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Le Québec face à l’Oncle Sam : 250 ans de fortifications et de frayeurs
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une province sur le qui-vive

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C’est assez fascinant de se dire que pendant près de 250 ans, le Québec a vécu dans la crainte d’une invasion venant du sud. Oui, vous avez bien lu. Comme l’explique très justement l’historien Gaston Deschênes, qui a écrit sur le sujet, « À partir de 1775, le risque d’une attaque américaine a été présent, c’est pourquoi les forces militaires devaient s’y préparer ». On a tendance à l’oublier aujourd’hui, mais la Citadelle de Québec ou encore le fort de l’île Sainte-Hélène n’ont pas été bâtis pour faire joli : c’était pour parer à une éventuelle attaque américaine.

Il faut se remettre dans le contexte de l’époque. À l’exception du Vieux-Québec qui était bien fortifié, toute la « Province of Quebec » avait été conquise par les forces des 13 colonies — nos futurs voisins américains — venues du sud. C’était sérieux : Montréal et Trois-Rivières étaient tombées ! On est passé à deux doigts, vraiment, de voir la colonie britannique devenir la « 14e colonie » des envahisseurs. Finalement, les soldats de Benedict Arnold et de Richard Montgomery, arrivés par la Chaudière et le Richelieu, ont lancé l’assaut fatidique le 31 décembre 1775.

Le résultat ? Québec a résisté, Montgomery y a laissé sa vie, et après un siège pénible de six mois, les assaillants ont fini par retraiter. Monsieur Deschênes note d’ailleurs avec justesse que « cet épisode n’a pas toujours été souligné à la mesure de son importance ». C’est pourtant ce qui a tout déclenché.

La forteresse de Québec et ses gardiens de la rive sud

credit : lanature.ca (image IA)

Suite à ces frayeurs, on n’a pas lésiné sur les moyens. De nombreux bâtiments militaires ont poussé un peu partout pour contrer cette menace qui, heureusement, ne s’est plus jamais concrétisée jusqu’à nos jours. La région de Québec et Lévis a été, de loin, la plus blindée. Prenons la pièce maîtresse : la Citadelle de Québec. Construite entre 1820 et 1850, elle a été conçue après une autre frayeur, l’invasion de 1812, pour remplacer les vieilles palissades du 17e siècle par quelque chose de beaucoup plus solide.

Mais ce n’est pas tout. Juste en face, pour empêcher les Américains de bombarder Québec depuis la rive sud, l’armée britannique a érigé trois forts à Lévis — les bien nommés forts numéro 1, numéro 2 et numéro 3 — entre 1865 et 1872. Ils sont situés tout près du pont de Québec. Aujourd’hui, seul le fort numéro 1 subsiste intégralement, les autres ont subi les affres du temps.

Une petite précision s’impose, car on fait souvent l’erreur : il ne faut surtout pas confondre ces installations avec le fort de la Martinière. Celui-là, c’est une autre histoire ; il a été bâti au début du 20e siècle pour protéger les industries et la circulation fluviale. Rien à voir avec nos vieilles peurs du 19e siècle !

Protéger Montréal et verrouiller le Richelieu

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Il n’y a pas que la capitale qui tremblait. À Montréal aussi, on s’est préparé. Les autorités britanniques ont construit, de 1820 à 1824, le dépôt militaire de l’île Sainte-Hélène. L’objectif était clair : protéger la métropole contre une attaque venant du sud, et plus spécifiquement de l’État de New York. C’est un ensemble impressionnant comprenant une caserne, des magasins militaires, des poudrières et des batteries d’artillerie.

L’histoire de ce lieu est d’ailleurs assez mouvementée. Ces bâtiments serviront d’hôpital pendant l’épidémie de choléra — un épisode tragique qui fera 3000 victimes de 1932 à 1934, selon les données rapportées — avant de devenir un dépôt d’armes durant la Première Guerre mondiale. C’est fou comme les usages changent.

Plus loin, pour contrôler les corridors d’invasion, on trouve le Fort de l’Île-aux-Noix (ou fort Lennox) à Saint-Jean-sur-Richelieu. Situé sur une petite île, c’est un site stratégique érigé par les Britanniques dès la guerre de la Conquête en 1759. Il surveillait l’accès entre le lac Champlain et le fleuve Saint-Laurent. Il est même devenu une base navale pendant la guerre de 1812. On ne laissait rien au hasard.

Les vieux bastions : Chambly et Saint-Jean

credit : lanature.ca (image IA)

Enfin, impossible de passer sous silence les vétérans de ces défenses. Le célèbre Fort Chambly, par exemple. Construit au XVIIe siècle pour protéger la Nouvelle-France contre les attaques iroquoises, il a été complètement rénové par les Britanniques… mais cette fois pour faire face aux offensives venant du sud. Ironiquement, il est tombé aux mains des troupes continentales lors de l’invasion de 1775. Il a fallu attendre 1920 pour qu’il soit restauré et devienne le lieu historique national qu’on connaît.

Et puis, il y a le Fort Saint-Jean, lui aussi à Saint-Jean-sur-Richelieu. Un ancêtre, construit en 1666 par le régiment de Carignan-Salières pour sécuriser la route vers le lac Champlain. En 1775, il a été fortifié pour résister à l’armée américaine, mais ça n’a pas suffi. Il est tombé cette année-là aux mains des troupes américaines après un siège de 45 jours — l’un des plus longs de l’histoire canadienne, figurez-vous ! Par la suite, les Britanniques l’ont reconstruit pour en faire un centre logistique majeur durant la guerre de 1812. Comme quoi, l’histoire est un éternel recommencement… ou presque.

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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