule télécommandé (ROV) dans l’océan Pacifique, ils ont repéré de mystérieux œufs d’un noir de jais, accrochés à un rocher. La profondeur ? Environ 6 200 mètres, soit 3,85 miles. On parle ici de la zone abyssopélagique, la couche la plus profonde de la majeure partie de l’océan (si l’on exclut les fosses hadopélagiques encore plus profondes). Autant dire que toute découverte biologique dans cette zone est une pépite, car on ne sait quasiment rien des cycles de vie qui s’y déroulent.

Une récolte inattendue dans les abysses

credit : lanature.ca (image IA)

Imaginez la scène. Yasunori Kano, chercheur en sciences marines à l’Université de Tokyo, est aux commandes du ROV. Il voit ces formes étranges. Ne sachant pas trop ce que sont ces œufs, il prend une décision qui va tout changer : il décide d’en récupérer un échantillon pour une analyse plus poussée à la surface. On ne sait jamais, ça pourrait être important.

Une fois les échantillons remontés, le constat est mitigé : la plupart des œufs sont déchirés et vides. Dommage. Mais… attendez, il reste au moins quatre œufs intacts. C’est peu, mais c’est suffisant. Kano envoie ces spécimens, qu’il a pris soin de ne pas perturber, à une équipe de biologistes spécialistes des invertébrés à l’Université d’Hokkaido. Et c’est là, en y regardant de plus près, que l’équipe réalise que ces « œufs » sont en fait des cocons contenant une poignée de vers plats.

Keiichi Kakui, de l’Université d’Hokkaido et co-auteur de l’étude parue dans la revue Biology Letters, raconte sa première impression avec une franchise rafraîchissante au média IFLScience : « Quand je les ai vus pour la première fois, comme je n’avais jamais vu de cocons de vers plats (et que je ne savais pas à quoi ressemblaient ces cocons), j’ai pensé qu’il pouvait s’agir de protistes ou quelque chose comme ça. »

L’analyse qui a tout changé

La curiosité scientifique a vite pris le dessus. Sous un stéréomicroscope, Kakui a coupé l’un des objets. Le résultat ? Une sorte de liquide laiteux s’en est échappé. En soufflant sur cette substance laiteuse avec une pipette, il a découvert des corps blancs et fragiles à l’intérieur de la coquille. C’est à ce moment précis qu’il a réalisé : c’était bien un cocon de plathelminthes (vers plats).

C’est une découverte particulièrement surprenante, pour ne pas dire bouleversante, car nous ne savons absolument rien des vers plats abyssaux. Ils n’avaient jamais été découverts à de telles profondeurs auparavant. Pour vous donner une idée de l’échelle : avant cette trouvaille, le ver plat le plus profond jamais observé se trouvait à environ 5 200 mètres (3,23 miles). Et encore, il y a un « mais ». Ce spécimen précédent était attaché à un morceau de bois, donc les scientifiques ne pouvaient même pas être certains si les vers vivaient là ou s’ils avaient simplement coulé avec le bois. Avant cela ? Le record n’était que d’environ 2 miles de profondeur (environ 3 200 mètres), selon ScienceAlert.

Conclusion : Un mystère résolu, d’autres qui demeurent

credit : lanature.ca (image IA)

Après un examen ADN approfondi, l’équipe a confirmé ce qu’elle soupçonnait : ces créatures appartiennent à une espèce du phylum Platyhelminth qui n’avait jamais été décrite auparavant. C’est donc officiel.

L’étude rapporte que bien qu’ils représentent « le record le plus profond connu de plathelminthes libres », ces résidents des grands fonds semblent être superficiellement identiques à leurs cousins vivant dans les eaux peu profondes. Aucune différence de développement drastique n’a été notée, ce qui est assez fou quand on pense à la pression qui règne là-bas. Alors, même si l’abysse océanique reste largement enveloppé dans l’ignorance scientifique, cette découverte rend la connaissance de ces profondeurs obscures un tout petit peu plus lumineuse.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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