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À quoi ressemblaient les dinosaures ? Nous avons posé la question à un spécialiste de leurs restes momifiés
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une envie irrépressible (mais risquée)

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Avouez-le : vous aussi, vous avez déjà ressenti cette envie étrange. Celle de tapoter le flanc d’un dinosaure comme s’il s’agissait d’un gros sac de terreau. C’est humain, après tout. Notre cerveau a tendance à penser que si une créature a l’air sympathique, elle doit l’être. Mais soyons réalistes deux secondes : tenter une caresse sur un T. rex finirait probablement aussi mal que cette scène culte de Jurassic Park avec l’homme sur les toilettes.

Cependant, il existait une multitude d’autres dinosaures – comprenez par là des herbivores plus petits – qui auraient peut-être été plus enclins à accepter une petite gratouille sur le ventre. Alors, autorisons-nous à rêver un instant : si nous pouvions toucher ces animaux disparus, à quelles bêtes d’aujourd’hui leur peau ressemblerait-elle ? La réponse se trouve du côté de restes momifiés.

Pas de glace, mais des momies dans le Wyoming

Il y a un fait malheureux qu’il faut accepter d’emblée : nous ne trouverons jamais de dinosaure congelé. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’y a pas de glace assez ancienne sur Terre. Contrairement aux rhinocéros laineux ou aux mammouths qui suintent parfois du permafrost en train de fondre, tout dinosaure pris dans les glaces aurait dégelé il y a bien longtemps.

Mais alors, quid des restes momifiés ? C’est là que l’histoire devient fascinante. Les dinosaures momifiés sont étonnamment courants. Récemment, une découverte majeure a été annoncée dans la « zone des momies » du Wyoming. Cette région a subi, à l’époque, une sorte de « tempête parfaite » mêlant crues soudaines et temps sec. Résultat : deux spécimens d’Edmontosaurus remarquablement intacts ont été ensevelis très rapidement après leur mort.

Ce qui a suivi relève d’un processus géologique appelé « modelage par l’argile » (clay templating en anglais). En gros, les minéraux ont verrouillé dans le registre fossile les détails les plus infimes des tissus mous de ces animaux.

Du lézard au rhinocéros : le verdict du toucher

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, concrètement, qu’est-ce que ça ferait sous la main ? Pour le savoir, il fallait interroger un expert. C’est le professeur Paul Sereno, de l’Université de Chicago et enquêteur principal sur ces recherches, qui nous éclaire.

« Comme les écailles du dinosaure à bec de canard sont très petites, de nombreux lézards modernes offriraient une sensation comparable », explique-t-il. Mais ce n’est pas tout. Si vous descendiez vers les pattes, la sensation changerait. « Les sabots seraient similaires à ceux des mammifères à sabots, comme un tapir ou un rhinocéros. »

Et pour le dos ? Là encore, c’est précis : « Les pointes sur le dos avaient une certaine texture et pourraient être similaires aux pointes d’un iguane », précise le professeur Sereno. Bien sûr, décider quel animal vivant est le meilleur analogue dépend énormément du dinosaure dont on parle. On sait que certains avaient des écailles, d’autres des plumes, mais nous avons aussi trouvé des restes qui présentaient un peu des deux.

Une peau hybride faite de verre et de plumes

credit : lanature.ca (image IA)

La science ne s’arrête pas là. En 2024, des chercheurs ont mis en évidence un « développement par zones » de la peau des dinosaures. Imaginez des zones couvertes d’écailles façon reptile, et d’autres zones de peau ressemblant à celle des oiseaux, avec des plumes. Cette découverte a été rendue possible grâce à l’utilisation de la lumière UV, qui a révélé la chimie particulière de certains fragments de peau fossilisée composés de silice – le même matériau que le verre.

« Ce type de préservation n’avait jamais été trouvé dans des fossiles de vertébrés », a déclaré le Dr Zixiao Yang, paléontologue à l’University College Cork. « Il y a potentiellement beaucoup plus de fossiles avec des tissus mous cachés qui attendent d’être découverts. »

L’équipe qui a travaillé sur ce fossile de silice suggère que la peau de type aviaire ne se développait que dans des zones plumeuses bien précises, tandis que le reste demeurait écailleux. La peau étant un grand organe aux multiples fonctions, cette spécialisation (zones chauves et zones à plumes) permettait probablement à ces dinosaures de mieux se protéger contre les blessures, la déshydratation et les parasites.

Un puzzle biologique

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Au final, caresser certains dinosaures aurait probablement donné l’impression de toucher une mosaïque vivante, un mélange complexe entre l’oiseau et le reptile. C’est difficile à visualiser ? Si ce concept d’hybride vous laisse perplexe, pensez simplement à l’archéoptéryx. Il est la preuve vivante – enfin, fossile – que la nature a souvent brouillé les pistes bien avant que nous ne cherchions à les comprendre.

Selon la source : iflscience.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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