Alerte sanitaire : 4 marques de lingettes contaminées font l’objet d’un rappel après des infections bactériennes
Auteur: Simon Kabbaj
Une mise en garde officielle après une série de décès

Les autorités sanitaires britanniques sonnent l’alarme. La population est invitée à ne plus utiliser certaines marques de lingettes humides, potentiellement contaminées par une bactérie mortelle. Cette nouvelle mise en garde fait suite à une épidémie ayant entraîné la mort de six personnes, et incite chacun à vérifier le contenu de sa trousse de premiers secours et de son armoire à pharmacie.
L’Agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni (UKHSA) et l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) ont conjointement renouvelé leurs avertissements le mois dernier. Elles évoquent un « risque persistant d’infection associé à leur utilisation ». L’enjeu est de taille : l’usage accidentel de ces produits pourrait avoir des conséquences fatales.
Les analyses ont révélé que quatre types de lingettes non stériles étaient contaminées par une bactérie nommée Burkholderia stabilis (B. stabilis). C’est ce micro-organisme qui est au cœur de l’alerte sanitaire en cours.
Burkholderia stabilis : le coupable identifié

Qu’est-ce que la bactérie B. stabilis ? Naturellement présente dans notre environnement, comme dans le sol ou l’eau, elle peut se révéler très dangereuse si elle pénètre dans l’organisme. Le risque est particulièrement élevé pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli.
Les patients suivant une chimiothérapie, les personnes ayant reçu une greffe d’organe ou celles souffrant de pathologies affectant leurs défenses immunitaires, comme la mucoviscidose, sont considérées comme des populations à haut risque. Pour elles, une exposition à cette bactérie peut entraîner de graves complications.
Selon l’UKHSA, l’infection se produit généralement par « contact de produits contaminés avec une peau abîmée ou lésée » ou via « l’introduction de la bactérie par des dispositifs médicaux tels que les lignes intraveineuses ». Les symptômes d’une infection à Burkholderia stabilis incluent une rougeur, un gonflement, une douleur accrue et une sensation de chaleur autour d’une plaie. L’apparition de pus ou d’autres écoulements est également un signe d’alerte. Dans les cas les plus sévères, l’infection peut dégénérer en septicémie, une réaction potentiellement mortelle de l’organisme.
Un bilan officiel de 59 cas confirmés au Royaume-Uni

Entre juin 2018 et le 3 février 2026, pas moins de 59 cas confirmés d’infections à Burkholderia stabilis ont été recensés au Royaume-Uni. Une étude, publiée dans la revue Eurosurveillance, rapporte que cinq de ces patients sont malheureusement décédés, auxquels s’ajoute un cas probable.
Dans un communiqué de février, l’UKHSA précisait : « Il y a eu 59 cas confirmés dans une épidémie de Burkholderia stabilis identifiée au Royaume-Uni de 2018 jusqu’au 3 février 2026, associés à plusieurs produits de lingettes sans alcool non stériles. Celles-ci ont inclus des infections graves en plus du décès attribuable. Ces produits, qui ont pu être utilisés pour le ‘nettoyage de la peau’ et le nettoyage dans ou autour des plaies, ont été retirés de la vente, mais peuvent encore se trouver dans certaines trousses de premiers secours et dans les foyers. »
Dr James Elston, consultant en épidémiologie et santé publique à l’UKHSA, a insisté le mois dernier : « Nous rappelons au public de ne pas utiliser, et de jeter, certaines lingettes sans alcool non stériles qui ont été liées à une épidémie de Burkholderia stabilis. Le risque global pour le public reste très faible, et les produits concernés ont été retirés de la vente. Cependant, nous continuons de voir un petit nombre de cas chez des patients vulnérables, et nous avons maintenant connaissance d’un décès associé. La UKHSA a découvert le lien avec cette épidémie grâce à des tests sur les lingettes utilisées par les personnes affectées et a agi rapidement pour informer les professionnels de la santé par le biais d’une alerte de sécurité des patients en juin 2025. Nous avons fourni une mise à jour supplémentaire pour renforcer les directives de prévention et de contrôle des infections. Lors du traitement des blessures ou du nettoyage des lignes intraveineuses, il est important de suivre les conseils du NHS. »
Produit n°1 : ValueAid Alcohol Free Cleansing Wipes

