À 102 ans, ce « super senior » révèle le secret de sa longévité et son regard sur notre époque
Auteur: Simon Kabbaj
Le cap des 100 ans : d’une exception à une réalité démographique

Remonter le temps jusqu’aux années 1920 permet de mesurer une véritable évolution des trajectoires de vie. À cette époque, l’espérance de vie des Américains plafonnait autour du milieu de la cinquantaine, rendant l’idée même de devenir centenaire presque inconcevable pour la majorité de la population.
Les statistiques contemporaines dressent un tout autre tableau, confirmant que les individus sont aujourd’hui plus susceptibles que jamais d’atteindre ce cap majeur. Les données compilées par l’Office of National Statistics (ONS) révèlent qu’en 2024, le Royaume-Uni recense plus de 16 000 personnes âgées de plus de 100 ans.
Cette tendance s’observe au-delà des frontières britanniques. En Australie, les petites filles nées en 2021 auraient, selon les chiffres de la chaîne ABC News, pas moins de 40 % de chances de vivre jusqu’à 100 ans.
L’anniversaire d’un « super ager » sur les écrans

Atteindre un âge canonique n’est pas l’apanage des seules nouvelles générations. Le natif d’Australie Brian Barry en est la preuve formelle, lui qui a célébré son 102e anniversaire le 6 février dernier.
L’homme attire l’attention par sa vivacité intellectuelle, qui lui vaut d’être qualifié de « super ager » par les observateurs, son esprit étant toujours considéré comme extrêmement vif. Lors de son passage dans l’émission télévisée Sunrise, diffusée également sur YouTube, il est apparu à l’écran assis à côté d’une photographie le représentant dans sa jeunesse.
Interrogé sur sa longévité hors du commun, le centenaire a livré ses premières impressions en toute simplicité. « Quand j’étais un garçon, je n’aurais jamais pensé vivre jusqu’à 102 ans », a-t-il déclaré, avant de soulever une question rhétorique : « Est-ce que quelqu’un pense un jour qu’il va vivre jusqu’à 102 ans ? »
Les confidences d’un témoin d’un siècle d’histoire

Ayant traversé plus d’un siècle d’évolutions, le citoyen australien pose un regard acéré sur la société actuelle. Au cours de son entretien, il a souligné que la vie a « complètement changé » et qu’il s’agit désormais d’un « monde différent ».
Invité à partager son opinion sur notre époque contemporaine, Brian Barry n’a pas caché son ressenti personnel. Il a déclaré sans détour qu’il en était « choqué ».
Son constat porte plus particulièrement sur l’évolution des relations intergénérationnelles. « Les enfants ne vous respectent pas », a-t-il affirmé. « Je veux dire, mon vieux me tordrait l’oreille si je n’ouvrais pas la porte à ma mère ou si je ne me levais pas pour une vieille dame dans le tramway. Vous savez, les bonnes manières étaient les bonnes manières. Elles étaient enseignées à la maison mais aujourd’hui c’est différent. »
L’analyse scientifique d’une hygiène de vie millimétrée

La clarté d’esprit et la mémoire intacte de cet homme de 102 ans font l’objet d’un réel intérêt au sein du corps médical. Selon les informations rapportées par le site d’actualité news.com.au, des chercheurs spécialisés dans l’étude de la démence voient dans son mode de vie un excellent exemple de la manière dont il est possible de préserver la santé de son cerveau.
Lors de son intervention sur le plateau de l’émission Sunrise, Brian Barry avait d’ailleurs levé le voile sur certaines de ses habitudes pour vivre longtemps. Il avait notamment précisé qu’il ne buvait pas et qu’il ne fumait pas.
Ces pratiques rejoignent les conclusions des scientifiques. Les experts estiment que des éléments précis de son quotidien, tels que l’activité physique, l’engagement social, l’absence de tabagisme et de consommation excessive d’alcool, associés à un profond sentiment d’utilité et de service aux autres, ont contribué à maintenir la démence à distance.
Le pouvoir de l’état d’esprit selon les spécialistes du cerveau

Les facteurs biologiques et les habitudes de vie ne suffisent cependant pas à expliquer la totalité de cette trajectoire de longévité. Les chercheurs du CHeBA, le Centre for Healthy Brain Ageing (Centre pour le vieillissement sain du cerveau), mettent en évidence un paramètre additionnel dans le parcours de l’Australien.
Selon ces professionnels de la santé, l’état d’esprit positif de Brian Barry a également constitué un bénéfice majeur pour son organisme. Cette disposition psychologique se manifeste dès les toutes premières heures de sa journée, selon un rituel qu’il a pris le soin de décrire.
Questionné sur les pensées qui l’animent chaque matin au moment de se lever, le « super ager » a partagé son dialogue intérieur avec une grande transparence : « Vous vous réveillez chaque matin, je me dis : Brian, tu es là pour un autre jour. Merci le Seigneur. »
Créé par des humains, assisté par IA.