Un investissement massif pour l’avenir du Jardin botanique
Le paysage financier et architectural du Jardin botanique de Montréal s’apprête à connaître une transformation majeure. Lundi dernier, le conseil municipal de la Ville de Montréal a franchi une étape décisive en adoptant un nouveau règlement d’emprunt d’un montant substantiel de 140 millions de dollars. Cette enveloppe budgétaire est spécifiquement fléchée pour le remplacement intégral des serres de production, une infrastructure vitale mais souvent invisible pour le grand public.
Cet investissement s’inscrit dans une séquence financière plus large entamée à la fin de l’année précédente. En effet, en décembre 2024, les élus montréalais avaient déjà validé un premier règlement d’emprunt de 150 millions de dollars. Ce premier volet visait, quant à lui, la construction de nouvelles serres d’exposition, marquant ainsi une volonté de refonte globale des installations.
Il est essentiel de distinguer les deux types d’infrastructures concernées par ces fonds. Comme le précise le site d’Espace pour la vie, les serres d’exposition sont celles que les visiteurs parcourent tout au long de l’année. À l’inverse, les serres de production, objet du vote de lundi, opèrent en coulisses. Elles sont dédiées à la culture de végétaux destinés aux événements saisonniers, ainsi qu’à la production de plantes annuelles et de légumes.
Des infrastructures vieillissantes sous haute surveillance
La décision d’investir massivement découle d’un constat alarmant sur l’état physique des lieux. Des audits techniques rigoureux, menés successivement en 2021 et 2022, ont mis en lumière une dégradation majeure des infrastructures existantes. La situation est devenue critique au point que l’ensemble des serres a dû être fermé durant plusieurs mois, au cours des années 2024 et 2025, en raison de leur vétusté avérée.
Gabrielle Rousseau-Bélanger, conseillère de la Ville dans le district de Pointe-aux-Trembles et responsable au comité exécutif de l’environnement, de la transition écologique et des espaces verts, revient sur cette période difficile. Elle souligne la nécessité des mesures prises par le passé : « Il y avait eu à l’époque des interventions d’urgence dans les serres en raison de l’état de décrépitude avancé ».
Le parc immobilier concerné est vaste et hétéroclite. Selon les données fournies par la Ville de Montréal, le complexe compte une quarantaine d’unités distinctes, érigées à différentes époques par divers constructeurs. Au total, ces installations couvrent une superficie impressionnante de 11 000 mètres carrés, rendant la gestion de leur vieillissement particulièrement complexe.
Reconstruction : le choix de la raison et de l’écologie
Face à l’ampleur des dégradations, la Ville s’est trouvée à la croisée des chemins : fallait-il tenter de sauver l’existant ou repartir à neuf ? La documentation municipale est formelle sur ce point. Des travaux de restauration classiques « ne permettraient pas d’améliorer l’efficacité énergétique ni de régler les problèmes structuraux importants » dont souffrent les serres actuelles. L’option de la reconstruction s’est donc imposée comme la seule viable.
Gabrielle Rousseau-Bélanger justifie ce choix stratégique en s’appuyant sur les conclusions des experts. Elle précise : « Ce qui ressortait des études, c’est que ça allait coûter plus cher et être moins écologique de rénover les serres existantes et que c’était beaucoup plus avantageux de les reconstruire ». Cette approche vise à éviter un gouffre financier que représenterait le maintien sous perfusion de bâtiments obsolètes.
Le calendrier de ce chantier titanesque est désormais fixé. La Ville de Montréal prévoit que les travaux nécessaires à la construction de ces nouvelles serres s’étaleront sur une période de trois ans, débutant en 2030 pour s’achever en 2033. Une planification à long terme qui reflète la complexité logistique du projet.
Un patrimoine scientifique et économique inestimable
Au-delà de la simple structure de verre et d’acier, c’est la mission scientifique de l’institution qui est en jeu. Les serres abritent un patrimoine vivant d’une rareté exceptionnelle. Comme l’explique Mme Rousseau-Bélanger : « Les serres de production et d’exposition du Jardin botanique ont une valeur de recherche immense. Ce sont beaucoup de recherches scientifiques qui sont faites par rapport à des espèces et des collections qui sont inestimables ».
L’élue insiste également sur l’impact économique majeur du site. Le Jardin botanique n’est pas seulement un lieu de science, c’est aussi une destination touristique de premier plan qui attire des visiteurs du monde entier. La modernisation des installations est donc perçue comme un levier d’attractivité essentiel pour la métropole.
Pour l’administration municipale, ces dépenses sont des investissements stratégiques pour l’image de la ville. « C’est pour ça que c’est important pour nous d’investir dans nos infrastructures qui, justement, font rayonner Montréal tant localement qu’internationalement », indique Mme Rousseau-Bélanger, soulignant le double rôle, local et global, de l’institution.
Les promesses d’une modernisation technologique
Sollicité pour une entrevue sur ce dossier d’envergure, Espace pour la vie a décliné la demande, préférant communiquer sa position par écrit. Dans un courriel, l’organisme détaille les bénéfices attendus de ces futurs complexes. Ces nouvelles installations permettront « d’optimiser les conditions de conservation du patrimoine végétal, d’améliorer la performance énergétique et de réduire l’impact environnemental du Jardin botanique, et d’améliorer les conditions de travail en horticulture et en recherche ».
L’organisation confirme par ailleurs l’analyse de la Ville concernant l’inutilité d’une simple rénovation. Espace pour la vie précise que des travaux de réfection n’auraient permis aucun gain significatif sur le plan écoénergétique. De même, le maintien des structures actuelles aurait empêché l’intégration des améliorations technologiques nécessaires en matière de conservation des végétaux.
Ce projet de remplacement s’annonce donc comme une refonte totale, visant à aligner les infrastructures du Jardin botanique avec les exigences environnementales et scientifiques du XXIe siècle, tout en garantissant de meilleures conditions pour le personnel qui y œuvre quotidiennement.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Créé par des humains, assisté par IA.