Vents de discorde à Ottawa : le spectre du séparatisme hante le Conseil de la fédération
Auteur: Adam David
Une atmosphère électrique dans la capitale

On ne va pas se mentir, l’ambiance n’était pas exactement à la fête à l’hôtel d’Ottawa où tout ce beau monde est réuni depuis mercredi. Le Conseil de la fédération, qui rassemble les premiers ministres des provinces et Mark Carney, a vu ses discussions complètement vampirisées par un sujet brûlant : la lutte contre le séparatisme. Et croyez-moi, les mots qui ont volé étaient loin d’être diplomatiques.
D’un côté, nous avons David Eby, le premier ministre de la Colombie-Britannique, qui n’y est pas allé de main morte en parlant de « trahison » à propos des indépendantistes albertains qui font de l’œil à l’administration Trump. De l’autre, Doug Ford, le patron de l’Ontario, qui qualifie sans détour de « désastre » une potentielle élection du Parti québécois. C’est dire la tension qui règne.
Alors que cette réunion se clôturait jeudi, l’objectif était clair : lancer un appel à l’unité canadienne. Mais le contexte est, disons, compliqué. Les États-Unis chamboulent l’ordre mondial, le Parti québécois grimpe dans les sondages avec Paul St-Pierre Plamondon promettant un référendum, et le mouvement albertain, bien que différent et plus conservateur, gagne du terrain depuis l’ère Trudeau. C’est un sacré cocktail.
L’Alberta et la tentation américaine : « Une trahison » ?
C’est probablement l’histoire la plus surprenante de la semaine. Un article du Financial Times, sorti mercredi, a jeté un pavé dans la mare en révélant que des membres de l’administration Trump ont rencontré, au cours de la dernière année, l’Alberta Prosperity Project. Ce groupe séparatiste ne faisait pas que discuter de la pluie et du beau temps : ils cherchaient carrément à obtenir un crédit de 500 milliards de dollars auprès du Trésor américain ! L’idée ? Financer un nouveau pays albertain si jamais un référendum passait. Vous avez bien lu, 500 milliards.
Pire encore, ces dernières semaines, certains proches de Trump ont laissé entendre que l’Alberta pourrait être annexée aux États-Unis. Forcément, ça a fait bondir David Eby. En marge du Conseil, jeudi, il a déclaré : « Se rendre dans un pays étranger pour demander de l’aide afin de diviser le Canada, il existe un bon vieux mot pour désigner cela : une trahison ». Et quand on lui a demandé de clarifier sa pensée en conférence de presse, il a persisté et signé : « Quand j’ai parlé de trahison, c’est qu’il fallait nommer un chat un chat… Je parle de traverser la frontière pour solliciter un gouvernement étranger afin qu’il fragmente notre pays. »
Doug Ford, lui, s’est dit « déçu », estimant que c’était le moment pour la première ministre de l’Alberta de dire « assez c’est assez ». Et Danielle Smith dans tout ça ? Elle se retrouve dans une position délicate. Elle a assuré vouloir personnellement que l’Alberta reste au Canada, mais elle a précisé qu’elle ne « pouvait pas ignorer les quelque 30 % d’Albertains qui auraient perdu espoir » dans la fédération. Elle a tout de même prévenu qu’elle s’attendait à ce que nos voisins américains ne se mêlent pas de nos affaires.
La fronde s’organise contre le Parti québécois

Si l’Alberta inquiète, le Québec fait carrément peur à certains. Doug Ford, jamais avare de prédictions, en a rajouté une couche jeudi après avoir déjà traité l’élection potentielle du PQ de désastre la veille. « Croyez-moi, d’ici un an et demi [Paul St-Pierre Plamondon] va organiser un référendum sur la séparation. C’est inacceptable », a-t-il lancé. Il n’est pas le seul à s’inquiéter, même si le ton change un peu d’une province à l’autre.
Les premiers ministres du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et du Manitoba ont eux aussi mis leur grain de sel hier, s’opposant à un nouveau référendum, mais avec un peu plus de diplomatie que leur homologue ontarien. Évidemment, ces sorties ont fait réagir fortement à l’Assemblée nationale. Paul St-Pierre Plamondon a qualifié ces réactions de « panique ». C’est assez rare pour être souligné, mais Québec solidaire (indépendantiste de gauche) a abondé dans le même sens que le PQ, tandis que le Parti libéral du Québec s’est dit « en accord » avec les propos de Doug Ford.
Conclusion : Une fin de sommet en demi-teinte
Finalement, comment s’est terminé ce Conseil sous haute tension ? Dans la conférence de presse de clôture jeudi après-midi, le premier ministre Mark Carney a tenté de calmer le jeu. Interrogé sur la question, il a refusé de dénoncer formellement de possibles référendums, se contentant de dire qu’il « respectait la démocratie ». Une réponse prudente dans un climat où l’unité nationale semble plus fragile que jamais.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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