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Trump : la Chine « avalera » le Canada et interdira le hockey sur glace en cas d’accord commercial
Crédit: shutterstock

Une déclaration stupéfiante sur l’avenir du sport national

Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Dans une tournure d’événements pour le moins inattendue, le président Donald Trump a formulé une allégation singulière concernant les intentions de la Chine vis-à-vis du Canada. Il a affirmé que Pékin complotait pour « mettre fin à TOUT le hockey sur glace » chez son voisin du nord. Cette déclaration surprenante a été faite alors qu’il menaçait simultanément de bloquer l’ouverture d’un nouveau pont suspendu reliant les États-Unis au Canada.

Depuis des décennies, les responsables des deux côtés de la frontière, y compris ceux de la première administration Trump, travaillent à la construction et à l’ouverture du pont international Gordie Howe. L’ouvrage de 1,6 mile (environ 2,5 km) doit enjamber la rivière Détroit pour relier le Michigan à l’Ontario. Cependant, ce projet d’infrastructure majeur se retrouve aujourd’hui au cœur d’une nouvelle tempête diplomatique déclenchée par le président sur les réseaux sociaux.

Le président a également fustigé les informations selon lesquelles le Canada chercherait à conclure de nouveaux accords commerciaux avec la Chine. Selon lui, de tels accords finiraient par « dévorer le Canada tout cru ». C’est dans ce contexte qu’il a lancé son avertissement concernant le sport favori des Canadiens : « La première chose que fera la Chine sera de mettre fin à TOUT le hockey sur glace joué au Canada, et d’éliminer définitivement la Coupe Stanley », a-t-il affirmé, sans toutefois expliquer le mécanisme par lequel cela se produirait.

Exigences financières et colère sur Truth Social

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C’est par le biais d’une tirade colérique sur sa plateforme Truth Social que le président a accusé le Canada de « profiter de l’Amérique ». Il a exigé que le voisin du nord cède aux États-Unis une part de la propriété du pont, menaçant de représailles en cas de refus. Il s’est interrogé publiquement sur les bénéfices de cette infrastructure pour son pays : « Qu’est-ce que les États-Unis d’Amérique y gagnent ? Absolument RIEN ! » a-t-il posté avec virulence.

Donald Trump a posé un ultimatum clair concernant l’avenir de l’ouvrage. « Je ne permettrai pas l’ouverture de ce pont tant que les États-Unis n’auront pas été entièrement dédommagés pour tout ce que nous leur avons donné, et aussi, ce qui est important, tant que le Canada ne traitera pas les États-Unis avec l’équité et le respect que nous méritons », a-t-il écrit, marquant sa volonté de bloquer le projet.

Il a ensuite précisé ses attentes en matière de négociations, réclamant une appropriation immédiate d’une partie de l’infrastructure. « Nous entamerons les négociations IMMÉDIATEMENT. Avec tout ce que nous leur avons donné, nous devrions posséder, peut-être, au moins la moitié de cet actif », a-t-il ajouté, remettant en cause les accords existants entre les deux nations.

Le pont Gordie Howe : un projet financé par le Canada

lanature.ca (image IA)

L’ouvrage au cœur de la polémique porte le nom de Gordie Howe, célèbre joueur de hockey de Détroit et ressortissant canadien. Sa carrière, qui s’est étendue sur plusieurs décennies, principalement avec les Red Wings de Détroit, a été couronnée de tant de succès qu’elle lui a valu le surnom de « Mr Hockey ». Le nouveau pont, en construction depuis 2018, a été entièrement financé par le gouvernement canadien, qui prévoit de récupérer son investissement grâce à la perception des péages.

Ce pont, qui devait symboliser le lien entre deux alliés historiques et partenaires commerciaux, semblait être une affaire conclue jusqu’à ce que les tarifs douaniers et les menaces d’annexion proférés par Trump ne fassent sombrer les relations diplomatiques. Il convient de noter que Manuel Moroun, le propriétaire milliardaire du pont concurrent Ambassador Bridge, avait tenté sans succès d’arrêter la construction de cette nouvelle travée par voie judiciaire.

La structure est conçue pour faciliter les échanges vitaux entre le Michigan et l’Ontario. Pourtant, la rhétorique présidentielle actuelle remet en question l’aboutissement serein de ce chantier titanesque, transformant une infrastructure de transport en un levier de négociation géopolitique complexe.

Réactions vives des élus du Michigan

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Les propos de Donald Trump ont suscité des réprimandes immédiates de la part de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, et d’autres démocrates de cet État des Grands Lacs. Un porte-parole de Mme Whitmer a tenu à rectifier les faits : « Le Canada a financé la construction du pont — qui a été construit par des ouvriers syndiqués des deux côtés de la frontière — et il sera exploité dans le cadre d’un accord de copropriété entre le Michigan et le Canada ». Il a ajouté avec fermeté : « Il ouvrira d’une manière ou d’une autre ».

La sénatrice du Michigan, Elissa Slotkin, a qualifié le pont de « projet d’infrastructure incroyablement important » et a prévenu que toute annulation causerait des dommages « graves » à l’économie de l’État. Elle a exprimé son indignation sur la plateforme X : « Avec cette menace, le Président punit les habitants du Michigan pour une guerre commerciale qu’il a déclenchée ».

De son côté, l’autre sénateur du Michigan, Gary Peters, a qualifié les affirmations de Trump de « complètement à l’envers ». Il a souligné que l’économie de l’État est déjà « hautement intégrée » avec celle du Canada et a rappelé que les habitants du Michigan réclament ce nouveau pont depuis des années, soulignant l’importance locale du projet au-delà des querelles politiques.

Contexte diplomatique et contradictions passées

Debbie Dingell, membre de la Chambre des représentants qui représente Ann Arbor et plusieurs autres villes à l’ouest de Détroit, a souligné une contradiction notable. Elle a rappelé que le pont avait été « négocié par un gouverneur républicain » et que Donald Trump lui-même l’avait approuvé en 2017 lors de son premier mandat. « Nous ne pouvons pas oublier que le Canada est notre ami et allié. Nous devons arrêter ces coups bas… J’ai hâte de couper le ruban », a-t-elle déclaré, appelant à l’apaisement.

Les tensions ne se limitent pas au pont. Dans un discours prononcé à Davos le mois dernier, le Premier ministre canadien Mark Carney a été ovationné pour avoir averti que l’ancien ordre mondial dirigé par les États-Unis était mort et qu’il « ne reviendra pas ». Cette déclaration illustre le fossé grandissant entre les deux nations voisines.

Enfin, le message du président Trump sur Truth Social visait également le boycott de l’alcool américain par l’Ontario. Les spiritueux américains ont été retirés de tous les magasins d’alcools agréés en février dernier sur ordre du gouvernement provincial et n’y sont toujours pas retournés, ajoutant un autre point de friction à une relation bilatérale déjà complexe.

Selon la source : independent.co.uk

Créé par des humains, assisté par IA.

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