Aller au contenu
Carney met en garde Washington après des rencontres entre séparatistes en Alberta et l’équipe Trump
Crédit: shutterstock

Une mise au point nécessaire

shutterstock

C’était une journée grise à Ottawa, mais l’ambiance à l’intérieur était électrique. Le Premier ministre Mark Carney a pris place face aux premiers ministres des provinces avec un message clair, presque brut : Washington doit rester à sa place. On sent bien que la patience d’Ottawa s’effrite.

Carney a déclaré sans détour qu’il s’attend à ce que l’administration Trump ne vienne pas fourrer son nez dans les discussions sur l’indépendance de l’Alberta. C’est assez direct, non ? Pourtant, il s’est retenu de qualifier ces tentatives de trahison, préférant insister sur l’unité. « Nous attendons de l’administration américaine qu’elle respecte la souveraineté canadienne », a-t-il lancé aux journalistes, l’air grave. C’est le genre de phrase diplomatique qui veut tout dire.

Il a ajouté que ce sujet — les mouvements séparatistes en Alberta ou au Québec — n’a jamais été abordé directement lors de ses échanges avec Donald Trump. Mais entre nous, avec les tensions commerciales actuelles et les disputes sur les tarifs douaniers, on imagine que l’atmosphère n’est pas à la franche rigolade. Les accusations d’ingérence étrangère, qui visaient surtout la Chine ou l’Inde ces dernières années, semblent prendre une tournure inattendue vers le sud de la frontière.

L’Alberta, entre séduction américaine et colère intérieure

lanature.ca (image IA)

Parlons un peu de Danielle Smith. La Première ministre de l’Alberta se retrouve dans une position délicate, c’est le moins qu’on puisse dire. Elle a rencontré Trump à Mar-a-Lago avant son investiture — ce qui a fait jaser — et maintenant, ses homologues provinciaux la mettent au défi de dénoncer le séparatisme. Jeudi, à Ottawa, elle a tenté de calmer le jeu en affirmant qu’elle s’attend, elle aussi, à ce que les États-Unis respectent la souveraineté canadienne.

Mais Smith ne manque pas d’air. Tout en prônant une « Alberta forte et souveraine au sein d’un Canada uni », elle n’a pas pu s’empêcher de pointer du doigt l’ancien Premier ministre, Justin Trudeau. Selon elle, c’est sa décennie au pouvoir et ses attaques « incessantes » contre l’économie pétrolière qui ont nourri les griefs légitimes des Albertains. C’est peut-être vrai, ou peut-être une excuse commode, allez savoir.

Pendant ce temps, le groupe séparatiste Alberta Prosperity Project ne chôme pas. Jeffrey Rath, son cofondateur, a confié à POLITICO qu’ils prévoient d’envoyer une quatrième délégation à Washington le mois prochain. Leur objectif ? Rien de moins qu’un prêt de 500 milliards de dollars du gouvernement américain pour financer leur sortie du Canada. Oui, vous avez bien lu le chiffre. Rath affirme avoir rencontré des hauts fonctionnaires du Département d’État et laisse même entendre que des officiels du Trésor pourraient se joindre aux futures discussions.

Quand Washington souffle le chaud et le froid

Official portrait of Secretary of the Treasury, Scott Bessent via wikimedia / public domaine

Côté américain, c’est un peu le flou artistique. Scott Bessent, le secrétaire au Trésor de Trump, a déclaré la semaine dernière à un podcasteur conservateur que « l’Alberta est un partenaire naturel pour les États-Unis ». Une petite phrase qui a ravi Jeffrey Rath : « Nous étions ravis des commentaires de Scott Bessent », a-t-il dit. On imagine son sourire.

Pourtant, la Maison-Blanche joue la carte de la prudence. Un officiel a confirmé que des réunions ont lieu avec divers groupes de la société civile, mais a précisé qu’aucun soutien ou engagement n’a été transmis. C’est la réponse standard, je suppose. Mais n’oublions pas que la Maison-Blanche a déjà été très agressive avec ses menaces… d’annexer le Canada. Rien que ça.

Sur le terrain, la machine est lancée. L’Alberta Prosperity Project a commencé à récolter des signatures ce mois-ci pour une pétition demandant un référendum. La question est simple : « Êtes-vous d’accord pour que la province de l’Alberta cesse de faire partie du Canada pour devenir un État indépendant ? ». Pour réussir, ils doivent obtenir les signatures d’au moins 20 % des électeurs, soit environ 178 000 personnes, avant la date limite du 2 mai. C’est ambitieux. Les sondages Ipsos montrent un soutien de 28 % à l’indépendance (presque autant que le Québec à 31 %), mais ce chiffre fond de moitié quand on évoque les coûts économiques et psychologiques réels d’une séparation.

Réactions en chaîne : trahison ou stratégie ?

lanature.ca (image IA)

Les autres provinces ne voient pas ça d’un bon œil. David Eby, le Premier ministre de la Colombie-Britannique, n’a pas mâché ses mots jeudi : pour lui, courtiser le financement américain pour briser le pays, c’est de la trahison. Il a aussi envoyé une pique à Trump, notant que le président n’est pas connu pour son respect de la souveraineté canadienne.

Doug Ford, de l’Ontario, a renchéri. Il estime que négocier avec les Américains dans le dos du Canada franchit une ligne rouge. « Nous savons tous où se situe le président Trump. Il veut le Canada, et cela n’arrivera pas », a-t-il martelé. Ford a promis de se battre avec « tous les outils » disponibles.

Pour Mark Carney, qui a grandi en Alberta, ce sujet est particulièrement sensible. On raconte même qu’en privé, le sujet le rend émotif (« verklempt », comme disent nos amis anglophones). Toute cette histoire survient dans un contexte déjà tendu où Trump avait torpillé les négociations commerciales en octobre, accusant les Canadiens d’ingérence après qu’une campagne publicitaire anti-tarifs de l’Ontario, utilisant la voix de Ronald Reagan, a été diffusée pendant les séries éliminatoires de la MLB aux États-Unis. Bref, c’est un sacré mélange de politique, d’émotion et de gros sous.

Selon la source : politico.com

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu