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Nouveau « shutdown » à Washington : une paralysie de l’État… pour le week-end ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Minuit a sonné, et les lumières s’éteignent (partiellement)

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C’est arrivé à minuit pile, ce samedi. Les États-Unis ont basculé, presque par habitude dirait-on, dans une nouvelle situation de paralysie budgétaire partielle. On pourrait croire à une catastrophe, mais l’ambiance est étrangement à l’optimisme — enfin, un optimisme prudent, disons. L’espoir général, c’est que ce « shutdown » ne soit qu’un hoquet administratif qui trouverait sa résolution rapide avec un vote espéré dès ce lundi au Congrès.

Il faut dire que le contexte est particulier. À peine trois mois après ce qui fut la paralysie de l’État fédéral la plus longue de l’histoire du pays, on remet le couvert. Mais pourquoi ? Cette fois, le nœud du problème vient d’un refus catégorique de l’opposition démocrate. Ils ne laisseront pas passer le budget de la sécurité intérieure sans obtenir des garanties fermes : la mise en place de freins concrets contre la police de l’immigration. Cette position, loin d’être un caprice politique, découle directement de la tension palpable suite aux récents tirs mortels d’agents fédéraux à Minneapolis.

Pourtant, quelques heures avant l’échéance fatidique, le Sénat américain avait réussi à adopter un texte budgétaire. C’est ce texte qui permet de penser que la paralysie sera de courte durée. Mais voilà, la mécanique législative américaine est ce qu’elle est : la Chambre des représentants doit encore approuver le texte, et ce vote ne pourra se faire qu’en début de semaine prochaine. Conséquence ? Le blocage pourrait ne durer que le temps d’un week-end. Les dégâts seraient donc minimes, évitant à de nombreux fonctionnaires l’angoisse du chômage technique.

Minneapolis et l’ICE : le cœur du conflit politique

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C’est là que ça se corse, et que l’humain entre en jeu. La semaine dernière encore, tout semblait rouler vers une adoption tranquille avant la date butoir du 31 janvier. Mais les événements dramatiques de samedi dernier à Minneapolis ont tout fait basculer. Le décès d’Alex Pretti, tué par des agents fédéraux dans cette métropole du nord, a mis le feu aux poudres. Ce drame survient quelques jours à peine après la mort de Renee Good, dans des circonstances similaires. L’indignation est totale, brute, et elle a gagné les rangs de la classe politique.

Face à cela, Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat, a tapé du poing sur la table vendredi. Sa liste de demandes est claire : il veut « freiner l’ICE » (la police de l’immigration) et mettre un terme à la violence. Concrètement ? L’élu démocrate exige la fin immédiate des « patrouilles volantes » et l’interdiction formelle du port de cagoules par les agents. Il a lancé une phrase qui résonne encore dans l’hémicycle : « Plus de police secrète ». C’est un cri de ralliement pour son camp.

Le résultat de ce bras de fer, c’est un texte adopté vendredi avec 71 voix pour et 29 contre. Un score qui reflète un accord précaire entre Donald Trump et les sénateurs démocrates. Le compromis est un peu alambiqué : les élus ont accepté de valider cinq des six volets du budget, mais ils ont isolé le morceau qui fâche. La partie concernant le département de la Sécurité intérieure (DHS) est mise de côté et fera l’objet de nouvelles négociations acharnées au cours des deux prochaines semaines. Ils refusent de signer un chèque en blanc au DHS sans ces réformes cruciales sur l’ICE, qu’ils jugent désormais hors de contrôle.

Mécanique d’un blocage et gestion de crise

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Alors, on fait quoi maintenant ? C’est un peu le flou artistique. Comme la version du texte sénatorial diffère de celle approuvée précédemment par la Chambre, la proposition de loi est obligée de faire la navette retour. C’est la procédure. Une adoption définitive par le Congrès n’est donc pas immédiate. Un vote à la chambre basse ne pourra techniquement pas avoir lieu avant lundi, au plus tôt. C’est pour ça que l’État fédéral s’est retrouvé, bon gré mal gré, en situation de paralysie partielle dans la nuit de vendredi à samedi.

Et rien n’est joué d’avance, notez bien. Il n’est absolument pas certain que la Chambre accepte sans broncher cette nouvelle mouture concoctée par le Sénat. Pendant ce temps, l’administration se prépare au pire, ou du moins essaye. Dans une note diffusée vendredi soir, le Bureau du budget (OMB) de la Maison Blanche a demandé aux différents départements d’activer leur plan pour une paralysie budgétaire. Ils ont tout de même pris le soin d’ajouter qu’ils avaient « l’espoir » que ce blocage « soit bref ». On sent un peu de méthode Coué là-dedans, non ?

Conclusion : Le spectre des 43 jours

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Pour comprendre la lassitude des Américains, il faut regarder dans le rétroviseur. En raison des règles complexes du Sénat, il faut 60 voix sur 100 pour passer un budget. Les républicains, bien qu’ils aient la majorité, ne peuvent rien faire sans débaucher quelques voix dans l’opposition. C’est mathématique. Cependant, si cette paralysie partielle est bien réelle aujourd’hui, les États-Unis ne devraient pas — je dis bien, ne devraient pas — revivre le cauchemar d’octobre et novembre dernier.

Rappelez-vous, c’était le blocage le plus long de l’histoire : 43 jours de bataille rangée entre républicains et démocrates sur une histoire de subventions d’assurance maladie. À l’époque, des centaines de milliers de fonctionnaires s’étaient retrouvés sur le carreau, au chômage technique, tandis que d’autres, jugés essentiels, travaillaient sans savoir quand ils seraient payés. Tous avaient dû attendre la fin de la crise pour toucher leur salaire.

Cette paralysie précédente ne s’était dénouée que parce que quelques sénateurs démocrates avaient fini par craquer et voter un texte républicain, en échange de vagues promesses de concessions. Leur décision avait d’ailleurs été très mal reçue par leur base, qui réclame une opposition beaucoup plus vigoureuse face à Donald Trump. Aujourd’hui, avec le souvenir d’Alex Pretti et de Renee Good en tête, l’enjeu semble différent, plus émotionnel peut-être. Reste à voir si le vote de lundi confirmera la théorie du « shutdown » éclair.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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