Groenland : Les ambitions persistantes de Donald Trump inquiètent toujours Copenhague
Auteur: Adam David
Une convoitise américaine qui ne faiblit pas
La question de la souveraineté du Groenland revient sur le devant de la scène diplomatique internationale. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui s’est tenue ce week-end, la première ministre danoise Mette Frederiksen a partagé son analyse de la situation. Selon elle, le président américain Donald Trump « désire » toujours s’emparer de ce territoire autonome danois.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les regards sont tournés vers les intentions de la Maison-Blanche concernant l’Arctique. La cheffe du gouvernement danois n’a pas caché son pessimisme quant à un changement d’attitude du président américain. Elle a ainsi affirmé samedi : « Malheureusement, je crois que [son] désir reste le même ».
Le Groenland, île immense et stratégique située entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique, semble donc rester une cible privilégiée pour l’administration américaine. Les propos de Mette Frederiksen confirment que le dossier est loin d’être clos aux yeux de Copenhague, malgré le temps écoulé depuis les premières manifestations d’intérêt de Donald Trump.
Tensions transatlantiques et tentatives d’apaisement
Depuis son retour à la Maison-Blanche il y a maintenant un an, Donald Trump a réitéré à plusieurs reprises son souhait de prendre le contrôle du Groenland. Pour justifier cette ambition territoriale, le président américain invoque principalement des questions de sécurité nationale. Cette posture n’est pas sans conséquences diplomatiques : les déclarations belliqueuses du magnat de l’immobilier ont suscité de fortes tensions entre l’Union européenne et les États-Unis.
Toutefois, une tentative de désescalade a eu lieu le mois dernier. Donald Trump est revenu sur ses menaces après avoir trouvé un terrain d’entente avec Mark Rutte, le chef de l’OTAN. Les deux hommes se sont entendus sur un « cadre » de négociation spécifique.
Cet accord de principe a pour objectif d’offrir aux États-Unis une plus grande influence sur ce territoire arctique, sans pour autant céder sur la question de la souveraineté. Cette manœuvre visait à calmer le jeu tout en répondant partiellement aux exigences stratégiques américaines dans la région.
La vigilance reste de mise pour le Danemark
Malgré les récents accords et les discussions en cours, la méfiance règne toujours du côté danois. Lors d’une discussion consacrée à la sécurité arctique, Mette Frederiksen a tenu à dissiper tout malentendu sur la fin supposée des ambitions américaines. Elle a insisté sur la persistance du problème avec une grande franchise.
Répondant aux interrogations générales sur l’état du dossier, la première ministre a déclaré : « Tout le monde nous demande si nous pensons que c’est fini ? Non, nous ne pensons pas que ce soit fini ». Une phrase qui souligne que le Danemark reste sur ses gardes face à son allié américain.
Cette lucidité affichée par Copenhague montre que les accords cadres, s’ils permettent de gagner du temps ou d’apaiser les tensions immédiates, ne règlent pas le fond du problème. La volonté d’expansion ou de contrôle accru des États-Unis sur le Groenland est perçue comme une constante de la politique étrangère de l’actuelle administration Trump.
Une pression jugée inacceptable par Nuuk et Copenhague
La position du Danemark est soutenue sans réserve par le gouvernement local du Groenland. Mette Frederiksen et son homologue groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, ont fait front commun pour dénoncer la méthode américaine. Ensemble, ils ont souligné que la pression exercée sur les Groenlandais était tout simplement « inacceptable ».
Néanmoins, le dialogue n’est pas rompu. Jens-Frederik Nielsen a tenu à nuancer le tableau en notant des évolutions dans les échanges bilatéraux. Il a ainsi affirmé que « quelques pas » avaient été faits « dans la bonne direction », suggérant une légère amélioration du climat diplomatique.
Pour structurer ces échanges délicats, un groupe de travail tripartite a été mis sur pied. Il réunit des représentants du Groenland, du Danemark et des États-Unis. Sa mission est de discuter des préoccupations américaines concernant ce territoire autonome, bien que les détails précis de ces réunions ne soient pas rendus publics pour le moment.
Des lignes rouges à ne pas franchir
Les propos rapportés de la première ministre danoise ont été tenus vendredi, à la suite d’une rencontre diplomatique importante en marge de la Conférence de Munich. Mette Frederiksen et Jens-Frederik Nielsen se sont entretenus pendant une quinzaine de minutes avec Marco Rubio, le secrétaire d’État américain.
À l’issue de cet entretien, qualifié de « constructif » par Mme Frederiksen, cette dernière a évoqué l’existence du nouveau canal de discussion tout en posant des limites claires. Elle a déclaré : « Nous avons maintenant un groupe de travail. Nous essayerons de voir si nous pouvons trouver une solution. […] Mais bien sûr, il y a des lignes à ne pas franchir ».
Cette mise en garde finale rappelle que si le Danemark et le Groenland sont ouverts à la discussion pour accommoder certaines demandes sécuritaires, l’intégrité territoriale et la souveraineté du Groenland ne sont pas négociables. La diplomatie continue, mais la fermeté reste le mot d’ordre face aux appétits de Washington.
Selon la source : journaldemontreal.com
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