Une confusion identitaire digne du hockey

Dimanche dernier, j’ai ressenti ce qu’on pourrait appeler une véritable crampe au cerveau. Vous savez, ce genre de court-circuit mental qui vous prend par surprise ? C’est arrivé en écoutant Bernard Drainville se définir, sans sourciller, comme étant de « centre-droit ». Non content de cette étiquette, il reprochait aux gouvernements de la Coalition Avenir Québec (CAQ) d’avoir « trop souvent changé d’idée » et, pire encore, d’avoir trop souvent « reculé ».
Ça m’a fait penser à un événement récent, un peu surréaliste, où l’Avalanche du Colorado s’est déguisée en Nordiques pour affronter le Canadien à Montréal. On regardait la glace et on se demandait : mais qui est qui, exactement ? Cette sensation de confusion, c’est exactement ce que M. Drainville m’a inspiré.
Parce que bon, quand on remonte le fil de l’histoire, disons que la mémoire nous joue des tours… ou peut-être est-ce celle de l’aspirant chef qui flanche ? Il critique aujourd’hui les revirements, mais son propre parcours politique ressemble à une série de virages en épingle.
Retour vers le passé : Le choc de 2007 et la cible ADQ

Faisons un petit saut dans le temps, si vous le voulez bien. Nous sommes en février 2007. Une nouvelle explose dans l’édifice de la Tribune de la presse à Québec et provoque une stupeur instantanée : Bernard Drainville se présente pour le Parti Québécois. Je me souviens encore des têtes des reporters sortant de leurs bureaux, s’exclamant des « Ben voyons ! » incrédules. Ce n’était pas banal : on parlait du chef de bureau de Radio-Canada, celui-là même qui, quelques jours plus tôt, interviewait André Boisclair… l’homme qui allait devenir son chef !
Dès cet instant, celui qui accuse aujourd’hui la CAQ d’avoir « trop souvent changé d’idée » a enchaîné les professions de foi souverainistes avec une ferveur remarquable. Certaines de ses envolées lyriques circulent d’ailleurs encore beaucoup sur les réseaux sociaux, témoignant d’une éloquence indéniable.
Mais le plus savoureux, c’est de se rappeler qui était sa cible favorite à l’époque. C’était l’autonomisme de l’Action démocratique du Québec (ADQ). Il n’y allait pas de main morte, qualifiant cette position de « poudre aux yeux » ou encore de « bébelle qui ne changera rien à la position du Québec dans le Canada ». Ironie du sort, c’est précisément cet autonomisme, héritage de l’ADQ, qu’il défend aujourd’hui bec et ongles en tant que candidat à la chefferie de la CAQ.
La santé : Du rejet du privé à la destruction des tabous
Là où le contraste devient saisissant, c’est sur la question de la santé. À l’époque, M. Drainville pourfendait l’idée de l’ADQ — dont il se réclame pourtant aujourd’hui — d’accorder plus de place au secteur privé. Rappelons les faits : en février 2008, le gouvernement minoritaire de Jean Charest recevait le fameux rapport du Groupe de travail sur le financement du système de santé. Ce groupe était présidé par Claude Castonguay, assisté de Joanne Marcotte et de Michel Venne.
S’appuyant sur ce rapport, Bernard Drainville déplorait avec insistance la situation : « Près de 30 % des dépenses de santé au Québec […] sont faites au privé », disait-il. Il soulignait qu’il s’agissait d’« un des taux les plus élevés en Occident » et constatait que, pourtant, « on a encore des problèmes ». Sa conclusion était sans appel : « le privé ne peut pas être la solution à tous nos problèmes », pestait-il à l’époque.
Et dimanche dernier ? Changement de cap complet. Il nous affirme désormais qu’il « faut faire sauter le tabou absurde qui existe autour du privé dans les services publics ». C’est à n’y rien comprendre.
Conclusion : Opportunisme ou évolution sincère ?

Malgré ces contradictions apparentes, l’aspirant chef de la CAQ déclare, la main sur le cœur : « Je suis toujours resté droit dans mes bottes, ancré dans mes valeurs. » C’est une affirmation audacieuse pour l’un des seuls — voire le seul — personnages politiques de notre histoire à avoir tenté de devenir chef de deux partis totalement différents en moins de 15 ans.
Alors, pourquoi Bernard Drainville a-t-il revêtu si ostensiblement le gilet de la défunte ADQ en cette année 2025 ? On peut lui accorder le bénéfice du doute : peut-être s’agit-il d’une évolution idéologique sincère. Je le concède, c’est possible. Mais il est difficile de ne pas y voir l’ombre de la montée du Parti conservateur et le fait que son propre siège soit situé à Lévis. L’opportunisme politique semble être une explication tout aussi plausible.
Il aimait marteler cet automne, en repoussant une politique environnementale de la CAQ, que « Seuls les fous ne changent jamais d’idée ». Si l’on se fie à cet adage, une chose est certaine : Bernard Drainville n’est assurément pas fou.
Selon la source : journaldequebec.com
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