La première marque explicitement nommée par l’UKHSA est ValueAid Alcohol Free Cleansing Wipes. Ces lingettes nettoyantes sans alcool et non stériles font partie des produits dont les tests ont confirmé la contamination par la bactérie Burkholderia stabilis.
Les autorités sanitaires rappellent que ce type de lingettes ne doit en aucun cas être utilisé à des fins de premiers secours. Il est formellement déconseillé de les appliquer sur une peau abîmée ou une plaie, ou de les utiliser pour nettoyer des dispositifs médicaux comme les cathéters intraveineux. Ces produits ont été retirés de la vente en juillet de l’année dernière suite à des notifications émises par la MHRA aux distributeurs.
Si vous découvrez des lingettes de la marque ValueAid dans vos placards ou trousses de soins, la consigne de l’UKHSA est claire : cessez immédiatement de les utiliser et jetez-les avec les ordures ménagères classiques.
Produit n°2 : Microsafe Moist Wipe Alcohol Free

La deuxième référence sur la liste d’alerte est Microsafe Moist Wipe Alcohol Free. Comme les autres produits incriminés, ces lingettes humides ont été identifiées comme contaminées par Burkholderia stabilis lors des investigations menées par l’agence de santé britannique.
Il est important de noter, comme le souligne l’UKHSA, que ces produits n’étaient « pas commercialisés comme des lingettes à usage général ou des lingettes pour bébé ». Leur usage était potentiellement destiné au nettoyage de la peau, mais leur caractère non stérile les rend impropres à tout contact avec une barrière cutanée compromise.
Les premières alertes concernant ces lingettes ont été lancées en août de l’année précédente. Malgré leur retrait du marché, il est possible que des stocks résiduels subsistent chez des particuliers. La vigilance est donc de mise.
Produit n°3 : Steroplast Sterowipe Alcohol Free Cleansing Wipes

Les lingettes Steroplast Sterowipe Alcohol Free Cleansing Wipes figurent également sur la liste des produits contaminés. Les analyses ont confirmé la présence de la souche de Burkholderia stabilis liée à l’épidémie qui a touché le Royaume-Uni.
Le message des experts de la santé est sans équivoque : ces produits ne doivent être utilisés « en aucune circonstance ». Même si le risque pour le grand public en bonne santé est considéré comme très faible, le danger est réel pour les personnes vulnérables.
L’enquête de l’UKHSA a permis de faire le lien entre les cas d’infection et l’utilisation de ces lingettes spécifiques, déclenchant une alerte de sécurité pour les patients dès juin 2025 afin d’avertir les professionnels de santé et d’enclencher le retrait des produits concernés.
Produit n°4 : Reliwipe Alcohol Free Cleansing Wipes

Enfin, la quatrième marque mentionnée est Reliwipe Alcohol Free Cleansing Wipes. Bien que des analyses aient également révélé une contamination par Burkholderia sur ces lingettes, les experts apportent une nuance importante.
Selon les informations de l’UKHSA, la souche bactérienne trouvée sur les produits Reliwipe était différente de celle responsable de la flambée épidémique. Elle n’a donc pas été directement liée aux 59 cas recensés. Néanmoins, par mesure de précaution, ces lingettes font partie des produits à ne plus utiliser et à éliminer.
La procédure reste la même pour cette marque : si vous en possédez, il est impératif de les jeter dans les déchets ménagers standards et de ne surtout pas les appliquer sur la peau, en particulier près d’une blessure.
Créé par des humains, assisté par IA.