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Diplomatie sous tension : Lula pose ses conditions à Trump pour le futur « Conseil de paix »
Crédit: Side-by-side fusion: "Luiz Inácio Lula da Silva 03102008.jpg" by Arquivo ABr licensed under CC BY 3.0 br via Wikimedia Commons + "January 2025 Official Presidential Portrait of Donald J. Trump.jpg" by Daniel Torok (Public domain) via Wikimedia Commons

Une conversation franche de cinquante minutes

C’est une partie d’échecs diplomatique assez fascinante qui se joue sous nos yeux, vous ne trouvez pas ? Luiz Inácio Lula da Silva, le président brésilien, a eu un échange téléphonique avec Donald Trump qui a duré pas moins de 50 minutes. Ce n’est pas rien. Invité à rejoindre ce fameux « Conseil de paix » voulu par le président américain, Lula n’a pas simplement accepté l’invitation les yeux fermés. Loin de là. Selon un communiqué officiel de la présidence brésilienne, il a fait une contre-proposition assez audacieuse : il souhaite que cette nouvelle organisation « soit limitée à la question de Gaza et comprenne un siège pour la Palestine ».

On sent bien que Lula tente de recadrer les choses. Au cours de cet échange, il a d’ailleurs insisté – comme il le fait souvent, c’est un peu son cheval de bataille – sur l’importance vitale d’une « réforme approfondie de l’Organisation des Nations unies ». Pour lui, cela doit impérativement passer par l’élargissement des membres permanents du Conseil de sécurité. Il semble vouloir dire à son homologue américain que l’on ne peut pas simplement ignorer les structures existantes.

Entre critiques acerbes et rapprochement économique

Il faut dire que le ton avait été donné quelques jours plus tôt, et il n’était pas tendre. Vendredi dernier, Lula avait carrément accusé le locataire de la Maison-Blanche de vouloir s’improviser « maître » d’une sorte de « nouvelle ONU » à travers la création de ce Conseil de paix. C’est une critique lourde de sens, n’est-ce pas ? On comprend bien l’inquiétude : initialement présenté comme un plan pour stopper la guerre dans la bande de Gaza, ce projet semble avoir des ambitions bien plus vastes, au point de ressembler à un potentiel substitut des Nations unies. Ça donne le vertige quand on y pense.

Pourtant, malgré ces divergences de fond, le pragmatisme reprend vite le dessus. Les deux hommes sont en contact régulier depuis leur première rencontre officielle en octobre dernier. Et, croyez-le ou non, après des mois de crise entre Washington et Brasilia, les choses s’apaisent sur le plan économique. L’administration américaine a fait un geste significatif : elle a exempté de nombreux produits brésiliens qui étaient jusqu’alors frappés par des droits de douane de 40 % infligés par les États-Unis. Une bouffée d’oxygène pour le commerce brésilien. Dans la foulée, ils ont même levé des sanctions qui pesaient contre un juge brésilien. Comme quoi, on peut se critiquer le vendredi et faire des affaires le reste de la semaine.

L’ombre du Venezuela et l’agenda des voyages

La discussion ne s’est pas arrêtée au Moyen-Orient ou au commerce. Il y a un sujet brûlant, tout près du Brésil, qui a été mis sur la table : le Venezuela. Selon Brasilia, Lula a lancé un appel au calme, demandant de « préserver la paix et la stabilité de la région ». C’est une position délicate pour lui. Rappelez-vous, début janvier, il y a eu cette opération militaire américaine spectaculaire qui a conduit à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro. À l’époque, Lula n’avait pas mâché ses mots, dénonçant une action qui, selon lui, « dépasse les limites de l’acceptable ».

Malgré ces tensions passées, le dialogue continue. Les deux présidents « se sont entendus » sur le principe d’une visite de Lula à Washington. Ce ne sera pas pour tout de suite, cependant. L’agenda du chef de l’État brésilien est déjà bien rempli pour le mois de février, avec des voyages prévus en Inde et en Corée du Sud. La présidence brésilienne a indiqué que la date précise de cette rencontre à la Maison-Blanche sera fixée « prochainement ». On attendra donc de voir ce qu’il en ressortira, mais une chose est sûre : le dialogue, aussi complexe soit-il, est maintenu.

Selon la source : rfi.fr

Créé par des humains, assisté par IA.

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