Hillary Clinton accuse Donald Trump après les révélations sur les dossiers Jeffrey Epstein et les photos de Bill Clinton
Auteur: Simon Kabbaj
Une prise de parole attendue depuis Berlin

Hillary Clinton a rompu le silence concernant la très médiatisée affaire Epstein, réagissant directement à la mention de son mari, Bill Clinton, dans les documents récemment dévoilés. L’ancienne candidate à la présidentielle, battue par Donald Trump en 2016, s’est exprimée lors d’un entretien accordé à la BBC à Berlin, où elle participait au World Forum. Cette intervention survient alors que des millions de documents issus de la succession du pédophile condamné Jeffrey Epstein ont été rendus publics, impliquant de nombreuses figures influentes.
Parmi les noms cités dans ces archives figurent ceux de l’ancien président américain Bill Clinton ainsi que celui de Donald Trump. Il est important de préciser, comme le rappelle le contexte juridique de l’affaire, que le simple fait d’être nommé dans les dossiers Epstein n’indique pas nécessairement une culpabilité ou un acte répréhensible. Cependant, des photos de Bill Clinton figurant dans les dossiers du ministère de la Justice ont ravivé l’attention médiatique sur le couple.
C’est dans ce contexte tendu que l’ancienne Secrétaire d’État a choisi de s’exprimer, formulant de lourdes accusations contre l’administration Trump. Elle reproche notamment à cette dernière sa gestion de la divulgation des documents, estimant que la focalisation sur sa famille relève d’une stratégie politique délibérée plutôt que d’une recherche de vérité factuelle.
La théorie du « miroir aux alouettes »

Hillary Clinton affirme qu’elle et son mari sont ciblés de manière disproportionnée dans le but précis de détourner l’attention des agissements de Donald Trump. Selon elle, cette manœuvre vise à créer une distraction médiatique. Elle a illustré son propos avec une métaphore directe : « Regardez cet objet qui brille », a-t-elle déclaré, suggérant une technique de diversion. Elle a poursuivi en déplorant la situation : « Nous allons avoir les Clinton, même Hillary Clinton, qui n’a jamais rencontré ce type. »
Au-delà de la défense de sa propre image, Madame Clinton a accusé l’administration Trump de tenter de « dissimuler » le contenu réel des dossiers. Elle critique ouvertement la lenteur de la procédure de publication, y voyant une volonté d’obstruction. « Sortez les dossiers. Ils traînent les pieds », a-t-elle martelé lors de son interview, appelant à une transparence totale et immédiate.
Ces déclarations marquent une offensive directe contre le camp républicain, suggérant que les révélations actuelles sont instrumentalisées politiquement. L’ancienne Première dame insiste sur le fait que son absence de lien avec Jeffrey Epstein devrait l’exonérer de cette tempête médiatique, qu’elle considère comme une manipulation de l’opinion publique orchestrée par ses adversaires.
Bras de fer avec le Congrès et menace d’outrage

Cette sortie médiatique intervient alors que les époux Clinton ont finalement accepté de témoigner dans le cadre d’une enquête du Congrès sur l’affaire Epstein. Cette décision fait suite à une motion déposée par la Chambre des représentants visant à les déclarer coupables d’outrage au Congrès. En effet, le projet de loi initial proposait de sanctionner Bill et Hillary Clinton en raison de leur refus initial de comparaître devant la commission de surveillance de la Chambre (House Oversight Committee).
Le président républicain de cette commission, James Comer, a vivement critiqué le couple, les accusant de « retarder » la procédure. La pression législative s’est donc intensifiée ces dernières semaines, poussant les Clinton à revoir leur position concernant leur participation à cette enquête parlementaire.
Face à cette menace juridique et politique, l’accord pour témoigner semble être une tentative de désamorcer la situation. La perspective d’une condamnation pour outrage au Congrès a sans doute accéléré les négociations entre les avocats du couple et les représentants de la commission, aboutissant à la fixation de dates précises pour leurs auditions respectives.
Les conditions du témoignage et la date fixée
Hillary Clinton témoignera le 26 février, et son mari Bill Clinton lui succédera le lendemain, le 27 février. S’adressant à la BBC, l’ancienne candidate démocrate a précisé ses attentes concernant ces auditions : « Nous nous présenterons, mais nous pensons qu’il serait préférable que cela se passe en public. » Elle a insisté sur la nécessité d’un traitement équitable : « Je veux juste que ce soit juste. Je veux que tout le monde soit traité de la même manière. »
Elle a également réitéré sa volonté de transparence, rejetant l’idée qu’ils auraient des informations à dissimuler. « Nous n’avons rien à cacher. Nous avons demandé à plusieurs reprises la publication complète de ces dossiers », a-t-elle affirmé, avant d’ajouter une formule imagée pour souligner sa position : « Nous pensons que la lumière du soleil est le meilleur désinfectant. »
Ces auditions s’annoncent comme un moment charnière de l’enquête parlementaire. La demande de publicité des débats formulée par Hillary Clinton indique une volonté de prendre l’opinion publique à témoin, probablement pour contrer les accusations de dissimulation portées par le camp républicain et pour présenter sa propre version des faits sans filtre.
La réplique de Donald Trump et de son administration

Donald Trump n’a pas tardé à réagir aux commentaires d’Hillary Clinton. Interrogé sur le sujet, il a maintenu sa ligne de défense habituelle : « J’ai été disculpé. Je n’ai rien eu à voir avec Jeffrey Epstein. Ils y sont allés en espérant trouver quelque chose, et ils ont trouvé exactement le contraire. » L’ancien président rejette en bloc toute implication, retournant l’argument de l’enquête contre ses instigateurs.
Le département de la Justice des États-Unis (DoJ) a, par le passé, publié une déclaration répondant aux allégations visant Donald Trump. Le communiqué précisait : « Certains documents contiennent des affirmations fausses et sensationnalistes contre Trump qui ont été soumises au FBI juste avant l’élection de 2020. » Le DoJ ajoutait : « Pour être clair, les affirmations sont infondées et fausses et si elles avaient la moindre crédibilité, elles auraient certainement déjà été utilisées comme une arme contre Trump. »
De son côté, la Maison Blanche a également émis une déclaration pour défendre le bilan de l’administration républicaine sur ce dossier. Le texte affirme : « En publiant des milliers de pages de documents, en coopérant avec la demande d’assignation de la commission de surveillance de la Chambre, et avec le président Trump appelant récemment à des enquêtes plus approfondies sur les amis démocrates d’Epstein, l’administration Trump a fait plus pour les victimes que les démocrates ne l’ont jamais fait. »
Créé par des humains, assisté par IA.