Démence : un type spécifique d’entraînement cérébral pourrait réduire les risques, selon une étude de 20 ans
Auteur: Mathieu Gagnon
Une nouvelle perspective sur la prévention cognitive

Lorsqu’il s’agit de réduire le risque de démence, l’alimentation et les habitudes de vie sont souvent les premières solutions qui viennent à l’esprit. Toutefois, une nouvelle recherche suggère qu’une autre stratégie pourrait s’avérer tout aussi puissante pour protéger votre cerveau. Une étude récente indique en effet que l’entraînement cognitif peut réduire le risque de démence.
Dans une étude publiée récemment, portant sur une période de 20 ans et concernant des adultes âgés de 65 ans et plus, les chercheurs ont découvert que certains types d’entraînement cognitif peuvent aider à retarder le diagnostic de la maladie d’Alzheimer et des démences apparentées. Il s’agit de la première étude à examiner les liens à long terme entre l’entraînement cérébral et le risque de démence. L’entraînement cognitif et des habitudes saines peuvent ainsi réduire ce risque et soutenir la santé cérébrale.
Sur les trois approches étudiées — la vitesse de traitement, la mémoire et le raisonnement — seule l’entraînement à la vitesse de traitement a été lié à un risque significativement plus faible de diagnostic de démence. Les références complètes de ces travaux sont les suivantes : Coe NB, Miller KEM, Sun C, et al. Impact of cognitive training on claims-based diagnosed dementia over 20 years: evidence from the ACTIVE study. Alzheimer’s Dement. 2016;12:e70197. doi: 10.1002/trc2.70197.
Le cadre de l’étude ACTIVE : une première historique

Si des recherches antérieures ont suggéré que certaines interventions liées au mode de vie ou aux capacités cognitives pouvaient aider à réduire le risque de démence, la plupart de ces études étaient généralement d’une durée plus courte ou de nature observationnelle. Cette nouvelle étude se distingue comme étant le premier essai clinique randomisé à grande échelle examinant si l’entraînement cognitif est lié au risque de démence sur une période de 20 ans, ce qui en fait l’enquête la plus longue et la plus rigoureuse de ce type à ce jour.
L’étude intitulée « Advanced Cognitive Training for Independent and Vital Elderly » (ACTIVE) était un essai contrôlé randomisé à quatre bras. Cela signifie que les participants ont été assignés au hasard à l’un des quatre groupes afin de tester différents types d’entraînement cognitif et de permettre aux chercheurs de comparer équitablement leurs effets sur la santé cérébrale. L’étude a inclus 2 021 adultes âgés de 65 ans et plus, provenant de six zones métropolitaines.
Le recrutement des participants s’est déroulé entre 1998 et 1999. Après des tests de base, ils ont été répartis aléatoirement dans l’un des quatre groupes. Les groupes comprenaient l’entraînement à la vitesse de traitement, l’entraînement à la mémoire, l’entraînement au raisonnement et un groupe de contrôle sans contact.
Le protocole : sessions initiales et rappels stratégiques

Au cours de cinq à six semaines, les participants des trois groupes d’entraînement ont assisté à jusqu’à 10 sessions, durant chacune de 60 à 75 minutes, en petits groupes. Les chercheurs ont continué à suivre les participants qui avaient complété au moins huit des dix sessions initiales. Ces participants ont été assignés à nouveau de manière aléatoire pour recevoir des sessions de rappel (boosters) à 11 et 35 mois après le début de l’étude, le suivi se poursuivant jusqu’en 2019. Chaque rappel comprenait jusqu’à quatre sessions de 75 minutes.
Pour examiner les effets de l’entraînement cognitif, les chercheurs ont comparé les résultats à ceux du groupe de contrôle sans contact. Ils ont également analysé si le fait de recevoir des sessions de rappel influençait les résultats et si l’âge au début de l’étude jouait un rôle. L’analyse a pris en compte plusieurs facteurs susceptibles d’influencer le risque de démence afin d’ajuster les résultats.
Ces facteurs d’ajustement incluaient la déficience cognitive de base, les limitations fonctionnelles, la maladie d’Alzheimer autodéclarée, un accident vasculaire cérébral récent, certains cancers, une chimiothérapie ou une radiothérapie en cours, ainsi que les difficultés de vision, d’audition ou de communication qui auraient pu interférer avec l’entraînement.
Les résultats : pourquoi la vitesse de traitement se distingue

