Un changement de cap pour le retour sur la Lune
La NASA vient de dévoiler une mise à jour majeure concernant son programme lunaire. Lors d’une communication officielle, l’administrateur de l’agence spatiale, Jared Isaacman, a annoncé une réorientation stratégique pour l’ensemble des missions Artemis. Le rythme des lancements, jusqu’alors espacés de plusieurs années, va connaître une accélération spectaculaire.
Le nouvel objectif est d’établir une cadence de lancement d’environ dix mois entre chaque mission. Cette décision marque une rupture avec le calendrier initial et redéfinit en profondeur les prochaines étapes de la conquête lunaire. Au cœur de cette annonce, la mission Artemis III, initialement prévue pour marquer le retour des humains sur la Lune, voit ses objectifs entièrement repensés.
Artemis III : l’alunissage cède la place à un test orbital crucial
Le premier alunissage humain du 21e siècle attendra. Contre toute attente, la mission Artemis III, dont le lancement est prévu pour l’année prochaine, ne se posera plus sur la Lune. Son nouvel objectif se déroulera en orbite terrestre basse. L’équipage aura pour mission de réaliser une jonction avec l’un des deux alunisseurs en développement : le Starship de SpaceX ou le Blue Moon de Blue Origin, voire les deux.
Cette rencontre en orbite sera l’occasion de mener une série de tests jugés critiques pour la suite du programme. Parmi eux, la validation des nouvelles combinaisons spatiales conçues pour les activités extravéhiculaires sera une priorité. Ce n’est qu’après le succès de cette phase d’essais en conditions réelles, mais à proximité de la Terre, que le véritable retour sur la surface lunaire pourra être envisagé.
Un calendrier accéléré, entre ambition et incertitudes
Si les tests d’Artemis III sont concluants, la NASA espère pouvoir enchaîner très rapidement avec l’étape suivante. L’alunissage pourrait alors intervenir quelques mois plus tard seulement, avec un objectif idéal de deux lancements majeurs en une seule année. La proposition avancée par l’agence va plus loin, prévoyant de lancer les missions Artemis IV et Artemis V avant la fin de l’année 2028.
Cependant, de nombreuses inconnues planent sur ce calendrier ambitieux. Les alunisseurs eux-mêmes constituent une source majeure d’incertitude, car ils n’ont encore jamais été entièrement testés, ni dans l’espace, ni a fortiori sur la Lune. Par ailleurs, Jared Isaacman a éludé les questions sur l’avenir de la station spatiale Lunar Gateway, qui doit orbiter autour de la Lune. L’Agence Spatiale Européenne (ESA), partenaire de la NASA, avait pourtant réaffirmé en novembre 2025 sa volonté de poursuivre le développement de cette station.
Artemis II : les défis techniques d’un vol habité
Avant de se projeter vers Artemis III, tous les regards sont tournés vers Artemis II, qui doit d’abord décoller. Lori Glaze, administratrice associée par intérim, a confirmé que les équipes travaillaient d’arrache-pied pour résoudre les problèmes techniques. L’objectif reste un lancement durant la fenêtre d’avril, avec des dates possibles les 1er, 3, 4, 5 et 6 avril. La fusée, la plus puissante jamais construite par la NASA, a connu plusieurs contretemps. En janvier, elle a été déplacée du Bâtiment d’Assemblage des Véhicules (VAB) vers son pas de tir pour une première répétition générale avec remplissage des réservoirs, le 2 février. Durant cet essai, qui simule toutes les étapes sauf le décollage, plusieurs problèmes de remplissage et une valve défectueuse ont été détectés, repoussant le lancement au mois de mars au plus tôt.
Une seconde répétition a eu lieu le 19 février. Cette fois, ce fut un succès, corrigeant les défauts précédents. Les données initiales étaient si bonnes que les quatre astronautes de la mission — les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen — sont entrés en quarantaine le 20 février. Mais au petit matin du 21 février, un nouveau problème est apparu : une interruption du flux d’hélium dans le moteur de l’étage supérieur. Ce gaz est essentiel pour maintenir les conditions environnementales adéquates dans cette partie de la fusée. L’équipe, se souvenant qu’Artemis I (mission non habitée) avait connu un retard similaire lié à l’hélium, a analysé les données de ce vol précédent et pris la décision de ramener la fusée au VAB. Les quatre astronautes ont quitté leur quarantaine dans la nuit du 21 février.
Le voyage historique qui attend l’équipage
Artemis II reste la première mission habitée du grand programme de retour sur la Lune. Prévue pour durer dix jours, elle emmènera son équipage pour un voyage autour de notre satellite naturel. Les quatre astronautes sont destinés à entrer dans l’histoire en voyageant plus loin et plus vite que tout être humain avant eux. Ils le feront à bord d’un vaisseau spatial décrit comme étant plus petit qu’on pourrait l’imaginer.
Au cours de leur périple, ils auront le privilège d’observer des régions de la face cachée de la Lune qu’aucun œil humain n’a jamais vues directement. Cette mission n’est pas seulement une prouesse d’exploration ; elle est aussi fondamentale pour préparer l’avenir. Les données et l’expérience acquises seront massivement utilisées pour affiner la stratégie du retour durable de l’humanité sur la surface lunaire.
Selon la source : iflscience.com