JD Vance met en garde les athlètes américains après avoir été hué à la cérémonie d’ouverture
Auteur: Simon Kabbaj
Un accueil hostile à Milan pour le couple vice-présidentiel

La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver à Milan a réservé un accueil particulièrement froid au vice-président américain. JD Vance, accompagné de son épouse Usha, avait fait le déplacement pour soutenir les athlètes de la délégation américaine. Cependant, leur présence dans les tribunes n’est pas passée inaperçue et a déclenché une réaction immédiate et audible de la part d’une partie du public présent dans le stade.
La situation a été captée en direct, soulignée par un commentateur de la chaîne CBC qui n’a pu masquer sa surprise face à l’intensité de la réprobation. Alors que les images montraient le couple, le journaliste a déclaré à l’antenne : « Voici le vice-président, JD Vance… oups… ce ne sont pas… eh, ce sont beaucoup de huées pour lui — des sifflets, des moqueries, quelques applaudissements. » Cette réception mitigée, dominée par les sifflets, a marqué le début d’un séjour diplomatique sous tension.
L’avertissement direct de Vance sur CNN

Face à cet incident, le vice-président n’a pas tardé à réagir en adressant ce que beaucoup interprètent comme une mise en garde aux membres de l’équipe américaine. Sur les ondes de CNN, il a tenu à rappeler le cadre strict de leur mission, résumant sa pensée par une invitation ferme à cesser toute forme de protestation. Il a exhorté les sportifs en ces termes : « Vous êtes là pour pratiquer un sport, et vous êtes là pour représenter votre pays et, espérons-le, gagner une médaille. »
JD Vance a poursuivi en traçant une ligne rouge concernant l’expression des opinions personnelles durant la compétition. Il a déclaré sans détour : « Vous n’êtes pas là pour vous répandre sur la politique. » Tout en reconnaissant la récurrence de ce phénomène, il a ajouté avec un certain fatalisme : « Oui, vous allez avoir des athlètes olympiques qui se répandent sur la politique. J’ai l’impression que cela arrive à chaque Jeux Olympiques. »
Solidarité nationale et arène politique
Au-delà de la simple mise en garde, le vice-président a formulé un appel à l’unité nationale, demandant aux athlètes de dépasser les clivages partisans. Il a précisé sa pensée en expliquant : « Mon conseil pour eux serait d’essayer de rassembler le pays, et quand vous représentez le pays, vous représentez les Démocrates et les Républicains. » Il a toutefois prévenu que l’engagement public entraînait des conséquences inévitables.
S’adressant à d’autres journalistes, il a souligné que « lorsque les athlètes olympiques entrent dans l’arène politique, ils doivent s’attendre à une certaine résistance ». Il a insisté sur la méthode appropriée selon lui pour incarner la nation à l’étranger : « La façon de rassembler le pays n’est pas de se présenter dans un pays étranger et d’attaquer le Président… mais c’est de pratiquer votre sport. »
JD Vance a tenu à nuancer son propos en s’adressant à la majorité silencieuse de la délégation. Il a affirmé qu’en ce qui concerne ceux qui ne manifestaient pas, « la plupart des athlètes olympiques, quelle que soit leur politique, font un excellent travail », assurant qu’ils « bénéficient certainement du soutien du pays tout entier ».
Le malaise palpable de certains athlètes
Ces déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs sportifs ont exprimé leur conflit intérieur à l’idée de représenter les États-Unis actuellement. C’est notamment le cas du curleur Richard Ruohonen, originaire du Minnesota, un État où de nombreuses descentes de l’ICE (services de l’immigration) ont été menées récemment. Ce contexte local pèse lourdement sur sa perception de l’événement.
Richard Ruohonen a partagé son sentiment sans ambiguïté : « Ce qui se passe au Minnesota est mal. Il n’y a pas de nuances de gris. Nous aimons notre pays. Nous jouons pour l’équipe USA. Ce que les Jeux Olympiques signifient, c’est l’excellence, le respect, l’amitié. Nous jouons pour les gens à travers le pays qui montrent cela, partagent ces mêmes valeurs, cette compassion, cet amour et ce respect. »
D’autres voix se sont élevées pour faire écho à ce malaise. Ailleurs, le skieur Hunter Hess a confié sobrement mais clairement son état d’esprit : « Cela suscite des émotions mitigées de représenter les États-Unis en ce moment. »
La contre-attaque de Donald Trump

La simple remarque de l’athlète exprimant ses émotions mitigées a provoqué une réaction directe du président Donald Trump. Sur sa plateforme Truth Social, il a riposté en qualifiant l’athlète de « vrai Perdant » (real Loser), fidèle à sa rhétorique habituelle sur les réseaux sociaux. Cette attaque personnelle marque une escalade dans la tension entre l’exécutif et certains membres de la délégation.
Parallèlement, Donald Trump a exprimé sa surprise face aux nouvelles concernant les huées essuyées par son vice-président à Milan. S’adressant aux journalistes, il a tenté de minimiser l’incident tout en défendant son colistier : « C’est surprenant parce que les gens l’aiment bien. Eh bien, je veux dire, il est dans un pays étranger, en toute justice. Mais il ne se fait pas huer dans ce pays. »
La position diplomatique du CIO
Avant même le début de la cérémonie, Kirsty Coventry, membre du CIO, avait exhorté les participants à utiliser la cérémonie d’ouverture « comme une opportunité d’être respectueux les uns envers les autres ». Malgré les remous, l’organisation olympique s’efforce de maintenir des relations cordiales avec l’administration américaine, notamment en vue des futures échéances sportives.
Mark Adams, porte-parole du CIO, a souligné l’importance de cette collaboration : « Ce que je dirais du point de vue du CIO, c’est qu’avec les prochains Jeux à venir à Los Angeles, nous sommes super heureux que l’administration américaine soit si engagée avec les Jeux ici et pour l’avenir. C’est une excellente chose pour le mouvement olympique. »
Il a conclu en insistant sur l’aspect purement sportif de l’événement : « Nous sommes largement une organisation sportive et voir l’équipe américaine applaudie comme elle l’a été par le public, fair-play, c’était fantastique, donc très heureux. En général, lors d’événements sportifs, nous aimons voir le fair-play, mais en termes d’avoir une bonne relation avec l’administration, c’est une bonne nouvelle pour nous. »
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