L’analogie de la dissipation d’énergie
Pour comprendre la dynamique actuelle du gouvernement, il peut être instructif d’établir un lien direct entre la gestion de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et les principes de la physique. Connaissez-vous le concept de la « dissipation d’énergie » ? Il s’agit d’un processus physique bien particulier par lequel une énergie, initialement organisée, se heurte à une résistance pour finir par devenir désorganisée et, en fin de compte, inutile.
Cette définition scientifique semble résonner avec l’une des caractéristiques marquantes du régime caquiste actuel. On observe une quantité importante de mouvements et d’efforts déployés, suggérant une grande activité.
Pourtant, le constat qui en découle laisse perplexe : tant d’énergie semble perdue pour des résultats qui, finalement, paraissent bien maigres. C’est le paradoxe d’une agitation constante qui ne produit pas l’effet escompté.
L’immigration : le grand écart entre promesses et réalité
Le dossier de l’immigration s’impose comme l’exemple le plus frappant de ce phénomène de déperdition. La CAQ a pourtant mené campagne à deux reprises sur une promesse claire : « en prendre moins ». Or, la réalité des chiffres montre une trajectoire inverse, avec des seuils qui ont littéralement explosé.
La gestion de ce dossier donne l’impression d’un gouvernement ballotté par les conjonctures, tirant dans tous les sens sans ligne directrice stable. Le bilan comptable de cette instabilité est lourd : plus de cinq ministres se sont succédé et pas moins de sept réformes ont été lancées.
On assiste à une mécanique administrative complexe où une réforme vient continuellement réformer la précédente, créant un cycle incessant de modifications sans fin apparente.
Le cycle infernal du PEQ : de Jolin-Barrette à Fréchette
Pour illustrer cette instabilité, concentrons-nous sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Le parcours de ce programme s’apparente à un véritable tour de laveuse. Tout a commencé avec Simon Jolin-Barrette qui, en 2019, a d’abord voulu restreindre le programme, avant de devoir reculer face à la contestation.
Le ministre Jolin-Barrette s’est ensuite repris en 2020 en resserrant l’accès au programme. Cependant, la stabilité fut de courte durée. En 2023, c’est au tour de Christine Fréchette d’apporter ses propres modifications au dispositif.
Ces ajustements successifs témoignent d’une difficulté à fixer des paramètres durables, obligeant les acteurs concernés à s’adapter continuellement à de nouvelles règles du jeu.
La fin du PEQ et l’imbroglio du PTSQ
La saga s’est poursuivie avec Jean-François Roberge. En 2024, il a procédé au gel du volet des étudiants, prélude à une décision plus radicale : la suspension définitive du programme en 2025. Le PEQ a alors été remplacé par une nouvelle mouture, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PTSQ), toujours en 2025.
Ce remplacement s’est opéré dans un contexte de désynchronisation totale, sans arrimage avec les changements effectués par le gouvernement fédéral la même année. Cette situation évoque une véritable « maison de fous », où se mélangent l’indécision, l’incohérence et la lourdeur bureaucratique.
Le résultat est une cacophonie administrative où deux gouvernements poursuivent des objectifs différents, laissant les usagers et les observateurs dans la confusion la plus totale.
Tensions internes et volte-face politique
Cette gestion chaotique nous mène directement au cœur de la course au leadership caquiste. Christine Fréchette s’est retrouvée dans une position particulièrement embarrassante, prise en étau entre le soutien de Jean-François Roberge, la poursuite de Bernard Drainville, et la pression constante des entreprises.
Lors de son passage récent au balado Politiquement parlant, la ministre estimait qu’il était impossible d’instaurer une clause grand-père, affirmant que sans cela, le PEQ attirerait peut-être 100 000 à 150 000 immigrants. Une déclaration qui semblait fermer la porte à tout assouplissement.
Et pourtant, contre toute attente, elle a finalement annoncé la réouverture du PEQ pour une durée de deux ans. Ce revirement illustre la complexité des forces en présence au sein même du gouvernement.
Le coût de l’épuisement

À l’instar du dossier du troisième lien, il est vertigineux d’imaginer la somme de travail et les coûts engendrés par tous ces virages successifs. C’est un fardeau considérable pour la fonction publique, qui doit inlassablement mettre en place ces réformes, mais aussi pour les contribuables qui en assument la charge financière.
Le premier ministre François Legault a souvent évoqué la « réserve de courage » nécessaire pour gouverner. Cette formule, maintes fois répétée, prend aujourd’hui une résonance particulière à la lumière des événements récents.
Il faudrait désormais parler d’une autre réserve : la réserve d’énergie. Au vu de la dissipation constatée et des efforts infructueux, force est de constater qu’elle est aujourd’hui épuisée.
Selon la source : journaldemontreal.com
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