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Échec d’un point au test de français : une famille mexicaine forcée de quitter le Québec
Crédit: lanature.ca

Une vie qui bascule du jour au lendemain

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C’est l’histoire de Mónica Colín Silva et son mari ne demandaient pas la lune, juste de continuer à bosser et à vivre ici, au Québec. Ça fait près de quatre ans qu’ils ont posé leurs valises dans la capitale provinciale, pleins d’espoir. Et là, coup de massue : on leur annonce qu’ils doivent quitter leur emploi sur-le-champ. Tout ça à cause d’un permis de travail post-diplôme refusé cette semaine. C’est brutal.

« Tous mes collègues, mes amis sont sous le choc », raconte Mónica. Et on la comprend… Personne n’arrive vraiment à saisir la logique derrière tout ça. Ce projet de vie, ils l’avaient pourtant mûri longtemps. C’est quand elle a découvert qu’elle était enceinte de sa petite Victoria qu’elle a décidé de quitter le Mexique. Elle cherchait ce qu’on cherche tous, au fond : une vie meilleure, la sécurité. « On entend beaucoup parler du Canada, de sa sécurité et du fait que c’est un pays accueillant », disait-elle. Aujourd’hui, cette image en prend un sacré coup.

Un parcours du combattant ruiné par un chiffre : 427 contre 428

Pour en arriver là, Mónica n’a pas chômé. Déjà physiothérapeute de formation, elle s’est lancée dans un marathon de qualifications en anglais et en français, sans compter les cours préalables, tout ça pour entrer à l’Université Laval. Son but ? Une maîtrise en ergonomie. Rien que ça. À l’automne 2022, elle débarque enfin avec sa fille de 4 ans et son mari, jonglant entre des études à temps plein, son rôle de mère et le boulot. « C’était dur parce que c’était une maîtrise dans une troisième langue, en plus. Je parle anglais, espagnol, alors faire une maîtrise en français était un défi majeur, mais j’ai réussi », confie-t-elle avec une fierté qui rend la suite encore plus amère.

Diplôme en poche en mai dernier, elle pensait voir le bout du tunnel. Même si elle n’a pas trouvé tout de suite dans son domaine, elle bossait dans des services de garde scolaire. Mais le couperet est tombé le 26 janvier dernier. Son consultant en immigration lui apprend que sa demande de permis est rejetée. Conséquence immédiate : elle et son mari — qui cumulait pourtant deux emplois ! — doivent tout arrêter et rentrer au Mexique.

La raison est à se taper la tête contre les murs. Pour avoir ce permis, il faut réussir quatre sections d’un examen de français. Mónica a réussi trois sections haut la main. Mais à l’écrit ? Elle a obtenu 427 points. La note de passage exigée par le gouvernement fédéral depuis fin 2024 est de 428 points. Un point. Juste un petit point de différence qui brise une vie. C’est absurde, non ?

Détresse financière et sentiment d’humiliation

Bien sûr, en théorie, Mónica pourrait repasser l’examen. Mais dans la vraie vie, ce n’est pas si simple. Ça coûte des centaines de dollars, et cet argent, la famille ne l’a plus. Sans revenus, puisqu’on leur interdit de travailler, ils sont coincés. Ils peinent déjà à payer leur loyer à Québec, alors imaginez trouver les fonds pour des billets d’avion retour vers le Mexique… C’est l’impasse totale.

« Ils m’ont dit qu’il vaudrait mieux quitter le pays et revenir ensuite, mais c’est beaucoup d’argent », explique-t-elle, visiblement à bout. « Sans revenus, sans travail, je suis vraiment en détresse. » Ce qui fait le plus mal, je crois, c’est le sentiment de rejet. Elle comprend qu’il faille parler français, là n’est pas la question, mais elle aurait aimé un peu d’humanité, un délai, quelque chose. « Je ne veux pas dire du mal d’un pays qui m’a accueillie, mais je trouve ça vraiment inhumain », lâche-t-elle. Ses mots sont durs mais justes : « C’est comme si nous étions des déchets. »

Conclusion : Des portes qui se ferment pour tous

Malheureusement, Mónica n’est pas une exception. Maxime Lapointe, avocat en immigration, le confirme : depuis 2023, les gouvernements ont serré la vis, rendant l’installation ici de plus en plus complexe. « Les portes se sont lentement fermées [aux nouveaux arrivants] au fil du temps », analyse-t-il. Selon lui, ces nouvelles exigences linguistiques pour les permis post-diplôme font des ravages, et beaucoup se trompent de formulaire ou d’examen. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, contacté, n’a même pas daigné répondre.

Le sentiment de trahison est partagé par d’autres, comme Joeséphine Claude Haba, étudiante à Laval et coordinatrice d’une association étudiante. Elle cite l’annulation par le gouvernement québécois du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui était pourtant une voie rapide vers la résidence permanente. Elle qui étudie en marketing pensait avoir un avenir ici, mais avec les annonces récentes du ministre, l’espoir s’envole. « C’est difficile parce qu’on est venus sur la base d’une promesse. J’appellerais ça un contrat moral », déplore Haba. Tout le monde se pose la même question aujourd’hui : quel est notre avenir ici ?

Selon la source : cbc.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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