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La NASA dévoile les repas étonnamment raffinés que les astronautes d’Artemis II dégusteront lors de leur mission autour de la Lune
Crédit: NASA

Un avant-goût de la mission lunaire

Loin des clichés de la nourriture en tube, la NASA vient de lever le voile sur les repas qui attendront les astronautes de la mission Artemis II lors de leur périple autour de la Lune. Au programme : des plats étonnamment sophistiqués, conçus pour allier plaisir et contraintes extrêmes de l’environnement spatial. Une véritable révolution culinaire à des centaines de milliers de kilomètres de la Terre.

Cette annonce tranche radicalement avec l’histoire de l’alimentation en orbite. Pendant des décennies, manger dans l’espace a été une expérience pour le moins spartiate. Les pionniers de la conquête spatiale ont dû se contenter de menus qui privilégiaient l’efficacité à la saveur, un défi logistique autant que gastronomique.

De la pâte en tube aux poudres lyophilisées

Le tout premier repas de l’humanité dans l’espace fut celui du cosmonaute soviétique Yuri Gagarin. Son menu ? Un tube de pâte de bœuf et de foie, suivi d’une sauce au chocolat en guise de dessert. Une combinaison qui, malgré le cadre exceptionnel du restaurant, ne semble pas des plus appétissantes. Les premiers astronautes de la NASA n’étaient guère mieux lotis.

L’agence spatiale américaine le rappelle elle-même : « John Glenn, le premier Américain à manger quoi que ce soit dans l’environnement quasi-apesanteur de l’orbite terrestre, a trouvé la tâche de manger assez facile, mais le menu limité ». Ses collègues du programme Mercury n’ont pas eu une meilleure expérience. « D’autres astronautes de Mercury ont dû endurer des cubes de la taille d’une bouchée, des poudres lyophilisées et des semi-liquides emballés dans des tubes en aluminium. La plupart s’accordaient à dire que les aliments n’étaient pas appétissants et n’aimaient pas presser les tubes. De plus, les aliments lyophilisés étaient difficiles à réhydrater et il fallait empêcher les miettes de souiller les instruments ».

La cuisine en microgravité : un défi logistique

Pourquoi une telle simplicité, voire austérité ? Le problème principal réside dans l’absence d’équipements adaptés à bord des vaisseaux. L’idée d’embarquer une cuisine complète, ou même un module de chef étoilé, se heurte à une contrainte fondamentale : la masse. Chaque kilogramme envoyé en orbite a un coût exorbitant.

Pour la capsule Orion d’Artemis II, les règles sont strictes, comme l’explique la NASA : « Sans possibilité de ravitaillement, de réfrigération ou de chargement tardif, tous les repas doivent être soigneusement sélectionnés pour rester sûrs, stables à température ambiante et faciles à préparer et à consommer ». L’agence précise que « les aliments doivent être faciles à préparer et à consommer en microgravité, minimiser les miettes, et rester sûrs et stables tout au long de la mission ».

La question des miettes est un véritable casse-tête. Par le passé, des expériences avec des sandwichs se sont révélées « moins qu’idéales » car le pain rassissait et les miettes, en flottant, risquaient de pénétrer dans des équipements sensibles ou même dans les poumons des astronautes.

Le menu d’Artemis II : saveurs et diversité au rendez-vous

credit : NASA

Les astronautes d’Artemis II auront un choix de boissons surprenant, avec la possibilité de sélectionner jusqu’à deux breuvages aromatisés par jour. La liste inclut du café, du thé vert, un smoothie mangue-pêche, des boissons chocolatées ou vanillées pour le petit-déjeuner, de la limonade, du cidre de pomme, une boisson à l’ananas, du cacao et une boisson aux fraises.

Côté nourriture, après des tests rigoureux menés par les astronautes eux-mêmes, la sélection est variée. L’équipage emportera 58 tortillas et du pain plat de blé. Pour les plats principaux, on trouve de la poitrine de bœuf au barbecue, du macaroni au fromage, un gratin de brocolis, des haricots verts épicés et une quiche aux légumes. Du couscous aux noix, du granola aux myrtilles et des saucisses de petit-déjeuner complètent le menu. Même les condiments n’ont pas été oubliés, avec cinq types de sauce piquante, de la moutarde, de la confiture, du miel, du beurre de cacahuètes et du beurre d’amande.

Toutefois, la préparation reste encadrée. « Certains aliments — comme les repas lyophilisés — nécessitent une hydratation à l’aide du distributeur d’eau potable d’Orion, qui n’est pas disponible pendant certaines phases, notamment le lancement et l’atterrissage », détaille la NASA. Durant ces périodes, seuls les aliments prêts à consommer seront autorisés. Le reste du temps, un réchauffeur de la taille d’une mallette permettra de déguster des plats chauds une fois réhydratés.

En attendant le décollage, la technique en pole position

Avec un menu si bien préparé, il ne manque plus que le feu vert pour le lancement. Le mois dernier, le décollage d’Artemis II a été reporté à la suite d’un problème de débit d’hélium vers le moteur de l’étage supérieur. Depuis, les équipes de la NASA travaillent d’arrache-pied pour résoudre l’incident.

Dans une mise à jour, l’agence a donné des précisions techniques : « Les ingénieurs ont déterminé qu’un joint dans le raccord rapide, à travers lequel l’hélium circule depuis les systèmes au sol vers la fusée, obstruait le passage. L’équipe a retiré le raccord rapide, réassemblé le système et a commencé à valider les réparations sur l’étage supérieur en faisant passer un débit réduit d’hélium à travers le mécanisme pour s’assurer que le problème était résolu ».

Les préparatifs se poursuivent dans les semaines à venir. « Le travail sur la fusée et le vaisseau spatial continuera dans les semaines à venir alors que la NASA se prépare à rouler à nouveau la fusée vers le pas de tir plus tard ce mois-ci en vue d’un lancement potentiel en avril », a ajouté l’agence. Les dates envisagées pour maintenir le calendrier sont le 1er avril, puis du 3 au 6 avril et le 30 avril. Au-delà, des fenêtres de tir mensuelles seront communiquées si nécessaire.

Selon la source : iflscience.com

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