Trump menace de foudroyer le Canada avec 100 % de taxes en cas d’alliance avec la Chine
Auteur: Adam David
Une tempête peut en cacher une autre

C’est une image presque cinématographique, non ? Alors qu’un blizzard d’une rare intensité menace actuellement de balayer une grande partie des États-Unis, une autre tempête, politique celle-là, se profile à l’horizon. Donald Trump, fidèle à son style imprévisible, s’est dit prêt ce samedi à déclencher un nouveau chaos douanier avec le Canada. La raison de cette colère soudaine ? La volonté affichée par Ottawa de développer ses échanges commerciaux avec la Chine.
Une semaine à peine après l’annonce d’un accord préliminaire entre le gouvernement de Mark Carney et Pékin, la réplique n’a pas tardé. C’est sur sa plateforme fétiche, Truth Social, que le chef de l’État américain a dégainé l’arme lourde : il menace d’imposer des « droits de douane à 100 % » sur les importations canadiennes si cet accord venait à se concrétiser. Soyons clairs sur ce que cela signifie concrètement… un tel niveau de taxation impliquerait tout simplement de doubler le prix des produits canadiens franchissant la frontière sud. Une catastrophe économique potentielle.
La peur du « cheval de Troie » chinois et les réactions à Ottawa

L’argumentaire de Trump est assez direct, pour ne pas dire brutal. Il affirme ne pas vouloir que le Canada se transforme en une sorte de plateforme de réexpédition permettant aux produits chinois d’inonder le marché américain par la bande. Ses mots sont d’ailleurs particulièrement durs : il juge que « La Chine va manger le Canada tout cru, complètement le dévorer, y compris en détruisant leurs entreprises, leur tissu social, et leur mode de vie général ». On sent bien ici l’urgence dans son discours, ou peut-être une forme de panique protectionniste.
Face à cette salve, la réponse canadienne tente de calmer le jeu, non sans une certaine gêne. Dominic Leblanc, le ministre chargé de la relation commerciale avec les États-Unis, a rapidement réagi sur X. Il assure qu’il n’y a « pas de poursuite d’un accord de libre-échange avec la Chine » et que ce qui a été signé n’est qu’une « résolution sur plusieurs questions tarifaires importantes ». Une nuance sémantique cruciale pour Ottawa.
De son côté, le monde des affaires tente de garder la tête froide. Matthew Holmes, vice-président exécutif à la Chambre de commerce du Canada, défend la nécessité pragmatique de « développer une relation structurée avec la Chine ou tout autre pays », tout en ne renonçant évidemment pas aux échanges vitaux avec les voisins américains. Mais l’inquiétude est palpable ; il espère qu’Ottawa et Washington « arrivent rapidement à une meilleure compréhension » mutuelle, car les entreprises canadiennes retiennent leur souffle.
Le « Gouverneur Carney » et l’obsession de la 51e étoile

Il faut dire que le contexte est déjà électrique. Depuis son retour au pouvoir il y a un an, le président américain n’a pas vraiment ménagé son voisin du nord. On se souvient de ses suggestions, à peine voilées, d’annexer le Canada pour en faire purement et simplement le 51e État américain. C’est dans cette logique qu’il désigne désormais Mark Carney, dans sa mise en garde de samedi, comme le « Gouverneur Carney ». Une pique qu’il utilisait déjà avec l’ex-premier ministre Justin Trudeau, manière d’appuyer sa vision d’un Canada sous tutelle.
D’ailleurs, le locataire de la Maison-Blanche n’a pas du tout digéré le discours de M. Carney au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, plus tôt cette semaine. Carney y avait pointé la fracture de l’ordre mondial, appelant les « puissances moyennes » à s’unir face aux forces « hégémoniques ». La réponse de Trump avait été cinglante, rappelant que le Canada existait « grâce aux États-Unis ». Bien que la majorité des échanges reste exemptée de droits de douane et que Trump respecte une grande partie de l’accord de libre-échange nord-américain actuel, la menace revient à chaque à-coup. Le Canada reste une cible privilégiée de sa guerre commerciale, touché par des surtaxes sur l’acier, l’aluminium, l’automobile et le bois d’œuvre.
Les détails de l’accord qui fâchent : Véhicules électriques et dépendance

Mais qu’y a-t-il exactement dans cet accord qui provoque une telle ire ? Mark Carney mise sur deux axes pour contrer la guerre commerciale de Trump : l’accroissement du commerce intérieur et la recherche de nouveaux marchés en Asie et en Europe. Il s’est donc rendu en Chine la semaine dernière pour sceller ce qu’il appelle « un accord commercial préliminaire, mais historique » visant à réduire les droits de douane et éliminer certains obstacles.
Le cœur du problème réside probablement dans les détails chiffrés. L’accord prévoit de laisser entrer au Canada 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine. Ces véhicules bénéficieront de droits de douane préférentiels de 6,1 %, ce qui correspond, selon M. Carney, à un retour au niveau qui prévalait en 2023. C’est précis, et c’est suffisant pour alarmer Washington.
Pourtant, le premier ministre canadien nuance l’impact : il souligne que cette quantité représente « moins de 3 % » du marché. L’objectif avoué est de réduire la dépendance vis-à-vis du grand voisin américain — qui reste le premier partenaire commercial loin devant la Chine — tout en espérant, en retour, des « investissements chinois considérables » créateurs d’emplois au Canada dans les trois prochaines années. Un pari risqué, semble-t-il, quand on voit la météo politique à Washington.
Selon la source : ledevoir.com
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