Vols vers Cuba : une pénurie de carburant impose un changement de plan pour les compagnies
Auteur: Adam David
Coup d’arrêt sur le ravitaillement à La Havane

C’est une notification qui risque de compliquer la logistique des transporteurs aériens internationaux. Les autorités cubaines ont officiellement informé les compagnies desservant l’île que l’avitaillement en kérosène ne serait plus assuré sur le territoire. Cette suspension, motivée par une crise énergétique majeure, prend effet à partir de ce lundi minuit. Selon un responsable d’une compagnie européenne s’exprimant auprès de l’AFP, la mesure concerne spécifiquement le « JetFuel », le carburant indispensable à l’aviation civile.
L’avis de l’aviation civile cubaine précise un calendrier strict : il n’y aura plus de ravitaillement possible à compter du mardi 10 février à 00h01, heure locale (05h00 GMT). Cette décision abrupte place les opérateurs devant le fait accompli et nécessite une réorganisation immédiate des plans de vol.
Pour l’heure, cette restriction est annoncée pour une durée d’un mois. Elle reflète l’ampleur des difficultés d’approvisionnement que traverse actuellement l’île, contraignant le gouvernement à faire des choix drastiques dans l’allocation de ses ressources pétrolières limitées.
Escale technique obligatoire pour le long-courrier

Quelles sont les conséquences concrètes pour les passagers et les compagnies ? La source anonyme du secteur aérien précise que les vols régionaux devraient pouvoir maintenir leurs rotations habituelles, leur autonomie leur permettant probablement d’effectuer l’aller-retour sans refaire le plein à La Havane. La situation est en revanche bien différente pour les vols long-courriers, notamment ceux reliant l’Europe à Cuba.
Pour assurer le trajet retour, ces appareils seront contraints d’effectuer une « escale technique » dans un pays tiers afin de se ravitailler en kérosène. Cette manœuvre rallongera inévitablement la durée du voyage pour les passagers quittant l’île.
La compagnie Air France, contactée à La Havane, a confirmé cette nouvelle organisation. Le transporteur français maintient sa liaison mais a d’ores et déjà prévu d’intégrer une halte dans un autre pays de la zone Caraïbes pour garantir le carburant nécessaire à la traversée de l’Atlantique.
La géopolitique du pétrole à l’origine de la pénurie

Cette paralysie des services aéroportuaires n’est que la partie émergée d’une crise énergétique sévère qui frappe Cuba de plein fouet. L’île se trouve confrontée à une rupture de ses chaînes d’approvisionnement habituelles, principalement en provenance du Venezuela. L’arrêt des livraisons vénézuéliennes survient dans un contexte de forte pression diplomatique, marqué par la capture du président Nicolas Maduro début janvier.
En parallèle, l’administration américaine a intensifié ses sanctions. Donald Trump a signé la semaine dernière un décret ouvrant la voie à des droits de douane punitifs contre tout pays vendant du pétrole à La Havane. Cette menace semble porter ses fruits : selon le président américain, le Mexique, qui fournissait du brut à Cuba depuis 2023, s’apprête également à cesser ses exportations.
Washington justifie cette politique de fermeté en invoquant la sécurité nationale. Les États-Unis qualifient Cuba de « menace exceptionnelle », soulignant la proximité géographique de l’île caribéenne, située à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride.
L’économie cubaine passe en mode survie

Face à l’urgence, le gouvernement cubain a déployé vendredi une batterie de mesures d’austérité impactant l’ensemble de la société. L’objectif est clair : économiser chaque goutte de carburant disponible. Parmi les décisions les plus notables figurent l’instauration de la semaine de quatre jours et la généralisation du télétravail dans les administrations et les entreprises d’État.
Le secteur de l’éducation n’est pas épargné, avec des journées de cours raccourcies et un basculement des universités vers un fonctionnement semi-présentiel. Les transports publics subissent également des coupes franches, notamment une réduction des liaisons de bus et de trains entre les différentes provinces de l’île.
Le vice-Premier ministre, Oscar Pérez-Oliva Fraga, a expliqué à la télévision d’État que ces sacrifices visent à préserver l’essentiel. Les ressources énergétiques restantes doivent être allouées en priorité à « la production de nourriture et la production d’électricité », ainsi qu’à la sauvegarde des activités génératrices de devises étrangères, vitales pour l’économie nationale.
Un bras de fer diplomatique lourd de conséquences

Ces mesures restrictives incluent également la fermeture de certains établissements touristiques, un secteur pourtant crucial pour les finances du pays. La vente de carburant aux particuliers fait l’objet de nouvelles limitations, compliquant davantage le quotidien des habitants déjà habitués aux pénuries.
La situation sur l’île se dégrade visiblement, les coupures d’électricité et le manque de carburant, récurrents ces dernières années, s’étant nettement accentués ces dernières semaines. La Havane pointe directement la responsabilité de Washington dans cette détérioration.
Les autorités cubaines accusent Donald Trump de vouloir délibérément « asphyxier » l’économie de l’île par ce blocus énergétique. Alors que les tensions diplomatiques atteignent un nouveau sommet, la population et les acteurs économiques, y compris les compagnies aériennes étrangères, se retrouvent pris en étau dans ce conflit géopolitique.
Selon la source : tvanouvelles.ca
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