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Soldats israéliens dans les écoles: le Québec politique se déchire
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un fossé politique creusé à l’Assemblée nationale

La visite de soldats israéliens dans des écoles juives privées de Montréal a provoqué une onde de choc à l’Assemblée nationale. Sur fond de guerre à Gaza, l’affaire a tracé une ligne de fracture nette au sein de la classe politique québécoise. Tous les partis d’opposition, à l’exception notable du Parti libéral du Québec, ont exprimé leur indignation face à ces interventions dans des établissements subventionnés par l’État.

Le débat a été déclenché par un article de La Presse révélant que ces rencontres se sont déroulées à plusieurs reprises au cours des derniers mois. L’une d’elles aurait même inclus une simulation d’entraînement militaire, inspirée des pratiques de l’armée israélienne. Une situation qui soulève des questions fondamentales sur la neutralité du milieu scolaire.

La réaction du gouvernement : une enquête en cours

La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a rapidement réagi à ces révélations, qualifiant la situation d' »extrêmement préoccupante ». Elle a confirmé avoir été mise au courant de ces visites dès l’automne dernier. Depuis lors, son administration a pris le dossier en main. « Depuis ce temps, le ministère de l’Éducation est en train de faire les vérifications nécessaires », a-t-elle indiqué jeudi.

Sans vouloir préciser la nature des actions qui pourraient être entreprises, la ministre a insisté sur un principe cardinal. « Ce dont je veux m’assurer, c’est que nos milieux scolaires sont des milieux neutres, exempts de toute considération politique, de propagande politique ou religieuse », a-t-elle martelé. Elle a ainsi promis que des « actions appropriées » seraient prises « le cas échéant », une fois les vérifications terminées.

Québec solidaire et le Parti Québécois : une condamnation sans appel

Du côté de l’opposition, les condamnations ont été virulentes. Ruba Ghazal, cheffe parlementaire de Québec solidaire, n’a pas mâché ses mots. « On ne veut pas de ça au Québec. Ça n’a pas de bon sens », a-t-elle lancé en point de presse. Pour la députée de Mercier, le financement public de ces établissements est au cœur du problème. « Je trouve ça extrêmement inquiétant et scandaleux, qu’on finance des écoles privées, religieuses, confessionnelles avec de l’argent public québécois pour endoctriner des élèves par des gens d’Israël qui ont commis un génocide », a-t-elle dénoncé.

Un point de vue partagé par le député péquiste Pascal Paradis. « C’est inacceptable. Des soldats, des militaires d’une armée étrangère qui viennent dans une école subventionnée qui fait partie du réseau scolaire québécois, ça ne fonctionne pas », a-t-il commenté. Le député de Jean-Talon a plaidé pour la sanctuarisation de l’environnement éducatif. « Nos écoles devraient être des sanctuaires où les élèves se font une tête, apprennent d’abord sur la base du programme du gouvernement du Québec, mais apprennent dans un contexte qui est libre de ces influences, de ces lobbys », a-t-il poursuivi.

Le Parti libéral : une position à contre-courant

Seul le Parti libéral du Québec a adopté une posture radicalement différente, refusant de joindre sa voix au concert d’indignations. La députée Madwa-Nika Cadet a estimé qu' »il faut s’en préoccuper », préférant laisser le ministère de l’Éducation mener son enquête. « Moi, je me serais choquée si le ministère de l’Éducation avait décidé de ne pas poursuivre des vérifications », a expliqué l’élue de Bourassa-Sauvé.

Interrogés par les journalistes, ni Mme Cadet ni son collègue Frédéric Beauchemin n’ont voulu qualifier la situation à Gaza de génocide, un terme pourtant employé par Québec solidaire et de nombreux observateurs internationaux. « Je pense que ce n’est pas au Parti libéral du Québec ou au gouvernement du Québec de définir si c’est un génocide ou pas », a déclaré le député de Marguerite-Bourgeoys. Concernant l’influence d’un éventuel lobby, M. Beauchemin a relativisé : « Il y a des lobbys pro-Allemagne, il y a des lobbys propalestiniens, il y a toutes sortes de débats au Québec. Probablement qu’il y a un lobby pro-israélien. Puis on est dans une démocratie, ils ont droit de s’exprimer. »

La communauté juive dénonce des « théories du complot »

Face à la polémique, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) a réagi par le biais d’une déclaration écrite. L’organisme a vivement critiqué le traitement médiatique de l’affaire, reprochant à La Presse d’alimenter « des théories du complot visant la communauté juive ».

Le CIJA a offert une lecture tout autre des événements. Il a affirmé que le journal a présenté « sous un angle militaire, des activités extracurriculaires culturelles et d’athlétisme ». Selon le centre, ces activités seraient « comparables à celles organisées dans de nombreuses écoles ». L’affaire reste donc ouverte, suspendue entre l’enquête administrative, la division politique et les interprétations diamétralement opposées des faits.

Selon la source : tvanouvelles.ca

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