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Survivants du cancer : ce risque silencieux qui guette un patient sur deux
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un nouveau défi après la victoire contre la maladie

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Les progrès considérables réalisés en oncologie ces dernières décennies ont permis d’augmenter significativement le nombre de personnes survivant au cancer. Cependant, cette victoire médicale majeure s’accompagne aujourd’hui d’une nouvelle préoccupation de santé publique, mise en lumière par une récente prise de position de l’American Heart Association (AHA). Selon les données rapportées, près d’un survivant sur deux se retrouverait exposé à un risque cardiaque accru, transformant la guérison en une étape nécessitant une vigilance prolongée.

L’organisme américain pointe spécifiquement du doigt l’athérosclérose coronaire, qui constitue la cause principale des infarctus. Ce phénomène semble survenir de manière plus fréquente et surtout plus précoce chez les patients ayant traversé un cancer que dans la population générale. Les experts expliquent cette corrélation par une combinaison complexe de facteurs de risque communs aux deux pathologies, mais également par l’impact direct de certains traitements anticancéreux.

L’AHA lance ainsi un appel clair : une meilleure surveillance cardiaque est indispensable chez les patients oncologiques. Il ne s’agit plus seulement de traiter la tumeur, mais d’anticiper les complications qui peuvent survenir parfois des années après la fin des protocoles thérapeutiques.

Une surveillance qui change de paradigme

Pendant longtemps, le suivi cardiovasculaire en oncologie s’est focalisé sur ce que les spécialistes nomment la cardiotoxicité aiguë. L’attention se portait principalement sur des risques immédiats, tels que l’insuffisance cardiaque provoquée par certaines classes de médicaments comme les anthracyclines. Le lien entre le cancer et l’athérosclérose, c’est-à-dire l’accumulation progressive de plaques dans les artères, restait quant à lui largement sous-estimé par le corps médical.

La donne change avec la publication d’un « Scientific Statement » en 2026 dans la revue de référence Circulation. Ce document souligne que les événements coronariens, incluant l’angine de poitrine et l’infarctus, représentent désormais une cause majeure de morbidité sur le long terme pour les anciens malades. Cette nouvelle approche oblige les praticiens à élargir leur champ de vision au-delà des effets secondaires immédiats.

Les auteurs de ce rapport insistent sur une réalité biologique commune : le cancer et l’athérosclérose partagent des mécanismes similaires. Ils évoquent notamment l’impliction de l’inflammation, du stress oxydatif et d’une activation persistante du système immunitaire, créant un terrain favorable aux pathologies artérielles.

L’impact direct des traitements sur les artères

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Au-delà des prédispositions naturelles, les armes utilisées pour combattre le cancer jouent un rôle prépondérant dans ce risque cardiovasculaire. Les chercheurs notent que des thérapies courantes, telles que la chimiothérapie, l’immunothérapie ou encore la radiothérapie, peuvent induire une inflammation chronique dans l’organisme. Ces traitements sont susceptibles de provoquer des lésions de l’endothélium, la couche interne des vaisseaux sanguins.

Ces altérations favorisent une instabilité des plaques d’athérome, augmentant ainsi le risque de rupture et d’accident cardiaque. Concrètement, certains protocoles anticancéreux accélèrent le vieillissement des artères coronaires. Ce phénomène explique pourquoi des incidents peuvent survenir bien après la rémission complète du patient.

Il est donc établi que la toxicité des traitements ne se limite pas au muscle cardiaque lui-même, mais affecte l’ensemble du système vasculaire. Cette compréhension plus fine des effets secondaires invite à une vigilance accrue lors du choix et de l’administration des thérapies.

Comprendre l’athérosclérose et ses facteurs

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Pour bien saisir l’enjeu, il est nécessaire de définir l’athérosclérose. Il s’agit d’une maladie chronique caractérisée par la formation de plaques sur la paroi des artères. Ces plaques sont un agglomérat de cholestérol, de cellules inflammatoires et de tissu fibreux. Lorsque ce processus touche les artères coronaires, celles qui irriguent le cœur, il peut mener à l’obstruction du flux sanguin et provoquer un infarctus du myocarde.

Les facteurs de risque identifiés sont multiples. On retrouve les classiques : l’âge, le tabagisme, l’hypertension artérielle et le diabète. Cependant, un mécanisme central lie étroitement cette pathologie au cancer : l’inflammation chronique. Ce dénominateur commun explique pourquoi les patients oncologiques sont particulièrement vulnérables.

L’accumulation de ces facteurs crée un effet cumulatif. Un patient fumeur, âgé, et ayant subi une radiothérapie thoracique présente, par exemple, une probabilité nettement plus élevée de développer des complications coronariennes qu’un individu n’ayant pas ces antécédents.

Vers une prise en charge cardio-oncologique intégrée

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Face à ces constats, l’American Heart Association plaide pour une évolution des pratiques médicales vers une prise en charge « cardio-oncologique » intégrée. L’objectif est de mettre en place un dépistage cardiovasculaire beaucoup plus précoce chez les malades. Cela pourrait passer par l’utilisation accrue de l’imagerie médicale, comme le scanner cardiaque ou la mesure du score calcique, pour évaluer l’état des artères avant même l’apparition de symptômes.

Les experts recommandent également une prévention plus agressive des facteurs de risque modifiables. Cela implique un contrôle strict de la tension, du cholestérol et une incitation forte à l’arrêt du tabac dès le diagnostic du cancer. L’idée est de protéger le cœur tout en soignant le cancer, sans opposer les deux urgences.

Toutefois, les auteurs du rapport reconnaissent certaines limites actuelles. Les données disponibles restent hétérogènes et il manque encore de grands essais prospectifs pour valider ces nouvelles stratégies. En l’absence de recommandations universelles standardisées, de nouveaux travaux seront nécessaires pour définir avec précision les meilleures modalités de suivi à long terme.

Les réponses à vos questions

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Le cancer augmente-t-il vraiment le risque d’infarctus ?
La réponse est affirmative. Les études confirment que les patients atteints de cancer, ainsi que les survivants, présentent un risque statistiquement plus élevé d’événements coronariens. Cette augmentation est liée à l’inflammation systémique, aux effets secondaires des traitements reçus et aux facteurs de risque que partagent les deux maladies.

La chimiothérapie abîme-t-elle les artères ?
Effectivement, certaines chimiothérapies ne se contentent pas d’avoir des effets directs sur le muscle cardiaque. Elles peuvent également provoquer des lésions de l’endothélium vasculaire, favorisant ainsi le développement accéléré de l’athérosclérose.

Faut-il surveiller le cœur après un cancer ?
C’est une recommandation de plus en plus fréquente chez les experts. Cette surveillance est particulièrement cruciale pour les patients ayant reçu des traitements connus pour être cardiotoxiques ou ayant subi une radiothérapie au niveau du thorax.

Selon la source : passeportsante.net

Créé par des humains, assisté par IA.

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