Pope Leo XIV répond fermement à l’invitation de Donald Trump de rejoindre le « Board of Peace »
Auteur: Simon Kabbaj
Une fin de non-recevoir venue du Vatican

Le président Donald Trump a essuyé un refus catégorique de la part du Pape Léon XIV concernant son invitation à rejoindre le nouveau « Conseil de la Paix ». L’ancien président américain s’active depuis la fin de l’année dernière sur divers plans de pacification, cherchant notamment à mettre en place une structure capable de stopper le conflit à Gaza, une initiative qui a reçu un certain soutien de la part des Nations Unies.
Ce projet, piloté par Donald Trump lui-même ainsi que par de hauts responsables américains, ne comptera toutefois pas de représentant du Saint-Siège dans ses rangs. Selon un haut responsable du Vatican, le souverain pontife a brutalement rejeté l’invitation à y participer. Ce refus s’inscrit dans une continuité, le Pape Léon XIV ayant longtemps été critique vis-à-vis des politiques menées par Donald Trump.
Cette absence de participation du Vatican intervient alors que le Conseil de la Paix vise à superviser la reconstruction et la stabilisation de Gaza. L’initiative, qui s’appuie sur une structure de surveillance comprenant un conseil exécutif et des conseillers principaux, a tenu une réunion le 19 février dernier. D’après Donald Trump, cet événement a permis de récolter 5 millions de dollars de promesses de dons.
Une initiative américaine pour la reconstruction de Gaza

L’initiative américaine visant à mettre fin à la guerre à Gaza repose sur un plan de paix de 20 pages. Ce document a été élaboré en collaboration avec de multiples nations, parmi lesquelles figurent le Qatar, l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Turquie, le Pakistan et l’Indonésie. L’objectif affiché est de fournir une surveillance stratégique et de mobiliser les ressources nécessaires pour permettre à Gaza de se reconstruire et de redevenir une nation stable.
Ce Conseil, présidé par Donald Trump, se veut l’organe central de cette démarche. Il s’agit d’une structure complexe conçue pour gérer l’après-conflit. Cependant, la prédominance américaine dans la gestion de ce dossier suscite des réserves au plus haut niveau de la diplomatie vaticane, qui s’interroge sur la pertinence d’une telle direction pour une crise de cette envergure.
Le Secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, aurait révélé, selon l’Independent, que le Pape nourrissait des inquiétudes spécifiques quant à la structure même du Conseil. La préoccupation principale réside dans le fait que les États-Unis soient l’organisme principal chargé de gérer des situations de crise internationale, comme celle que traverse actuellement Gaza.
La primauté de l’ONU défendue par le Saint-Siège

La position du Vatican a été clarifiée par le cardinal Pietro Parolin. S’adressant aux journalistes, le Secrétaire d’État du Saint-Siège a souligné que la gestion de telles crises ne devrait pas incomber aux États-Unis, mais plutôt aux institutions multilatérales existantes. Il a plaidé pour que le leadership soit assuré par les Nations Unies.
Le cardinal a exprimé cette position sans ambiguïté. Rapporte par Reuters, il a déclaré : « Au niveau international, ce devrait être avant tout l’ONU qui gère ces situations de crise ». Cette déclaration met en lumière la divergence de vues entre l’approche unilatérale ou restreinte proposée par l’initiative américaine et la vision multilatérale défendue par l’Église catholique.
Le refus du Pape ne constitue donc pas une surprise totale pour les observateurs, compte tenu de ses positions antérieures et de sa préférence pour les cadres diplomatiques traditionnels. Le Vatican n’est d’ailleurs pas la seule entité à avoir décliné l’offre. Bien qu’environ 60 pays aient été invités avant la réunion sur la restructuration du leadership à Gaza, seul un nombre limité d’entre eux a formellement rejoint le Conseil.
Une composition hétéroclite de personnalités influentes

Malgré les refus, le Conseil de la Paix a officialisé la présence de plusieurs personnalités de premier plan. À ce jour, la liste des membres comprend le Secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Le secteur économique est également représenté par Marc Rowan, PDG d’Apollo Global Management, et Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale.
L’entourage proche de Donald Trump joue aussi un rôle clé dans cette organisation. On y retrouve Robert Gabriel Jr., conseiller adjoint à la sécurité nationale des États-Unis, ainsi que Jared Kushner, le gendre de l’ancien président. Ces nominations confirment l’empreinte très américaine de la structure, en dépit de sa vocation internationale.
Donald Trump affiche une confiance absolue dans le potentiel de cette organisation. Le 15 février, il écrivait sur la plateforme Truth Social : « Le Conseil de la Paix se révélera être l’organisme international le plus important de l’Histoire, et c’est mon honneur de servir en tant que président ».
Invitations controversées et adhésions confirmées

La liste des invités au Conseil a soulevé des inquiétudes notables, en particulier concernant la sollicitation de dirigeants internationaux impliqués dans des conflits majeurs. Parmi les personnalités invitées figurent Vladimir Poutine, le président russe, engagé dans une guerre avec l’Ukraine depuis 2022. De même, Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, dont le pays est engagé dans une guerre invasive avec la Palestine depuis des décennies, a été sollicité.
Ces invitations ont suscité des interrogations sur la neutralité et l’efficacité potentielle du Conseil, compte tenu de l’implication directe de ces leaders dans les crises actuelles. La présence potentielle de belligérants au sein même de l’organe censé promouvoir la paix ajoute une complexité diplomatique à l’initiative.
Toutefois, malgré ces controverses et les refus enregistrés, certains pays ont choisi de s’associer au projet. L’Arménie, l’Égypte et les Émirats arabes unis ont tous rejoint le programme, pariant sur le potentiel de paix que pourrait offrir cette nouvelle structure dirigée par Washington.
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