Mark Carney et la Conquête : Quand l’histoire devient un champ de mines politique
Auteur: Adam David
Une réécriture historique qui ne passe pas

C’est le genre de déclaration qui, au Québec, a l’effet d’une étincelle sur un baril de poudre. Mark Carney, désigné comme premier ministre dans ce contexte houleux, se retrouve sous le feu des critiques pour une lecture de l’histoire pour le moins… créative. Lors d’un discours prononcé cette semaine sur les très symboliques Plaines d’Abraham, il a affirmé que ce lieu représentait « le lieu où le Canada a commencé à faire le choix historique de privilégier […] le partenariat plutôt que la domination ». Une phrase qui, avouons-le, fait sourciller n’importe quel historien amateur.
Le gouvernement du Québec n’a pas tardé à réagir, accusant M. Carney de « réécrire l’histoire » et de faire preuve de malhonnêteté. Car enfin, soyons sérieux deux minutes : les Plaines d’Abraham ne sont pas le symbole d’un « dialogue interculturel » autour d’un thé. C’est le théâtre sanglant de la défaite française face aux troupes anglaises, le point de bascule vers un changement de régime imposé par la force, et, disons les choses comme elles sont, le début d’une tentative d’assimilation linguistique. Présenter cela comme un choix de « partenariat », c’est un peu fort de café.
La ligne de défense libérale : l’unité avant les faits ?

Face à la tempête, les libéraux montent au créneau pour défendre leur chef, mais c’est un exercice de funambulisme assez fascinant à observer. Ils le défendent, oui, mais pas vraiment sur le fond historique. Interrogé par des journalistes parlementaires pour savoir si le chef libéral devait s’excuser — une demande formulée par le Bloc —, Joël Lightbound, le lieutenant de M. Carney pour le Québec, a esquivé en parlant de « différentes perspectives » de l’histoire qui s’affrontent. Une façon polie de dire qu’on n’est pas d’accord sur les faits ?
Dans les couloirs du Parlement, M. Lightbound a tenté de recadrer le débat : « Ce sur quoi il a mis l’emphase et ce que je retiens du discours de M. Carney, c’est que l’union fait la force particulièrement quand on voit l’instabilité à l’international, de s’unir au pays ». En gros, regardez ailleurs, le monde est dangereux. Son collègue Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, a renchéri en assurant que le premier ministre avait toujours été « de bonne foi ». Pour lui, le message était fondamentalement axé sur l’unité nationale et il estime qu’on « manque un peu le bateau » si l’on s’enlise dans ce qu’il qualifie de « chamaillement ». De son côté, Jean-Yves Duclos, député de Québec-Centre qui était présent lors du discours, s’est fendu d’un message sur les réseaux sociaux pour affirmer que M. Carney avait parlé de l’histoire du Québec avec « sincérité » et « respect ».
Malaise chez Guilbeault et colère à Saint-Hyacinthe

Le malaise est cependant palpable chez certains. Prenons l’ancien ministre et député Steven Guilbeault. Interrogé sur la question, il a tout simplement refusé de dire s’il partageait le point de vue du gouvernement québécois. Plutôt que de répondre, il a préféré insister sur le fait que les États-Unis constituaient actuellement la menace la plus importante. Quand on lui a demandé si la situation le rendait mal à l’aise, sa réponse fut aussi courte que révélatrice : « je n’ai vraiment pas de commentaire à faire là-dessus ». Un silence qui en dit long, n’est-ce pas ?
Pendant ce temps, à Saint-Hyacinthe, où se tenait le congrès du Parti québécois ce samedi, l’humeur était, disons, beaucoup moins diplomatique. Le chef bloquiste Yves-François Blanchet s’est dit outré, constatant que le premier ministre « ignore tout du Québec et de son histoire ». Pour lui, c’est clair : M. Carney doit des « excuses sincères » à tous les « francophones du Québec et du Canada ». Et il n’est pas le seul à être en colère.
Le ministre québécois de la langue française, Jean-François Roberge, a sorti l’artillerie lourde. Il n’y est pas allé de main morte, rappelant avec une ironie mordante les propres mots de Carney : « Il y a deux jours, Mark Carney […] nous invitait à cesser de “vivre dans le mensonge” et rappelait que “la puissance des moins puissants commence par l’honnêteté”. Je lui suggère de retourner lire son discours de la veille. » Une riposte cinglante qui risque de laisser des traces.
Selon la source : lapresse.ca
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