Un calendrier imposé par les États-Unis ?

Alors que la guerre en Ukraine s’apprête bientôt à entrer dans sa cinquième année, une échéance temporelle précise vient d’être évoquée au plus haut sommet de l’État ukrainien. Selon le président Volodymyr Zelensky, les États-Unis ont exprimé une volonté claire : voir le conflit se terminer « d’ici le début de l’été, en juin ». Cette déclaration, faite vendredi face à des journalistes et rendue publique samedi après la levée d’un embargo, dessine les contours d’une pression diplomatique accrue de la part de Washington.
Vers des négociations inédites à Miami
Pour concrétiser cette ambition, une nouvelle étape diplomatique se profile dès la semaine prochaine. Volodymyr Zelensky a annoncé que les États-Unis ont invité les délégations russes et ukrainiennes à se réunir pour de nouvelles discussions. Ce rendez-vous pourrait se tenir dans un lieu inattendu : « probablement à Miami », a précisé le président ukrainien. Il s’agirait d’une première, Washington réunissant officiellement les deux équipes de négociateurs sur le sol américain.
Cette annonce fait suite à des échanges qui se sont tenus mercredi et jeudi derniers à Abou Dhabi, impliquant Moscou, Kyïv et les Américains. Si l’Ukraine a accepté le principe de cette rencontre en Floride, Volodymyr Zelensky a tenu à poser ses lignes rouges. Il rappelle avec fermeté que son pays n’acceptera aucun accord conclu directement entre les États-Unis et la Russie sans l’implication de Kyïv, notamment sur les dossiers territoriaux sensibles.
Points de blocage et hypothèse d’une « zone économique libre »
Sur le terrain, la situation demeure complexe. La Russie, qui occupe environ 20 % du territoire ukrainien depuis son invasion en 2022, maintient une pression militaire constante pour obtenir le contrôle total de la région de Donetsk. Moscou menace d’ailleurs de s’emparer de cette zone par la force en cas d’échec des pourparlers et exige le retrait des forces ukrainiennes des secteurs qu’elles contrôlent encore. Une demande jugée inacceptable par l’Ukraine, qui estime que tout recul territorial ne ferait qu’encourager l’adversaire.
Face à l’impasse, des solutions alternatives émergent. Kyïv a proposé de geler le conflit sur les lignes de front actuelles, une option rejetée par le Kremlin. De son côté, Washington avance l’idée de transformer les terres contrôlées par l’Ukraine dans la région de Donetsk en une « zone économique libre », démilitarisée pour les deux camps. « Même si nous parvenons à créer une zone économique libre, nous aurons besoin de règles équitables et fiables », a nuancé le président Zelensky. Par ailleurs, aucun terrain d’entente n’a encore été trouvé concernant la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par les forces russes.
L’hiver comme arme de guerre
Le dialogue diplomatique se déroule sur fond d’escalade militaire. Tandis que les négociateurs discutent, la Russie poursuit ses attaques contre les infrastructures vitales de l’Ukraine. Samedi matin, une nouvelle offensive massive a visé le réseau énergétique, provoquant des « coupures d’urgence » dans la majorité des régions, selon l’opérateur Ukrenergo. Ces frappes surviennent alors que l’Ukraine traverse sa pire crise énergétique depuis 2022, plongeant régulièrement des centaines de milliers de foyers dans le froid et l’obscurité.
La situation est particulièrement critique à Kyïv et dans l’ouest du pays, où des explosions ont été signalées. Dans la capitale, le thermomètre affichait -5 °C au petit matin et les prévisions annoncent une chute des températures jusqu’à -20 °C lundi. Face à l’urgence, Kyïv a dû solliciter samedi l’aide de la Pologne voisine.
Ce regain de violence intervient dans un contexte tendu : la veille, des tirs à Moscou avaient blessé le général Vladimir Alekseïev, haut responsable du renseignement militaire russe. Si la Russie a immédiatement accusé Kyïv, les autorités ukrainiennes n’ont pour l’heure émis aucun commentaire.
Selon la source : journaldemontreal.com
Créé par des humains, assisté par IA.