La culture du ruban coupé plutôt que l’entretien

On a parfois l’impression que l’histoire se répète inlassablement, vous ne trouvez pas ? Que l’on regarde ce qui se passe dans les bureaux du gouvernement du Québec ou ce qui se trame à la mairie de Montréal, le constat est malheureusement indéniable et frappe par son évidence. Depuis de nombreuses années, et je dirais même que cela concerne tous les partis confondus sans distinction, nos élus ont développé une fâcheuse tendance. Ils ont souvent préféré le faste des inaugurations, tout sourire pour couper des rubans devant les caméras, au lieu de s’atteler à la tâche ingrate mais essentielle d’entretenir correctement nos routes et nos infrastructures.
C’est une négligence qui finit par se voir, et surtout, par se ressentir au quotidien. Voilà d’ailleurs que Le Journal rapporte des données qui font froid dans le dos concernant la situation à Montréal. Il s’avère que sur les **1285 équipements** spécifiquement voués aux opérations de déneigement et de chargement de la neige — une flotte qui comprend les chenillettes, les souffleuses, les épandeurs, les camions-chargeurs et autres saleuses —, un nombre effarant de **plus de 300** engins sont actuellement en mauvais ou en très mauvais état.
Des aveux, des promesses et des nids-de-poule

Face à ces révélations gênantes, la mairesse Soraya Martinez Ferrada n’a pas eu d’autre choix que de reconnaître les faits. Elle l’a admis, tout en promettant — comme on l’entend souvent — de mieux se préparer pour l’hiver prochain. Mais en attendant ces lendemains qui chantent, la réalité est rude. On observe exactement le même problème pour ce qu’on pourrait appeler les « hordes » de nids-de-poule. Ils envahissent la ville et, phénomène inquiétant, s’étendent désormais jusque sur les trottoirs, rendant la marche périlleuse.
Il faut dire les choses telles qu’elles sont : en cet hiver particulier, le déneigement dans la métropole apparaît plus déficient que jamais. Et c’est encore pire pour l’état des trottoirs. On a le sentiment diffus que l’entretien et l’achat de nouveaux équipements, que ce soit sous l’administration précédente ou au niveau des arrondissements, semblent avoir tout simplement manqué à l’appel, nous laissant aujourd’hui avec les conséquences de ces manquements.
La colère citoyenne face aux excuses préfabriquées

Or, cet hiver, la patience a ses limites. Quand les citoyens composent le **311** par milliers pour signaler des trottoirs enneigés et glacés qui restent dans cet état pendant des semaines, il ne faut pas croire qu’ils le font simplement pour le plaisir de « chialer », comme on dit ici. Absolument pas. Ils le font parce qu’il est littéralement question de leur santé et de leur sécurité. Point final. C’est une question de ne pas se casser une jambe en allant chercher son pain.
S’ils prennent le temps d’appeler, c’est aussi parce qu’ils en ont ras le bol. Ils sont fatigués de se faire servir la même soupe chaque hiver par des porte-parole bien entraînés. Vous connaissez la chanson : si la ville est mal déneigée, eh bien, on nous dit que c’est à cause de l’hiver lui-même (!), ou alors c’est la faute du redoux, ou bien sûr, les changements climatiques, ou n’importe quelle autre excuse du jour. À un moment donné, ces justifications ne passent plus.
Conclusion : Responsabilité politique et respect des travailleurs

Il faudrait vraiment cesser de prendre les citoyens pour des innocents qui ne comprennent rien à la gestion municipale. Les Montréalais sont lucides ; ils n’en veulent pas aux cols bleus. Ils savent pertinemment que ces employés travaillent fort, souvent dans des conditions difficiles, avec en plus le handicap majeur de devoir utiliser une partie importante de leurs équipements en mauvais état. Ce n’est pas le mécanicien qu’on blâme quand la voiture tombe en ruine par manque d’investissement.
En fait, le message est simple : c’est de leurs élus que les citoyens attendent tout d’abord des **résultats**. C’est précisément pour cette raison qu’ils les portent au pouvoir lors des élections. Et c’est pour cette raison fondamentale qu’ils souhaitent ardemment la fin d’une culture politique de négligence qui est devenue, disons-le, totalement injustifiable.
Selon la source : journaldemontreal.com
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