Qu’a trouvé l’étude ? Les résultats ont montré que seuls les participants ayant complété l’entraînement à la vitesse de traitement et reçu ultérieurement des sessions de rappel ont connu un taux de diagnostic de démence inférieur de 25 %. En revanche, l’entraînement à la mémoire et au raisonnement n’a pas réduit de manière significative le risque de diagnostic de démence.
L’entraînement à la vitesse différait de l’entraînement à la mémoire ou au raisonnement car le niveau de difficulté s’adaptait à la performance de chaque participant au fil du temps. Cet entraînement impliquait des exercices sur ordinateur qui mettaient progressivement les participants au défi d’identifier rapidement des cibles visuelles au centre et sur les bords d’un écran, à mesure que les tâches devenaient plus rapides et plus complexes.
De plus, les chercheurs ont noté que l’entraînement à la vitesse se concentrait sur l’amélioration à la fois du traitement visuel et de l’attention — autrement appelée attention divisée. Une raison possible de cette différence de résultats est que les programmes de mémoire et de raisonnement se concentraient sur l’enseignement de stratégies spécifiques pour améliorer la performance, tandis que l’entraînement à la vitesse reposait sur la pratique répétée sans instructions explicites. Cette distinction peut avoir son importance lorsqu’il s’agit de renforcer la pensée automatique et inconsciente.
Application concrète : au-delà de l’entraînement seul

Comment cela s’applique-t-il à la vie réelle ? Si vous cherchez à réduire votre risque de démence, l’entraînement cognitif peut être une pièce du puzzle. Cependant, l’étude ne suggère pas que l’entraînement cognitif seul réduira votre risque de démence. En fait, le déclin cognitif est influencé par de nombreux facteurs.
Une approche combinée ciblant plusieurs facteurs de risque modifiables — incluant l’activité physique, la santé cardiovasculaire et l’engagement cognitif — peut fonctionner de concert pour aider à ralentir le déclin. Voici quelques moyens pratiques d’intégrer davantage d’habitudes saines pour le cerveau dans votre routine quotidienne :
- Faites de l’exercice régulièrement. Visez 150 minutes d’exercice aérobique modéré par semaine.
- Soutenez la santé cardiaque et cérébrale par l’alimentation. Concentrez-vous sur des aliments complets riches en fibres, en protéines et en graisses saines, ainsi que sur des légumes et des fruits colorés — tous des composants clés du régime MIND.
- Sollicitez votre cerveau. Envisagez des programmes d’entraînement cognitif sur ordinateur quelques fois par semaine, ainsi que des activités sociales et intellectuellement stimulantes.
- Restez à jour sur les soins préventifs. Programmez des bilans réguliers (environ tous les six mois) pour surveiller la pression artérielle, le poids et les résultats de laboratoire.
Le point de vue des experts

Une nouvelle étude publiée dans Translational Research & Clinical Interventions suggère qu’un type spécifique d’entraînement cognitif — axé sur la vitesse, l’attention divisée et des tâches progressivement difficiles — peut aider à retarder le diagnostic de la maladie d’Alzheimer et des démences apparentées.
Les conclusions suggèrent que quelques semaines seulement d’entraînement cognitif structuré pourraient avoir des bénéfices durables pour la santé cérébrale. Bien que davantage de recherches soient nécessaires, il s’agit d’une possibilité encourageante indiquant que des outils simples et accessibles pourraient aider à retarder le diagnostic de démence et à préserver l’indépendance et la qualité de vie à mesure que nous vieillissons.
Selon la source : eatingwell.com
Créé par des humains, assisté par IA.