Milliards de dollars contre étoiles : pourquoi ce projet titanesque a été stoppé net au Chili
Auteur: Adam David
Un soulagement planétaire pour la communauté scientifique

C’est une nouvelle qui a provoqué une vague de soulagement immédiate parmi les astronomes du monde entier. Le projet industriel INNA, une infrastructure colossale qui devait voir le jour au Chili, a été officiellement annulé. Cette décision marque la fin d’une période d’incertitude pour les scientifiques travaillant à l’Observatoire de Paranal, situé à proximité immédiate du site envisagé.
L’inquiétude était palpable au sein de la communauté astronomique, car l’implantation de ce complexe menaçait directement la qualité des observations. Le site de Paranal est réputé pour offrir l’un des ciels les plus purs de la planète, une condition indispensable pour scruter les confins de l’Univers. L’arrivée d’une telle structure industrielle aurait irrémédiablement perturbé cet équilibre fragile.
L’accueil de cette annulation a été particulièrement joyeux, les chercheurs voyant s’éloigner le spectre d’une dégradation de leurs conditions de travail. La préservation de ce sanctuaire astronomique dans le désert d’Atacama est perçue comme une victoire majeure pour la science face aux impératifs de développement industriel.
Les détails d’un projet à 10 milliards de dollars

Le projet, porté par AES Andes, une filiale de la société américaine AES Corporation, affichait des ambitions démesurées. Cette entreprise, déjà active dans la production d’énergie en Amérique du Sud, notamment en Colombie, en Argentine et au Chili, prévoyait d’implanter une vaste usine dédiée à la production d’hydrogène vert et d’ammoniac. Le lieu choisi était le désert d’Atacama, dans le nord du territoire chilien.
What a construction project. The aptly-named “Extremely Large Telescope” is currently being built on top of a mountain in the middle of Chile’s remote Atacama Desert, more than 150–kilometres away from the nearest city.
Construction teams have broken the build down into… pic.twitter.com/1gTHYR6Ohc
— The B1M (@TheB1M) April 26, 2025
Les chiffres associés au projet INNA donnent le vertige et témoignent de son ampleur économique. Il s’agissait d’un investissement estimé à 10 milliards de dollars pour une occupation au sol de 3 000 hectares. Si les retombées pouvaient s’avérer bénéfiques pour la population chilienne, la localisation précise de l’usine posait un problème insoluble pour les scientifiques.
En effet, les plans situaient ce complexe industriel à seulement 11,6 kilomètres de l’Observatoire Cerro Paranal. Cette proximité géographique, bien que pouvant sembler relative pour un observateur non averti, plaçait l’un des observatoires les plus importants au monde en première ligne face aux nuisances d’une activité industrielle lourde.
Une menace existentielle pour le Very Large Telescope

La distance de 11,6 kilomètres n’était pas suffisante pour protéger les instruments de haute précision. Le projet ne se limitait pas à une simple usine : il comprenait également un port, des liaisons de transport vers la côte ainsi que trois centrales solaires. Cet ensemble d’infrastructures possédait le potentiel de perturber grandement les observations du célèbre Very Large Telescope (VLT).
Les astronomes avaient tiré la sonnette d’alarme via une lettre ouverte publiée en décembre 2025. Ils y expliquaient que la proximité de l’INNA aurait inévitablement compromis les données récoltées au Cerro Paranal. Les risques identifiés étaient multiples et d’une gravité critique pour le fonctionnement des installations.
La pollution lumineuse générée par l’activité nocturne de l’usine aurait altéré la pureté exceptionnelle du ciel. De plus, la poussière soulevée par les engins de chantier et l’exploitation risquait de se déposer sur les miroirs des six télescopes du site. Enfin, les vibrations du sol causées par l’industrie lourde auraient affecté la stabilité nécessaire au bon fonctionnement de tout l’observatoire, compromettant ainsi l’un des meilleurs sites sur Terre pour l’observation de l’Univers.
Le verdict de l’autorité environnementale

Le sort de ce projet titanesque était entre les mains de l’autorité de réglementation environnementale du Chili depuis environ un an. Cette période d’évaluation a permis d’analyser en profondeur les impacts potentiels de l’implantation de cette large usine dans le désert d’Atacama. Le processus a connu son dénouement à la suite de réunions tenues la semaine dernière avec l’entreprise AES Andes.
La décision finale a été sans appel : le projet a été annulé. L’autorité de réglementation a justifié cette décision en mettant en avant un argument de bon sens géographique et écologique. Elle a souligné qu’il n’était pas nécessaire d’implanter un site industriel aussi gigantesque si près des observatoires, au vu des conséquences potentiellement désastreuses pour l’astronomie.
L’appel à l’aide lancé par la communauté scientifique a donc été entendu par les décideurs. La reconnaissance officielle de l’incompatibilité entre une telle activité industrielle et la recherche astronomique de pointe sur ce site spécifique marque un tournant dans la protection des zones d’observation.
Vers une protection renforcée des futurs géants de l’astronomie

Si l’enthousiasme prédomine chez les astronomes du monde entier, et particulièrement chez ceux de l’Observatoire Cerro Paranal, la vigilance reste de mise. Les scientifiques ont profité de cette actualité pour rappeler l’urgence de mettre en place des mesures de protection claires et pérennes autour des sites d’astronomie professionnelle au Chili. L’objectif est d’éviter de futures mauvaises surprises de ce type.
L’enjeu dépasse le seul site de Paranal. La région abrite d’autres installations cruciales, notamment sur le Cerro Armazones voisin. C’est là que se construit actuellement l’Extremely Large Telescope (ELT). Comme son nom l’indique, il s’agira du plus grand observatoire astronomique de l’histoire.
L’inauguration de l’ELT est prévue pour 2027. Ce nouvel outil révolutionnaire permettra aux astronomes d’explorer des galaxies lointaines et de scruter des exoplanètes semblables à la Terre dans la Voie Lactée. Ces recherches pourraient potentiellement révéler des exoplanètes capables d’abriter la vie, d’où l’importance vitale de préserver leur environnement immédiat.
Selon la source : tameteo.com
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