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Fermeture des bureaux de l’ICE au Canada : l’ultimatum d’une députée face à la souveraineté nationale
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une demande officielle pour fermer les portes

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credit : DrOwl19, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Ça commence à faire sérieusement grincer des dents. La présence de la police américaine de l’immigration, mieux connue sous l’acronyme ICE, sur notre territoire ne passe plus du tout pour certains élus. C’est le cas de Heather McPherson.

Cette députée d’Edmonton-Strathcona, qui vise par ailleurs la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) fédéral, n’y est pas allée par quatre chemins. Dans une lettre formelle adressée directement au premier ministre Mark Carney, elle exige purement et simplement que l’on mette la clé sous la porte des bureaux de l’ICE situés dans cinq de nos grandes métropoles.

Pourquoi une telle colère ? Elle évoque sans détour une « crise des droits de la personne » qui, selon elle, ne sera pas résolue tant que ces bureaux resteront ouverts. McPherson pointe du doigt les méthodes de répression brutales employées par ce corps de police chez nos voisins du sud, des méthodes qui soulèvent le cœur et provoquent des condamnations un peu partout sur le globe.

Pour elle, c’est une question de principe, de territoire.

« Le Canada a l’autorité souveraine sur les entités qui agissent sur son territoire, et il doit révoquer l’autorisation accordée à l’ICE de maintenir des bureaux ici », a-t-elle martelé à l’intention de M. Carney.

Qui sont-ils et où se cachent-ils ?

Mais au fond, ils sont où ? Si l’on se fie au site web du gouvernement américain, l’ICE a pignon sur rue dans cinq villes canadiennes majeures : Toronto, Vancouver, Calgary, Montréal et Ottawa. C’est précis.

Un porte-parole de l’ICE, contacté par courriel, a confirmé que c’est leur branche d’enquête criminelle, le Homeland Security Investigations (HSI), qui opère depuis l’ambassade américaine à Ottawa et dans les consulats des quatre autres villes mentionnées. Par contre, petit flou artistique : il n’a pas voulu dire depuis quand ils sont installés chez nous.

Il faut comprendre que c’est une grosse machine. Le gouvernement américain indique que le HSI gère plus de 93 bureaux disséminés dans plus de 50 pays. C’est immense.

Cela dit, il y a une nuance importante à faire, et Washington insiste là-dessus. Le personnel présent au Canada serait distinct de la branche de l’ICE qui gère les expulsions de masse. Vous savez, celle qui a fait les manchettes pour ses interventions musclées et qui traîne une réputation sinistre, notamment après avoir été liée à deux morts à Minneapolis récemment. On nous assure que ce ne sont pas les mêmes équipes.

Missions, succès et limites opérationnelles

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, que font-ils de leurs journées sur notre sol s’ils ne font pas d’expulsions ? Washington explique que la mission du HSI est d’identifier et de stopper la criminalité « avant qu’elle n’atteigne les États-Unis ». C’est de la prévention, en gros.

Un porte-parole de l’ICE a confié à CBC/Radio-Canada que leurs agents spéciaux mènent des enquêtes pour protéger les États-Unis contre des « organisations transnationales dangereuses », citant pêle-mêle les groupes terroristes et les cartels de la drogue.

Leur liste de tâches est longue :

  • Lutte contre l’exploitation des enfants.
  • Contrebande d’armes.
  • Trafic d’êtres humains.
  • Fraude financière.
  • Traque de terroristes potentiels.

L’ambassade des États-Unis à Ottawa affirme d’ailleurs que cette collaboration porte ses fruits. Elle cite en exemple une opération massive en octobre dernier. Le bilan ? 700 accusations contre 20 personnes dans une affaire complexe de drogue et d’armes à feu touchant Ottawa, Cornwall et Akwesasne.

Mais attention, on nous précise bien ce qu’ils ne peuvent pas faire. L’ICE peut-elle vous arrêter à Montréal ou Vancouver ? Non. Leurs agents ne mènent aucune activité opérationnelle comme des arrestations ou des perquisitions. Et sont-ils armés ? La réponse est aussi non. Sur son compte X, l’ambassade se veut rassurante, parlant de « partenariat » et de « sécurité publique », jurant qu’ils sont là pour travailler avec leurs homologues canadiens.

L’inquiétude persiste chez les experts

credit : lanature.ca (image IA)

Malgré toutes ces belles paroles rassurantes, certains restent sceptiques. Mark Kersten, professeur adjoint en droit des droits de la personne à l’Université de la vallée du Fraser en Colombie-Britannique, ne dort pas tranquille pour autant.

Pour lui, le contexte politique change tout. Avec les menaces répétées de Trump concernant la souveraineté canadienne, la présence de l’ICE ressemble à une épée de Damoclès.

Il ne mâche pas ses mots : « Dans ce contexte, je pense que, à juste titre, les gens veulent en savoir plus sur ce que fait au Canada ce que les experts ont qualifié de paramilitaire de l’administration Trump. » C’est dit.

Kersten n’est pas naïf ; il admet que personne ne remet en cause la nécessité pour le Canada et les États-Unis de coopérer contre le crime organisé. C’est une évidence.

Toutefois, il se demande si c’est vraiment à l’ICE de faire ce boulot. Selon lui, ces tâches policières pourraient très bien être assurées par d’autres agences du département de la Sécurité intérieure, comme les services des douanes, sans impliquer une entité aussi controversée.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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