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Les humains possèdent une troisième dentition : un nouveau traitement pourrait en stimuler la croissance
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’inspiration venue des requins

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Une fraction de ce qui rend les requins si intrigants réside dans leur capacité fascinante à faire repousser leurs dents indéfiniment. Bien qu’un groupe de chercheurs japonais ne prétende pas que nous devrions essayer de ressembler le plus possible à des squales, ils aimeraient que nous puissions, peut-être un jour, partager cette même faculté biologique.

Cette ambition scientifique, qui semblait relever de la science-fiction, se concrétise progressivement. Une étude menée au Japon a démontré comment le ciblage de gènes spécifiques pouvait permettre la repousse des dents chez les animaux. Aujourd’hui, l’équipe a franchi une étape décisive en se tournant vers un essai clinique sur l’homme.

En ciblant le gène USAG-1, les chercheurs sont convaincus qu’ils peuvent aider les personnes dépourvues d’une dentition complète à faire repousser leurs dents. Si tout se passe comme prévu lors des phases de test, le monde pourrait bénéficier de cette avancée médicale dès 2030.

Des souris aux premiers succès génétiques

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Le projet s’appuie sur une étude fondamentale de 2021, publiée dans la revue Scientific Reports. Ces travaux avaient mis en lumière comment un médicament ciblant la protéine synthétisée par le gène USAG-1 pouvait avoir un impact direct sur le nombre de dents qui poussent chez les animaux.

Les chercheurs ont découvert que la protéine USAG-1 pouvait limiter la croissance des dents chez les souris. Par conséquent, s’assurer que cette protéine ne se forme pas pourrait potentiellement inviter les dents à pousser. L’équipe a alors développé un médicament pour bloquer cette protéine et a permis avec succès aux souris de faire pousser de nouvelles dents.

Forts de cette réussite animale, l’équipe a tourné son attention vers les humains. En 2024, ils ont lancé un essai clinique de ce médicament, marquant le passage de la théorie à l’expérimentation concrète sur notre propre espèce.

Le rêve d’une vie pour Katsu Takahashi

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À la tête de ce projet ambitieux se trouve Katsu Takahashi, chercheur principal et chef du département de dentisterie et de chirurgie orale à l’Hôpital de l’Institut de Recherche Médicale Kitano à Osaka. Pour lui, ce projet est l’aboutissement de décennies de travail acharné.

Il a confié ses espoirs au journal Mainichi : « L’idée de faire pousser de nouvelles dents est le rêve de tout dentiste. Je travaille là-dessus depuis que je suis étudiant en cycle supérieur. J’étais confiant que je serais capable de le réaliser. » Sa vision dépasse la simple réparation ; il envisage une transformation des soins dentaires modernes.

Katsu Takahashi a passé des années à rechercher le potentiel de repousse des dents, en se concentrant spécifiquement sur le rôle des gènes dans ce processus. Il a déclaré au média japonais : « Le nombre de dents variait à travers la mutation d’un seul gène. Si nous faisons de cela la cible de nos recherches, il devrait y avoir un moyen de changer le nombre de dents [que les gens ont]. » Il ajoute : « Nous espérons voir une époque où le médicament pour la repousse des dents sera un troisième choix aux côtés des dentiers et des implants. »

Un troisième jeu de dents en attente

L’équipe scientifique affirme que les humains possèdent un troisième jeu de dents disponible sous forme de bourgeons, prêts à pousser si nécessaire. Selon Takahashi, cet espoir devrait être encouragé par le fait que nous sommes déjà « pré-chargés » avec ce point de départ biologique.

Il a expliqué que ses recherches précédentes montrent que les humains ont le début d’un troisième jeu de dents déjà encastré dans leur bouche. Ce phénomène est visible de la manière la plus évidente chez les 1 % d’humains atteints d’hyperdontie, c’est-à-dire la croissance de plus d’un jeu complet de dents.

Takahashi pense qu’activer ce troisième jeu de bourgeons avec la manipulation génétique adéquate pourrait promouvoir la repousse des dents. Cette approche offre une lueur d’espoir, notamment pour environ 1 % des humains souffrant d’anodontie, une condition génétique qui ne permet pas à un jeu complet de dents de pousser. L’espoir de repousse dentaire chez l’homme s’étend donc bien au-delà des essais centrés sur les souris.

Une percée médicale imminente

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La communauté scientifique commence à reconnaître l’ampleur de cette avancée. Un article de 2023 publié dans Regenerative Therapy déplore le manque de traitements disponibles pour la repousse des dents, mais souligne comment le traitement par anticorps anti-USAG-1 chez les souris pourrait offrir « une percée dans le traitement des anomalies dentaires chez l’homme ».

Alors que les essais cliniques ont débuté en 2024, le calendrier est désormais fixé. Les chercheurs espèrent avoir le médicament prêt pour une utilisation générale en 2030. Si tout se passe bien lors de cet essai clinique, le monde pourrait avoir plus de dents dans un avenir très proche.

Cette innovation pourrait redéfinir la médecine dentaire telle que nous la connaissons, offrant une alternative biologique aux prothèses artificielles. La décennie en cours sera déterminante pour valider cette thérapie révolutionnaire.

Selon la source : popularmechanics.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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