Face à l’urgence, la Belgique se mobilise

Un vent d’espoir se lève en Belgique face à la maladie d’Alzheimer. Confronté à une hausse préoccupante des diagnostics de démence, le pays a décidé de répondre par un engagement massif et un investissement record dans la recherche. Cette mobilisation générale nourrit des perspectives plus encourageantes pour les patients et leurs familles, qui vivent au quotidien avec cette épreuve.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Près de 220 000 citoyens belges sont aujourd’hui directement touchés. Si l’on y ajoute les proches aidants, ce sont plus d’un demi-million de personnes dont la vie est bouleversée. La maladie d’Alzheimer représente la cause majoritaire des cas de démence, estimée entre 60 et 70 % des diagnostics, plaçant cette pathologie au cœur d’un enjeu de santé publique majeur.
Reconnaître les premiers signes d’alerte

Comment se manifeste la maladie ? Alzheimer fait partie du large spectre des troubles cognitifs. Elle affecte progressivement des fonctions essentielles comme la mémoire immédiate, le langage, la concentration ou encore la capacité à tenir un raisonnement logique. Le plus souvent, le premier signal d’alarme prend la forme de petites pertes de mémoire, des oublis qui deviennent de plus en plus fréquents.
Avec le temps, d’autres symptômes apparaissent et s’installent. Une désorientation dans le temps ou l’espace, des difficultés à organiser des gestes simples du quotidien ou encore une incapacité à exprimer clairement ses idées. Ce lent déclin cognitif isole progressivement la personne et met son entourage à rude épreuve.
Quand la démence prend d’autres visages
Si Alzheimer est la forme la plus connue, d’autres pathologies peuvent conduire à la démence. La maladie à corps de Lewy est la deuxième cause la plus fréquente. Elle se distingue par des symptômes spécifiques : des fluctuations très marquées de l’attention, des troubles du sommeil importants, des hallucinations visuelles et des signes moteurs qui rappellent ceux de la maladie de Parkinson.
Il existe également les dégénérescences fronto-temporales. Celles-ci s’attaquent à d’autres zones du cerveau, entraînant des conséquences différentes. Elles peuvent modifier profondément la personnalité ou altérer l’expression verbale de la personne. Fait marquant, les souvenirs, eux, peuvent rester intacts pendant une longue période, créant une situation parfois déroutante pour les proches.
Au cœur du problème : des protéines déréglées

Que se passe-t-il dans le cerveau des malades ? Les scientifiques s’accordent sur une explication principale : l’accumulation anormale de certaines protéines cérébrales. Deux sont particulièrement ciblées par la recherche : la protéine amyloïde et la protéine Tau. Leur agrégation formerait des dépôts qui entravent le bon fonctionnement des neurones.
Des traitements existent aujourd’hui, mais leur efficacité reste limitée et ils ne sont pas dénués d’effets indésirables pour les patients. Le véritable enjeu pour la communauté scientifique est donc de remonter à la source du problème. L’objectif est de comprendre les mécanismes précis qui déclenchent ce dérèglement. Une telle compréhension permettrait d’anticiper l’apparition des symptômes et, un jour peut-être, de bloquer le processus pathologique dès ses tout débuts.
L’union des universités belges, une force pour l’innovation

C’est précisément sur ce front que la Belgique se distingue. Grâce à une coopération étroite entre ses universités (ULB, UCLouvain, ULiège, UMons), le pays est devenu un acteur important dans le développement de solutions innovantes. Cet effort collectif a déjà porté ses fruits et ouvert des pistes très prometteuses.
Dès 2013, une équipe de l’UMons, menée par Séverine André et Laurence Ris, a réalisé une avancée majeure en identifiant une cible thérapeutique potentielle : la phospholipase A2 cytosolique. Aujourd’hui, les recherches se poursuivent sur cette base solide. Carmen Burtea, au sein de la même université, se consacre à l’évaluation d’un traitement conçu à partir de cette découverte. Dans le même temps, à Liège, le chercheur Jérémy Gardette travaille à perfectionner les tests de diagnostic afin de localiser avec une précision accrue l’impact de la maladie dans le cerveau.
Ces travaux sont jugés très encourageants par tous les acteurs de la lutte contre la démence. Ils pourraient, dans un avenir proche, transformer la prise en charge des troubles cognitifs. Face à l’augmentation constante du nombre de diagnostics, chaque avancée, fruit d’années d’efforts, est porteuse d’un immense espoir pour les personnes concernées et leurs familles.
Selon la source : passeportsante.net