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L’un des primates les plus menacés au monde fait son grand retour, un bébé boudeur à la fois
Crédit: © Le Khac Quyet / Fauna & Flora

Un visage singulier face au défi de la survie

Les amateurs de primates sont interpellés par une nouvelle particulièrement positive en matière de conservation. Le rhinopithèque du Tonkin, également connu sous son nom scientifique Rhinopithecus avunculus, est considéré comme l’un des primates les plus menacés au monde. Cet animal se distingue par son apparence technicolor remarquable, arborant un masque oculaire naturel et une expression faciale caractéristique souvent décrite comme boudeuse.

Autrefois considérée comme au bord de l’extinction, cette espèce en danger critique fait l’objet d’une surveillance étroite. Un récent recensement de la population, mené par les experts en conservation de l’organisation Fauna & Flora, a permis de confirmer que les effectifs de ces singes sont désormais stables, éloignant ainsi le spectre d’une disparition inéluctable.

L’élément le plus enthousiasmant de cette enquête reste l’observation de plusieurs bébés singes. Ces individus, les plus petits membres d’une population devenue cruciale, évoluent au cœur de la zone de conservation des espèces et des habitats de Khau Ca, située au Vietnam.

Des pics calcaires à une redécouverte miraculeuse

L’histoire de la préservation de cette espèce revient de très loin. Lorsque l’équipe vietnamienne de Fauna & Flora a découvert une population comptant seulement 50 individus en l’an 2002, il était à craindre que le rhinopithèque du Tonkin ne soit véritablement sur le point de s’éteindre de manière définitive.

Aujourd’hui, les spécimens qui subsistent se partagent des habitats forestiers fragmentés, dissimulés entre les pics calcaires karstiques du nord du Vietnam. Ces zones d’évolution comprennent la forêt de Quan Ba ainsi que la zone de conservation des espèces et des habitats de Khau Ca, toutes deux nichées au sein de la structure plus vaste du géoparc du plateau karstique de Dong Van.

La dernière enquête permet d’estimer que le nombre de ces primates dans la seule région de Khau Ca atteint désormais les 160 individus. À l’échelle globale, la dernière estimation de la population totale s’élevait à environ 250 individus. Bien que ces chiffres demeurent préoccupants dans une perspective de conservation à long terme, ils constituent un signe prometteur indiquant que la population reste stable.

L’évolution des menaces selon les experts de Fauna & Flora

Tonkin snub-nosed monkeys (Rhinopithecus avunculus).jpg
credit : Quyet Le, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Les données récoltées ont fait l’objet d’une analyse précise par Canh Xuan Chu, chef du projet sur le rhinopithèque du Tonkin chez Fauna & Flora. Dans un communiqué transmis à la publication scientifique IFLScience, il déclare : « Ces nombres ne sont toujours pas grands, mais il est rassurant que nous ayons pu identifier divers groupes familiaux à Khau Ca et qu’il n’y ait aucune preuve de piégeage ou de chasse. »

Le spécialiste poursuit son analyse en soulignant la transformation des dangers pesant sur l’animal au fil des années. Il explique de manière détaillée : « Alors que le braconnage était autrefois une menace clé pour l’espèce, nos plus grands défis aujourd’hui sont la perte d’habitat et la déforestation, en grande partie dues à l’expansion agricole. »

Afin de répondre à ces problématiques, des actions collaboratives sont actuellement mises en place sur le terrain. L’expert conclut son propos en indiquant : « Nous travaillons avec nos partenaires gouvernementaux pour accroître la protection de ces zones de conservation, tout en restaurant des corridors fauniques dans lesquels le singe à nez retroussé du Tonkin peut prospérer. »

Technologie et quadrillage : une méthodologie novatrice

Le récent recensement a été mené sur une période stricte de 10 jours, fixée en dehors de la saison de reproduction. Malgré cette fenêtre temporelle spécifique, les équipes, qui ont été rejointes par des groupes de la communauté locale, ont pu apercevoir trois nouveau-nés répartis dans deux groupes distincts. Ce constat offre un espoir pour l’avenir et indique que l’espèce rebondit régulièrement.

Ces observations méticuleuses ont été obtenues grâce à l’association de méthodes traditionnelles et de techniques technologiques de pointe. Les chercheurs ont ainsi utilisé des drones à imagerie thermique, des pièges photographiques, des appareils nommés audiomoths qui ont la capacité de détecter les cris des animaux, ainsi que de bonnes vieilles jumelles.

Une toute nouvelle approche méthodologique a également été testée lors de cette mission. Elle a consisté à créer une carte quadrillée de la zone d’étude et à attribuer les groupes à des cellules individuelles. Cette organisation rigoureuse a permis de s’assurer qu’aucun des points de données récoltés n’était un doublon.

L’intégration indispensable des populations locales

Pour la suite des opérations, l’espoir repose sur la restauration des habitats dégradés et la création de corridors fauniques qui peuvent contribuer à la croissance de la population, cimentant ainsi un avenir sain pour ces primates remarquables. Cette mission suscite l’adhésion de nombreuses personnes au Vietnam, une implication qualifiée de tout à fait fabuleuse par les commentateurs de cette découverte.

L’impact de ces démarches dépasse le seul cadre de la préservation animale. Tran Van On, membre de l’équipe de conservation communautaire, le souligne en ces termes : « Depuis que le projet a commencé, j’ai observé une augmentation significative de la sensibilisation parmi les communautés locales concernant la conservation du singe à nez retroussé du Tonkin. »

Il précise également les retombées économiques directes pour les habitants : « Les gens sont maintenant non seulement plus conscients de la protection de cette espèce endémique du Vietnam, mais aussi plus conscients de l’importance de sauvegarder les habitats forestiers et les autres espèces sauvages. Le projet a également introduit une gamme d’activités de subsistance qui fournissent un revenu supplémentaire pour les ménages locaux, aidant à réduire leur dépendance aux ressources forestières. » En outre, comme beaucoup d’espèces de singes à nez retroussé, ceux du Tonkin possèdent de très grandes lèvres. Il est estimé qu’elles sont utilisées pour la signalisation sociale, étant donné que les lèvres de certains mâles deviennent plus rouges pendant la saison des amours.

Selon la source : iflscience.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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