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Une créature de la taille d’une graine révèle comment les océans se déplaçaient il y a 5 millions d’années
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une découverte au carrefour des eaux

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C’est une zone de turbulences naturelles, là où l’eau douce rencontre l’océan, que les scientifiques ont choisi d’explorer. Près d’Udupi, dans l’État du Karnataka sur la côte sud-ouest de l’Inde, les rivières Sita et Swarna fusionnent avant de se jeter dans la mer d’Arabie. Dans cet environnement estuarien, la vie microscopique doit s’adapter à des variations constantes : les marées repoussent l’eau salée vers l’amont, tandis que les tempêtes remuent les sédiments, modifiant la salinité et la température au fil de la journée.

C’est précisément dans ces échantillons d’eau tourmentée qu’une équipe dirigée par le Dr Anish Kumar Warrier, de la Manipal Academy of Higher Education (MAHE), a identifié un organisme qui ne figurait sur aucune carte biologique. Il s’agit d’une diatomée, une algue microscopique dont la coque présente une forme inédite. Cette trouvaille redessine une partie modeste mais significative de la carte du vivant, soulignant à quel point la biodiversité de ces marges dynamiques reste méconnue et non répertoriée.

L’asymétrie qui fait toute la différence

credit : lanature.ca (image IA)

Pour l’œil non averti, cet organisme est invisible. Son corps ne s’étend que sur quelques millièmes de pouce. Pourtant, sous un microscope optique, une caractéristique a immédiatement intrigué les chercheurs : une structure de valve inégale. L’algue est qualifiée d’hétéropolaire, ce qui signifie que ses deux extrémités sont dissemblables, lui donnant une allure déséquilibrée qui la distingue nettement des espèces apparentées vivant dans des habitats similaires.

Pour confirmer qu’il s’agissait bien d’une nouvelle espèce, l’équipe a dû pousser l’observation plus loin. L’utilisation d’un microscope électronique à balayage a permis de cartographier la surface de l’algue avec des faisceaux d’électrons. Les images ont révélé des détails d’une finesse extrême : des lignes, des pores et une fente droite centrale. Vers le milieu, les lignes s’écartent, courent parallèlement puis convergent à nouveau, tandis qu’une bande rectangulaire traverse la face de la coque. C’est cet ensemble unique de micro-caractéristiques qui a permis aux chercheurs de lui attribuer son nom officiel : Climaconeis heteropolaris sp. nov.

Des sentinelles climatiques sous pression

credit : lanature.ca (image IA)

L’importance de cette identification dépasse la simple taxonomie. Les diatomées sont des acteurs majeurs de l’écosystème : elles construisent des coques dures à partir de minéraux dissous et, grâce à la photosynthèse, transforment le dioxyde de carbone en matière cellulaire. Une analyse attribue à ces micro-algues la production d’environ un cinquième de l’oxygène que nous respirons. Lorsqu’elles meurent, leurs coques en silice coulent et s’accumulent dans la boue, formant des couches sédimentaires qui résistent à la décomposition. Un rapport de l’U.S. Geological Survey explique comment ces fossiles permettent de reconstruire l’histoire des lacs et de dater les couches géologiques, révélant les périodes passées de réchauffement ou de salinité accrue.

Cependant, cette biodiversité est menacée. Le développement côtier déverse des nutriments, des métaux et du plastique dans ces zones de mélange. Le Dr Warrier souligne que la pollution et les pressions anthropiques — causées directement par l’activité humaine — frappent d’abord ces espèces sensibles. Sans un inventaire précis comme celui qui vient d’être réalisé, il est impossible pour les gestionnaires de savoir si l’observation d’un échantillon reflète un écosystème en bonne santé ou un effondrement silencieux.

Une première étape avant l’inventaire complet

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Cette étude, publiée dans la revue spécialisée Diatom Research, marque un point de départ. En attribuant un nom formel à cette coque microscopique, les scientifiques se dotent d’une référence fiable pour comparer et tester des échantillons futurs. Pour l’heure, on ignore si Climaconeis heteropolaris est confinée à cette petite portion de côte indienne ou si elle est présente plus largement le long du rivage.

Des prélèvements répétés, effectués à travers les marées et les saisons, seront nécessaires pour comprendre ses cycles de floraison et ses préférences en matière de surface. Les programmes de surveillance utilisent déjà les communautés de diatomées pour évaluer la qualité de l’eau, et la MAHE pourrait désormais inclure cette nouvelle venue dans ses analyses. Des travaux génétiques ultérieurs pourraient affiner encore cette classification, mais la description physique offre d’ores et déjà un outil solide pour tracer les changements environnementaux, montrant précisément ce qui disparaît, et quand.

Selon la source : earth.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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