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Crise du kérosène : pourquoi les avions canadiens ne volent plus vers Cuba ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une paralysie aérienne soudaine

C’est un coup dur pour les voyageurs canadiens habitués aux plages des Caraïbes. Les principaux transporteurs du pays ont annoncé, coup sur coup, la suspension de leurs liaisons vers Cuba. Le mouvement a été initié par Air Canada, rapidement suivi en fin de journée de lundi par WestJet et Transat. Cette décision radicale fait suite à une communication officielle des autorités locales cubaines signalant une rupture critique des stocks de kérosène sur l’île.

La situation logistique sur place est décrite comme précaire. À compter du 10 février, les aéroports cubains ne seront plus en capacité de ravitailler les avions commerciaux en carburant. Cette impossibilité technique, lourde de conséquences pour la planification des vols, devrait perdurer pour une période minimale d’un mois. Face à cette incertitude opérationnelle, les compagnies aériennes ont préféré interrompre le service plutôt que de risquer de bloquer leurs appareils et leurs passagers.

Air Canada a été la première à réagir en suspendant ses vols jusqu’à nouvel ordre. Dans une explication fournie aux médias, le transporteur justifie cette mesure par les avis gouvernementaux soulignant le « manque de fiabilité de l’approvisionnement en carburant d’aviation » au sein des infrastructures aéroportuaires cubaines. La reprise des vols réguliers ne s’effectuera qu’à une date ultérieure, lorsque le moment sera jugé « opportun » par la compagnie.

L’ombre de la crise vénézuélienne

credit : lanature.ca (image IA)

L’origine de cette pénurie de carburant dépasse largement les frontières de l’île touristique. Cuba subit de plein fouet les répercussions d’un bouleversement géopolitique majeur survenu au Venezuela, son fournisseur historique de pétrole. L’approvisionnement en or noir a été brutalement interrompu suite à la capture du président Nicolas Maduro par les États-Unis.

Sans cet apport énergétique vital venant du continent sud-américain, les réserves cubaines se sont rapidement taries. La dépendance de l’île vis-à-vis du pétrole vénézuélien place aujourd’hui ses infrastructures de transport dans une impasse. C’est cette réaction en chaîne diplomatique et économique qui empêche aujourd’hui les avions de ligne de faire le plein sur le tarmac cubain.

Cette crise énergétique met en lumière la fragilité des chaînes d’approvisionnement dans la région. Pour les compagnies aériennes étrangères, l’impossibilité locale de fournir du kérosène transforme chaque rotation en un défi logistique complexe, rendant les opérations standard intenables sans une autosuffisance totale en carburant pour l’aller-retour.

Air Canada : rapatriement et logistique

credit : lanature.ca (image IA)

Malgré la suspension des vols commerciaux vers l’île, Air Canada ne laisse pas ses clients sur place sans solution. Le transporteur a indiqué qu’environ 3000 de ses passagers se trouvent actuellement à Cuba. Pour assurer leur retour, la compagnie déploiera des avions vides au cours des jours à venir. Ces vols de rapatriement permettront de ramener les voyageurs au pays en toute sécurité.

Pour ces opérations spécifiques, ainsi que pour les derniers vols maintenus, Air Canada a dû revoir sa stratégie de carburant. Les appareils transporteront une quantité supplémentaire de kérosène au départ du Canada. Si cela s’avère nécessaire, des escales techniques seront effectuées lors du trajet retour pour se ravitailler dans des aéroports tiers, contournant ainsi la pénurie cubaine.

Concernant les aspects financiers, Vacances Air Canada a activé une politique de remboursement automatique. Les clients dont le voyage a été annulé n’ont aucune démarche à entreprendre : ils recevront le remboursement complet selon leur mode de paiement initial. Le transporteur insiste sur le fait qu’il est inutile de contacter le centre de services, le processus étant automatisé.

Le sort des Canadiens sur place

Au-delà des clients d’Air Canada, combien de ressortissants canadiens sont potentiellement touchés par cette situation ? Affaires mondiales Canada a fait le point sur les données disponibles lundi. Selon le registre officiel, 7204 Canadiens sont inscrits comme étant présents sur le territoire cubain. Des conseils aux voyageurs ont d’ailleurs été publiés par le ministère pour informer les ressortissants des difficultés actuelles.

Il convient toutefois de nuancer ces chiffres. Affaires mondiales Canada précise que ce système d’inscription repose sur le volontariat. Par conséquent, le nombre réel de Canadiens sur l’île pourrait différer. Le registre ne comptabilise que ceux qui ont choisi de s’inscrire et peut, à l’inverse, inclure des profils de voyageurs ayant déjà quitté le pays sans mettre à jour leur dossier.

Face à l’incertitude, la communication gouvernementale reste prudente mais active. La priorité est d’assurer que l’information circule efficacement auprès des vacanciers qui pourraient se retrouver bloqués ou désorientés par la suspension soudaine des liaisons aériennes commerciales.

Le revirement de WestJet

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La position de WestJet a évolué rapidement au cours de la journée de lundi. Après avoir initialement manifesté l’intention de maintenir ses liaisons, la compagnie a finalement décidé de suspendre ses vols en fin de journée. Une mise à jour publiée en soirée précise que cette décision vise à « réduire la pression sur les ressources locales » dès maintenant.

Comme son concurrent, WestJet organisera le retour de ses clients en envoyant des avions vides depuis le Canada. La compagnie assure que tous les appareils déployés vers Cuba emporteront suffisamment de carburant pour garantir un départ sécuritaire sans avoir à puiser dans les réserves locales inexistantes. Cette mesure de sécurité est désormais la norme pour opérer dans la zone.

L’impact de cette suspension est vaste, car elle affecte plusieurs entités du groupe. La compagnie a précisé que les perturbations concernent non seulement les vols WestJet, mais aussi Vacances Sunwing, WestJet Vacations ainsi que Vacances WestJet Québec. C’est donc une part significative de l’offre touristique canadienne vers le sud qui se trouve à l’arrêt.

Transat : une suspension longue durée

credit : lanature.ca (image IA)

De son côté, le groupe Transat a opté pour une mesure particulièrement drastique en annonçant une suspension temporaire de ses vols vers Cuba jusqu’au 30 avril 2026. Cette échéance lointaine marque une rupture significative dans l’offre de voyage vers cette destination prisée. Le transporteur a communiqué ces détails directement sur son site web.

Pour les voyageurs concernés par cette longue période d’interruption, la procédure est simplifiée. Si un départ était prévu entre le 11 février et le 30 avril 2026, la réservation sera automatiquement annulée. Le remboursement sera effectué sur le mode de paiement original présent au dossier, sans qu’aucune action ne soit requise de la part du client.

Quant aux voyageurs actuellement présents sur l’île, Transat se veut rassurante. L’entreprise affirme organiser un plan de retour méthodique vers le Canada. Ce dispositif inclura le maintien de certains vols réguliers pour les retours, complétés par des vols de rapatriement additionnels afin de garantir que personne ne soit laissé pour compte durant cette crise du carburant.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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