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Combien de câlins par jour faut-il vraiment pour protéger votre santé mentale ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un geste simple, mais un impact mesurable

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On a tendance à voir le câlin comme un simple détail de notre vie sociale, une habitude sympathique sans grande conséquence. Et si on se trompait ? Une nouvelle étude suggère que ce geste anodin pourrait peser bien plus lourd qu’on ne le pense dans la balance de notre bien-être émotionnel. Bon, concrètement, de quoi parle-t-on ?

Une équipe dirigée par Andre Hajek, du Centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf (UKE) en Allemagne, s’est penchée sur la question en traitant le contact physique comme une donnée mesurable. Leurs résultats sont frappants : chez les adultes qui serrent un petit nombre de personnes dans leurs bras chaque jour, on observe des niveaux nettement plus bas de dépression, d’anxiété et de pensées suicidaires.

L’étude a passé au crible un large échantillon de la population allemande. Le constat est clair : l’état de santé mentale des participants suit de très près la fréquence de leurs étreintes. Mais attention, il ne s’agit pas de serrer tout le quartier dans ses bras pour aller mieux. Il y a une nuance de taille.

La formule magique : une à trois personnes

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Regardons les chiffres de plus près. L’enquête a porté sur 3 270 adultes âgés de 18 à 74 ans. Les chercheurs ont comparé leurs habitudes quotidiennes avec des outils de dépistage standardisés. C’est là que ça devient intéressant : les liens les plus forts avec une bonne santé mentale ont été trouvés chez les gens qui faisaient des câlins à une à trois personnes par jour.

Vous serrez une seule personne dans vos bras quotidiennement ? Votre risque de dépression est plus faible que ceux qui n’enlacent personne, avec un rapport de cotes (odds ratio) de 0,65. C’est précis. Le même schéma se dessine pour l’anxiété (0,73) et les pensées suicidaires (0,66). Si vous montez à deux ou trois personnes, le lien est encore plus fort pour tous ces indicateurs.

Mais qui sont ces gens ? Environ 25 % des participants ont déclaré ne serrer personne dans leurs bras au quotidien. Une grosse portion, environ 38 %, enlace une seule personne, et 31 % sont dans la fourchette de deux ou trois. Seulement 6 % des sondés ont rapporté étreindre quatre personnes ou plus. Et pour ce petit groupe, surprise : les bénéfices s’estompent. Au-delà de trois personnes, le lien positif ne subsiste que pour la dépression, suggérant que plus de contact ne signifie pas toujours plus de protection.

Pourquoi ça marche (et pourquoi trop, c’est trop)

credit : lanature.ca (image IA)

Pourquoi un simple geste aurait-il un tel pouvoir ? C’est biologique. Le contact physique, par la pression et la chaleur, signale la sécurité au cerveau. Dans un essai en laboratoire, des femmes ayant reçu une étreinte de leur partenaire après une tâche stressante présentaient des taux de cortisol plus bas. Le cortisol, c’est cette fameuse hormone liée à la réponse au stress, mesurable dans le sang et la salive. Moins de cortisol, c’est un état interne plus calme, moins de tension sur le cœur et le système immunitaire.

Alors, pourquoi les bénéfices diminuent-ils quand on fait des câlins à quatre personnes ou plus ? Andre Hajek nous met en garde : « Il est possible que les câlins fréquents ne soient pas nécessairement l’expression d’amitiés et de connexions profondes. » En gros, si vous faites la bise ou donnez l’accolade à tout le bureau, c’est peut-être plus de la politesse qu’un vrai soutien émotionnel. Ce genre de contact peut avoir moins de poids, voire sembler forcé, ce qui augmente la tension au lieu de l’apaiser.

Le lien fort observé dans la tranche « une à trois personnes » pointe probablement vers des relations stables. Ce sont ces étreintes qui viennent de proches, ceux qui partagent vos pressions quotidiennes et vous soutiennent quand votre monde semble rétrécir sous le poids de la tristesse ou de l’inquiétude.

Ce qu’il faut retenir (sans s’emballer)

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Restons prudents. L’étude, publiée dans le Journal of Public Health (Berl.), repose sur des données transversales. Cela signifie qu’elle a pris une photo à un instant T. Elle ne prouve pas la cause et l’effet. Est-ce que les câlins rendent moins dépressif, ou est-ce que la dépression pousse à s’isoler et donc à moins câliner ? C’est la question de l’œuf et de la poule.

De plus, les chercheurs ont utilisé des outils de dépistage (le questionnaire PHQ-9 pour la dépression et l’échelle GAD-7 pour l’anxiété) plutôt que des diagnostics cliniques. Une question unique du PHQ-9 a servi à capturer les pensées suicidaires des deux dernières semaines.

Le message essentiel ? Le câlin n’est pas un remède miracle. Il ne remplace ni la thérapie, ni les médicaments, ni le soutien de crise. Le consentement reste d’ailleurs central : une étreinte forcée peut être menaçante. Mais cette étude nous rappelle que la connexion physique est un marqueur précieux. Elle voyage souvent de pair avec une détresse moindre. Voyez-le moins comme une cure que comme un signal vital de notre besoin d’être entouré.

Selon la source : earth.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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