Introduction : Un air de déjà-vu à Saint-Hyacinthe

Je ne vous le cache pas, ça faisait un bail que je n’avais pas senti une telle électricité dans l’air. En voyant les militants péquistes déborder d’enthousiasme à Saint-Hyacinthe cette fin de semaine, j’ai eu comme un flash-back. La dernière fois qu’on a vu une telle ferveur ? C’était à Québec, au mois de juin 2005. Oui, ça remonte.
C’était juste avant ce moment charnière, la démission fracassante — et franchement inattendue — de Bernard Landry. Un départ qui, disons-le, a plombé le parti et son option politique pour les 15 années suivantes. C’est fou comme le temps passe.
Et si on regarde les chiffres de l’époque… eh bien, ils feraient pleurer d’envie n’importe quel souverainiste aujourd’hui. Tenez-vous bien : en mai 2005, les sondages donnaient 54 % pour le Oui, surpassant même les intentions de vote pour le PQ qui étaient à 46 % ! Aujourd’hui, la réalité est plus rude : ni le parti ni la souveraineté n’arrivent à frôler la barre des 40 %.
L’époque des déchirements et le calme retrouvé

Il faut dire que le contexte de 2005 était particulier, presque une autre planète politique. Les « bleus » avaient le vent dans les voiles grâce, entre autres, à la fameuse commission Gomery qui dévoilait des coups bas assez révoltants. Et puis, le paysage était moins encombré : Québec solidaire (QS) n’existait même pas encore (le parti a été créé en 2006) et l’ADQ plafonnait. Mais bon sang, qu’est-ce que ça se chicanait à l’interne !
On s’en souvient, non ? Le parti se déchirait inlassablement sur tout. Gauche contre droite, ou encore la nature même de l’élection : devait-elle être référendaire ou pas ? C’était, pour ainsi dire, le sport national du PQ entre 1968 et 2005 : se disputer sur les termes. Indépendance ou souveraineté ? Faut-il garder un trait d’union entre souveraineté et association, ou parler de partenariat ? On débattait sans fin entre l’idée du « bon gouvernement » et la démarche référendaire. Bref, c’était le chaos organisé.
Or, ce week-end à Saint-Hyacinthe, surprise : aucun grand débat de ce genre. Le calme plat, ou plutôt, une harmonie qu’on ne soupçonnait plus. C’est peut-être dû à cette nouvelle vague, soulignée samedi par la présidente des « OUI Québec », Camille Goyette-Gingras : une présence massive de jeunes militants qui n’étaient même pas nés ou conscients lors du référendum de 1995. Pour eux, les vieilles querelles sémantiques, c’est de l’histoire ancienne.
Le nerf de la guerre et les défis de la popularité
Côté finances, le PQ a de quoi sourire, et pas qu’un peu. Le parti a fait le plein de dons, amassant quelque 1 million de dollars. Pour vous donner une idée de l’ampleur, c’est plus que le Parti libéral (PLQ) et Québec solidaire réunis. Et c’est infiniment plus que le pauvre butin du Parti conservateur, qui stagne à moins de 60 000 $. L’argent est là, c’est indéniable.
Mais attention, l’euphorie a ses pièges. C’était peut-être le dernier congrès baigné dans cette allégresse naïve. De gros nuages, ou plutôt des défis de taille, se profilent à l’horizon. Ça se murmurait d’ailleurs dans les couloirs : il y a trop de militants qui rêvent de devenir députés. L’abondance de candidatures, c’est bien, mais ça peut vite tourner au vinaigre.
Pour éviter que chaque circonscription ne devienne une arène de gladiateurs pour l’investiture — des combats souvent destructeurs —, un comité a été mis sur pied. Il est présidé par l’ancienne députée Carole Poirier, qui aura la lourde tâche de filtrer tout ça. Comme aimait le dire le regretté Jean Lapierre : « Les gens heureux n’ont pas d’histoire », parlant de ces partis où tout s’organise bien parce que tout va bien. Pour l’instant, ça tient.
Conclusion : Le pari symbolique de PSPP
Au centre de tout ça, il y a le chef, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP). Quand on pense qu’il est parti de rien, ou presque, en octobre 2020… Cette remontée lui a permis de livrer dimanche le discours qu’il avait vraiment envie de faire. Une dénonciation habile, forte — peut-être un poil trop forte ? — des propos de Mark Carney sur les plaines d’Abraham. Il a tapé sur le clou du colonialisme britannique dans le Canada d’aujourd’hui, évoquant ce que certains appelleraient du racisme systémique.
C’est une stratégie à double tranchant. En voulant donner du sens, en misant sur le symbolique et le « sens de notre histoire », il risque de démoniser à l’excès le chef fédéral ou d’oublier le travail de fourmi des militants sur le terrain. L’instinct de PSPP lui dicte que la politique a besoin de ce petit quelque chose en plus, de ce « oumf ». Jusqu’ici, ça a marché pour lui. Mais attention : s’en tenir uniquement au « oumf », sans s’ancrer dans les préoccupations quotidiennes du « monde ordinaire », pourrait finir par donner l’impression d’être déconnecté.
Selon la source : journaldequebec.com
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