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86 % des patients américains atteints de Covid long signalent un brouillard cérébral, bien plus que dans d’autres pays : pourquoi ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une fatigue mentale qui ne connaît pas de frontières… ou presque ?

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On pense souvent que face à la maladie, nous sommes tous égaux. Pourtant, une nouvelle étude vient bousculer nos certitudes sur le Covid long. Vous savez, ces symptômes persistants qui s’installent des mois, voire des années après l’infection initiale, même si celle-ci semblait bénigne au départ. Des millions de personnes dans le monde vivent avec ça au quotidien.

Mais voilà le mystère : les symptômes rapportés par les patients varient énormément selon l’endroit où ils habitent sur le globe. C’est ce qu’a découvert une équipe internationale de chercheurs en se penchant sur un symptôme particulièrement redouté : le « brouillard mental ». Concrètement, c’est ce sentiment flou qui englobe des difficultés de concentration, des problèmes de mémoire ou une lenteur à traiter les informations. Bref, tout ce qui rend les tâches quotidiennes, le travail ou les relations sociales compliqués.

86 % contre 15 % : le grand écart des chiffres

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Pour y voir plus clair, les scientifiques ont recruté 3 157 participants répartis dans quatre pays : les États-Unis, la Colombie, le Nigeria et l’Inde. Ils ont pris soin de diviser le groupe en deux : ceux qui avaient été hospitalisés pour le Covid-19 et ceux qui ne l’avaient pas été. Tous, sans exception, souffraient de symptômes neurologiques persistants.

C’est là que les chiffres deviennent surprenants. Prenons les patients qui n’ont pas été hospitalisés. Aux États-Unis, une écrasante majorité de 86 % déclare souffrir de brouillard mental. Au Nigeria, ce chiffre descend à 63 %, un niveau très proche de la Colombie qui affiche 62 %. Mais le véritable choc vient de l’Inde : seulement 15 % des patients y mentionnent ce symptôme.

Et ce n’est pas tout. Le constat est quasiment identique pour l’anxiété et la dépression. Alors que 73 % des patients américains disent ressentir ces troubles, ils ne sont que 40 % en Colombie, 17 % en Inde et à peine 6 % au Nigeria. C’est la toute première fois qu’une comparaison intercontinentale de ce type est réalisée sur les symptômes neurologiques du Covid long.

Culture, tabous et accès aux soins : l’explication derrière les stats

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Alors, faut-il en conclure que les Américains sont plus gravement malades que les autres ? Pas du tout. Les auteurs de l’étude ne suggèrent absolument pas que le virus est plus virulent outre-Atlantique. L’explication serait plutôt sociale et culturelle.

Selon les chercheurs, ces écarts reflètent avant tout un meilleur accès aux soins aux États-Unis et une parole plus libérée autour des problèmes psychologiques et cognitifs. Le Dr Igor Koralnik, auteur principal de l’étude, met les pieds dans le plat. Dans un communiqué, il explique que dans des pays comme le Nigeria ou l’Inde, « le déni culturel des symptômes de troubles de l’humeur », ajouté à la stigmatisation, aux fausses perceptions ou aux croyances religieuses, peut biaiser les déclarations des patients.

En gros, dans certaines cultures, on ne se plaint pas de son mental. À cela s’ajoute un manque de connaissances en santé et, souvent, une pénurie de professionnels de santé mentale ou d’options de traitement perçues comme crédibles.

Vers une prise en charge adaptée à chacun

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Cette étude, publiée dans la revue Frontiers in Human Neuroscience, ne sert pas juste à faire des constats. Elle ouvre des portes. L’équipe teste actuellement des programmes de rééducation cognitive — qui ont déjà fait leurs preuves sur des patients américains — auprès de groupes au Nigeria et en Colombie. L’espoir ? Offrir un soulagement réel à ceux qui souffrent, peu importe leur adresse.

Pour la suite, les chercheurs insistent : il faudra développer des outils de dépistage « culturellement sensibles ». Autrement dit, des tests qui tiennent compte des réalités locales pour ne passer à côté d’aucun diagnostic. L’objectif final reste d’améliorer les soins à long terme pour tous ces patients, car le Covid long, lui, n’a pas fini de faire parler de lui.

Selon la source : iflscience.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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