2 pays hués lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver malgré un avertissement strict
Auteur: Simon Kabbaj
Une fête du sport au goût un peu amer

C’est, je dirais, ce moment un peu particulier de l’année où l’on se retrouve tous, presque par magie, scotchés devant notre télévision. On se découvre soudainement une passion dévorante pour des sports auxquels on ne pense jamais le reste du temps, n’est-ce pas ? C’est ça, la magie des Jeux. Et bien, chers amis, c’est reparti pour un tour avec les Jeux d’hiver qui ont lancé leurs festivités hier soir, le 6 février, à Milan.
D’habitude, on s’attend à une ambiance, des sourires, de la légèreté… bref, que du bonheur. Mais il faut bien avouer que cette fois-ci, l’atmosphère était un tantinet différente. Il y avait comme de l’électricité dans l’air, une tension palpable qui a fini par éclater lorsque deux nations spécifiques ont fait leur entrée dans le stade. Malgré les mises en garde, le public n’a pas pu s’empêcher de réagir, transformant la fête en tribune politique.
Israël et les États-Unis face à la gronde du public

Ce n’est un secret pour personne, le climat géopolitique actuel est… compliqué, pour le dire poliment. Et cela s’est ressenti hier soir, de manière assez brutale, je dois dire. Lors du défilé des nations dans l’imposant stade San Siro, l’accueil a été, disons, glacial pour certains. Prenez l’équipe d’Israël, par exemple. Lorsqu’ils sont entrés — ils n’étaient que quatre athlètes, notez bien — la réponse a été très mitigée. On a entendu un mélange confus d’applaudissements mais aussi de huées assez audibles. Il paraîtrait même qu’un détail de sécurité suivait l’équipe de près, ce qui en dit long sur la tension ambiante liée à la situation tragique et au génocide à Gaza.
Mais, et c’est là que ça devient vraiment surprenant, les sifflets les plus bruyants et les plus rapportés par les médias n’étaient pas forcément pour eux. Non, c’est au moment du passage de l’équipe américaine que le volume est monté d’un cran. Enfin, pour être tout à fait précis, ce n’était pas tant les athlètes qui étaient visés, mais plutôt une personnalité bien précise. Les caméras de télévision ont eu la, disons, « mauvaise » idée de faire un gros plan sur le vice-président JD Vance et son épouse, Usha, alors qu’ils agitaient des drapeaux américains.
La réaction ne s’est pas fait attendre : des huées, des moqueries, des sifflets, mêlés à quelques applaudissements timides. C’était tellement flagrant que lors de la diffusion sur CBC au Canada, un commentateur a un peu perdu ses moyens : « Voici le vice-président JD Vance et sa femme Usha – oups, ce ne sont pas… euh… ce sont beaucoup de huées pour lui. Des sifflements, des moqueries, quelques applaudissements ». Un moment de flottement en direct qui résume bien la gêne générale.
L’appel à l’harmonie tombe à l’eau

Martin Rulsch, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Le plus ironique dans toute cette histoire ? C’est que tout cela s’est passé juste après des avertissements très clairs. Le thème de la cérémonie était pourtant l’« armonia » — l’harmonie, en italien — mais on en était loin, très loin. Kirsty Coventry, la présidente du CIO, avait pourtant tenté de calmer le jeu plus tôt cette semaine. Elle sentait probablement le vent tourner, notamment avec les tensions grandissantes autour des raids de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) aux États-Unis.
Lorsqu’on lui avait demandé quel message elle souhaitait adresser à ceux qui envisageraient de huer les athlètes américains, elle avait répondu avec beaucoup d’espoir : « J’espère que la cérémonie d’ouverture sera vue par tous comme une opportunité d’être respectueux ». Elle avait même partagé une jolie anecdote sur sa visite au village des athlètes, le décrivant comme le meilleur rappel de ce que nous devrions tous être.
Elle racontait : « Personne ne demande de quel pays ils viennent, de quelle religion ils sont, ils traînent tous ensemble, et c’était tellement cool à voir, et une véritable occasion de mettre en perspective ce que nous pourrions être ». Elle espérait sincèrement que cette soirée serait un rappel de cet idéal. Malheureusement, la réalité politique a rattrapé l’idéal olympique, et son message semble être entré par une oreille pour ressortir aussitôt par l’autre.
Conclusion : Quand la colère politique déborde
Au fond, pourquoi une telle colère contre JD Vance spécifiquement ? Ce n’est pas anodin. Cette réaction hostile s’inscrit dans un contexte de tensions vives concernant l’ICE, avec des manifestations généralisées. Il y a eu des rapports indiquant que l’agence serait opérationnelle à Milano-Cortina, ce qui a provoqué un véritable tollé. Les gens sont fâchés, et ils l’ont fait savoir.
Même le maire de la ville italienne, Beppe Sala, n’y est pas allé de main morte. Il a joint sa voix à ceux qui condamnent l’ICE, allant jusqu’à la décrire avec des mots très durs comme une « milice qui tue ». Quand on a un tel contexte explosif en toile de fond, il est peut-être naïf de penser que le sport peut rester une bulle totalement imperméable au reste du monde. Cette soirée nous a rappelé, un peu brutalement, que les athlètes et les officiels ne peuvent pas toujours échapper aux réalités qui secouent notre société.
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