Indemnités de départ à Montréal : une facture de 6,5 millions et un record pour Valérie Plante
Auteur: Adam David
Une note salée pour le départ des élus

C’est le genre de chiffres qui fait tourner la tête, n’est-ce pas ? On apprend que la Ville de Montréal a versé un total impressionnant de plus de 6,5 millions de dollars en allocations diverses. Cette somme colossale est destinée à 45 anciens élus qui, soit ne se sont pas représentés, soit ont connu la défaite lors du scrutin du 2 novembre dernier. Mais ce qui retient surtout l’attention, c’est le montant accordé à l’ex-mairesse.
Valérie Plante, figure centrale de ces dernières années, quitte ses fonctions avec une enveloppe de plus de 310 000$. Pour être tout à fait précis — parce que les détails comptent quand on parle d’argent public — les documents obtenus via la loi sur l’accès à l’information détaillent ce montant en deux parties : elle a droit à 95 984,40$ en allocations de départ, auxquels s’ajoutent 214 028,92$ pour son allocation de transition.
« C’est un record », admet d’ailleurs Danielle Pilette. Professeure à l’UQAM et fine connaisseuse de la gestion municipale, elle ne semble pourtant pas tomber des nues. Après tout, il faut se rappeler que Mme Plante était l’élue municipale la mieux payée de la province, affichant un salaire annuel de 221 299$. Ayant choisi de ne pas briguer de nouveau mandat après ses huit années au pouvoir, ce montant, aussi élevé soit-il, suit une logique arithmétique.
La mécanique derrière les millions : loi et discrétion

On pourrait se demander comment on arrive à de telles sommes. Est-ce arbitraire ? Pas du tout. Tout cela est très encadré, un peu comme une recette de cuisine administrative, disons. D’abord, il y a l’allocation de départ. Celle-ci, elle est prévue par la loi, purement et simplement. Le calcul se base sur le salaire annuel de l’élu et la durée de son mandat. C’est du solide, impossible d’y couper.
Ensuite, ça se complique un peu — ou disons que ça s’ajuste. Il y a l’allocation de transition. Là, on entre dans le domaine du discrétionnaire, mais seulement pour les municipalités d’une certaine taille, celles de 20 000 habitants ou plus. La règle est la suivante : on prend le dernier salaire trimestriel et on le multiplie par le nombre d’années de service. Il y a tout de même un plafond, heureusement peut-être, fixé à un maximum de quatre ans.
Pourquoi ces mécanismes existent-ils ? Danielle Pilette nous éclaire encore là-dessus. Selon elle, l’intention du gouvernement derrière ces mesures était double. D’une part, attirer une « meilleure qualité d’élus municipaux », ce qui se défend. Et d’autre part, leur offrir une sécurité financière suffisante pour les « prémunir contre les conflits d’intérêts » à leur sortie de poste. C’est un filet de sécurité, en quelque sorte.
Le club des 300 000$ et les autres départs notables
Valérie Plante n’est pas la seule à repartir avec un montant substantiel. Loin de là. Dans ce qu’on pourrait appeler le « club des 300 000$ », on retrouve deux autres figures bien connues de Projet Montréal : Émilie Thuillier et Benoit Dorais. Eux aussi dépassent ce seuil symbolique.
Prenons le cas d’Émilie Thuillier. Son parcours est long : élue conseillère pour la première fois en 2009, elle avait pris les rênes de la mairie d’Ahuntsic-Cartierville quatre ans plus tard. Mais voilà, le 2 novembre a été fatal pour elle; elle a mordu la poussière face à Maude Théroux-Séguin, la candidate d’Ensemble Montréal. Résultat des courses ? Elle touche aujourd’hui plus de 302 000$. De son côté, Benoit Dorais, l’ex-maire du Sud-Ouest, a choisi de tirer sa révérence après une carrière bien remplie de 16 ans en politique municipale. Lui aussi franchit la barre des 300 000$.
Et ce n’est pas fini. Juste derrière eux, en quatrième position, on trouve Luc Rabouin. L’ancien chef déchu de Projet Montréal et ex-maire du Plateau-Mont-Royal — qui fut aussi le bras droit de Mme Plante — reçoit la coquette somme de 229 335$. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’a pas chômé longtemps : il occupe depuis janvier le poste de président-directeur général de la Fondation du Grand Montréal.
Impossible de passer sous silence le cas de Dominique Ollivier. L’ancienne présidente du comité exécutif empochera plus de 125 000$ en indemnités. On se souvient qu’elle avait dû quitter ses fonctions précipitamment en novembre 2023, éclaboussée par le scandale de ses dépenses à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). Notre Bureau d’enquête avait d’ailleurs révélé des chiffres assez étourdissants : entre 2016 et 2019, elle avait dépensé 17 793$ rien qu’en restaurants, sans compter les nombreuses missions à l’étranger avec son ancien partenaire d’affaires, Guy Grenier. Une fin de mandat pour le moins mouvementée.
Le palmarès final : les chiffres exacts
Pour ceux qui aiment la précision, voici le classement des dix allocations les plus généreuses versées par la Ville pour cette année 2025. Ces montants incluent à la fois le départ et la transition. C’est toujours instructif de voir le détail, sou par sou :
- Valérie Plante : 310 013,32$
- Émilie Thuillier : 302 275,20$
- Benoit Dorais : 301 025,52$
- Luc Rabouin : 229 335,49$
- Caroline Bourgeois : 222 719,42$
- Laurence Lavigne Lalonde : 221 375,56$
- Maja Vodanovic : 221 205,22$
- Pierre Lessard-Blais : 216 684,48$
- Magda Popeanu : 211 443,76$
- Marie-Andrée Mauger : 207 257,79$
Ces sommes marquent la fin d’une époque pour l’administration montréalaise, une page qui se tourne avec une facture finale de plusieurs millions pour les contribuables.
Selon la source : journaldemontreal.com
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