Cancer et immunothérapie : Quand la transplantation fécale change la donne pour les malades
Auteur: Adam David
Une alliance inattendue au cœur de notre ventre

C’est une de ces nouvelles qui vous fait lever un sourcil d’étonnement avant de vous redonner espoir. On entend souvent parler de l’immunothérapie, cette technique formidable qui aide notre propre corps à se défendre contre le cancer. Mais voilà, ce n’est pas toujours une promenade de santé. Et si la solution pour rendre ces traitements plus supportables — et surtout plus efficaces — se trouvait… dans nos intestins ? Oui, vous avez bien lu. Des chercheurs canadiens viennent de publier des résultats assez incroyables concernant la transplantation de microbiote fécal (ou TMF, pour les intimes).
L’idée peut sembler un peu, disons… particulière au premier abord, mais les essais cliniques récents, notamment ceux de phases 1 et 2, montrent des progrès réels pour les patients atteints de cancers du rein, du poumon et du mélanome. On parle ici de réduire les effets secondaires et de booster la réponse aux médicaments. C’est du sérieux, et cela pourrait bien ouvrir la voie à une nouvelle ère dans la lutte contre la maladie.
Le dilemme du cancer du rein : Soigner sans empoisonner

Il faut d’abord comprendre le problème actuel. Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (les ICI, comme on les appelle dans le jargon) ont vraiment transformé la prise en charge de cancers difficiles comme le mélanome, le cancer du poumon non à petites cellules, le cancer du sein triple négatif ou encore le cancer du rein métastatique. Ils permettent de réduire la tumeur et d’aider les gens à vivre plus longtemps. C’est indéniable.
Mais, et il y a un gros « mais »… ces traitements ont leur revers. La toxicité. C’est terrible à dire, mais la plupart des patients souffrant d’un cancer du rein métastatique décèdent dans les 5 ans suivant le traitement. Pourquoi ? Souvent à cause des effets secondaires tellement sévères qu’on doit tout arrêter. Saman Maleki, chercheur au LHSCRI, l’explique très bien : le traitement provoque fréquemment des colites et des diarrhées graves. C’est si violent que le patient doit interrompre ce traitement pourtant vital.
C’est là que l’étude de phase 1 du groupe Lawson entre en scène. Ils ont testé des capsules, appelées LND101, fabriquées à partir de selles de donneurs sains. Sur les 20 patients traités pour un cancer du rein, la combinaison de ces capsules avec l’immunothérapie a non seulement amélioré la réponse contre le cancer, mais a surtout considérablement réduit les effets secondaires toxiques. Michael Silverman, de St. Joseph’s Health Care London, ne cache pas son enthousiasme : utiliser la TMF pour améliorer la qualité de vie et réduire la toxicité, ça n’avait jamais été fait pour le cancer du rein. C’est une petite révolution, je suppose.
Poumon et mélanome : Des chiffres qui font réfléchir

Si soulager les effets secondaires est déjà une victoire, rendre le traitement plus efficace, c’est encore autre chose. Et c’est précisément ce qu’a montré l’essai de phase 2. Les chercheurs se sont penchés sur 20 patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules et 13 patients atteints de mélanome. On sait que malgré les progrès, d’importantes charges tumorales persistent souvent chez ces malades.
Les résultats, publiés le 28 janvier dans la prestigieuse revue Nature Medicine, sont assez bluffants. Tenez-vous bien : parmi les patients avec un cancer du poumon, 80 % ont répondu positivement à l’immunothérapie après une transplantation fécale. Si on compare, ceux qui n’ont eu que l’immunothérapie seule tournent autour de 39 à 45 % de réponse positive. La différence est énorme, non ?
La Dre Arielle Elkrief du CRCHUM, qui a co-dirigé ces recherches, souligne que la transplantation aide probablement en éliminant certaines bactéries nocives qui freinent notre système immunitaire. C’est un peu comme faire le ménage pour laisser le champ libre aux médicaments. Ces essais, menés conjointement par le Lawson Research Institute, le LHSCRI et le CRCHUM, prouvent que le microbiote intestinal a un rôle clé, quasi illimité diront certains, dans notre immunité, influençant directement la façon dont on combat les tumeurs.
Conclusion : Vers de nouveaux horizons thérapeutiques

Alors, que peut-on espérer pour la suite ? On n’en est qu’au début, mais la route semble toute tracée. Cette stratégie est actuellement testée à bien plus grande échelle dans un essai pancanadien baptisé Canbiome2. Et les chercheurs ne comptent pas s’arrêter là : ils étudient aussi cette méthode pour le cancer du pancréas et le cancer du sein triple négatif.
Au fond, ces découvertes nous rappellent que notre corps est une machine complexe où tout est lié. Si quelques gélules issues d’un microbiote sain peuvent aider à vaincre des maladies aussi redoutables, c’est tout notre rapport à la médecine qui évolue. C’est une lueur d’espoir formidable pour les familles et les patients qui se battent au quotidien.
Selon la source : trustmyscience.com
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