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Abolition du PEQ : quand le ministre Roberge fait la sourde oreille aux inquiétudes du Québec
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une décision abrupte qui passe mal

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On ne peut pas dire qu’il n’avait pas été prévenu. Avant de sceller le sort du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en procédant à son abolition définitive — et ce, sans le moindre préavis, faut-il le rappeler —, le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, avait reçu nombre d’avertissements. Des intervenants de tous horizons avaient tenté de lui faire comprendre que la disparition de ce programme aurait des répercussions considérables, mais rien n’y a fait.

C’est un sentiment de frustration qui domine aujourd’hui. Pour bon nombre de ces acteurs, c’est comme parler à un mur : le ministre Roberge semble avoir décidé de faire la sourde oreille. Encore aujourd’hui, malgré les faits présentés, il continue de ne pas entendre les appels à la raison. C’est une situation qui exaspère, d’autant plus que les signaux d’alarme étaient clairs et répétés bien avant que le couperet ne tombe.

Un dialogue de sourds avec la FCCQ et le milieu économique

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Il est difficile de croire que le message n’était pas clair. Véronique Proulx, la présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), ne décolère pas. Elle souligne avec insistance que le sujet avait été mis sur la table bien avant la décision fatidique. « Lors des consultations sur la planification pluriannuelle de l’immigration l’an passé, on l’avait abordé dans notre mémoire », rappelle-t-elle. La demande était pourtant explicite, sans ambiguïté : la Fédération souhaitait ardemment que les volets du PEQ destinés aux travailleurs déjà présents sur le territoire et aux étudiants soient maintenus. Une demande de bon sens, pensait-on.

Mais voilà, le ministre Roberge a une autre lecture des événements. Il affirme avoir consulté divers ministères pour orienter sa décision, comme si cela suffisait à justifier la manœuvre. Le problème, c’est que les interventions externes, celles du terrain, n’ont clairement pas pesé dans la balance. C’est du moins le constat amer que l’on fait aujourd’hui. Mme Proulx résume bien le sentiment général : ce n’est pas tant qu’ils n’ont pas été consultés, c’est pire que ça. « On a l’impression de ne pas avoir été entendus », déplore-t-elle. Ils avaient pourtant martelé que le PEQ, ils l’aimaient, qu’il fonctionnait bien, qu’il était efficace. Et le résultat ? Ils l’ont quand même aboli. Allez comprendre.

De son côté, le ministre ne démord pas. Il continue de répéter sur tous les toits que la fin du PEQ « n’entraîne ni coût ni économie pour les entreprises ». Son argument ? La clientèle ciblée serait de toute façon couverte par le nouveau Programme de sélection de travailleurs qualifiés (PSTQ). Une affirmation qui fait sourciller plus d’un observateur.

Le PSTQ et l’imbroglio bureaucratique

C’est là que le bât blesse. Le PSTQ, censé remplacer le PEQ au pied levé, est loin de faire l’unanimité. Il est vivement dénoncé, notamment en raison de son caractère beaucoup plus restrictif. Bien sûr, le ministre Roberge se défend en soulignant que presque toutes les professions sont admissibles au PSTQ, ce qui n’était pas le cas du PEQ, c’est vrai. Mais il omet souvent de préciser un détail crucial : le système de pointage est infiniment plus contraignant. Pour Véronique Proulx, le ministre a « clairement sous-évalué les impacts et la lourdeur bureaucratique du PSTQ ». Ce n’est pas qu’une question de formulaire, c’est une question de fluidité pour nos entreprises.

Pourquoi ne pas avoir gardé les deux ? C’est la question que pose Me Maxime Lapointe, un avocat spécialisé en immigration qui connaît bien les rouages du système. Selon lui, « le PSTQ et le PEQ sont deux programmes qui peuvent facilement opérer en parallèle ». Cela semble logique, non ? L’avocat rappelle d’ailleurs, tout comme la FCCQ, que de nombreux intervenants avaient profité des consultations pluriannuelles sur l’immigration pour réclamer des clauses grand-père (ou clauses de droits acquis). C’était une mesure de protection basique.

Le verdict de Me Lapointe est sans appel : « Il n’y a eu aucune écoute ». Le ministre, droit dans ses bottes, rejette en bloc l’idée d’une coexistence des deux programmes pour les travailleurs qualifiés. Pour lui, c’est simple, voire simpliste : « les deux programmes visent les mêmes clientèles ». Fermez le ban.

Conclusion : Inquiétudes majeures pour l’avenir économique et sanitaire

Les conséquences de cette obstination commencent déjà à se faire sentir, et l’inquiétude grimpe d’un cran. De nombreux employeurs dénoncent l’abolition du PEQ depuis des mois. Ce n’est pas de la paranoïa : la perte potentielle de travailleurs fait craindre le pire. Plusieurs entreprises redoutent de devoir réduire leurs activités, ce qui, par ricochet, entraînerait des pertes financières inévitables. C’est toute la chaîne économique qui risque de gripper.

Et que dire du système de santé ? Les intervenants du milieu sont sur les dents. On parle ici de plusieurs milliers de travailleurs étrangers qui pourraient être contraints de faire leurs valises et de quitter le Québec dans la prochaine année. Imaginez le vide laissé dans nos hôpitaux et nos CHSLD. Le ministre a bien tenté de se montrer rassurant à leur égard, mais les paroles s’envolent. Il n’a pas pu leur donner la certitude, noir sur blanc, qu’ils pourront rester. C’est une épée de Damoclès insupportable pour ces gens qui nous soignent.

Malgré la tempête, malgré les nombreuses critiques essuyées de toutes parts, le ministre de l’Immigration persiste et signe. Il a indiqué, avec une fermeté qui frise l’entêtement, qu’il ne reviendra pas sur sa décision. L’avenir nous dira si ce pari risqué en valait la peine, mais pour l’instant, le scepticisme est de mise.

Selon la source : tvanouvelles.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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