Plus de 100 jours d’absence, une décision radicale

Peut-on être licencié pour des absences maladie répétées, même justifiées ? C’est la question au cœur de l’affaire de Jodie Daunis, une employée australienne de longue date. Après avoir cumulé 114 jours d’arrêt maladie en l’espace d’un an, cette agente de service client sur les ferries de Brisbane a été démise de ses fonctions par son employeur, le géant des transports Kelsian Group, en juillet de l’année dernière.
Son histoire soulève un dilemme complexe. D’un côté, une salariée confrontée à de graves problèmes de santé l’empêchant de travailler. De l’autre, une entreprise estimant qu’elle n’était plus en mesure d’assurer ses missions de manière fiable. Un tribunal du travail a finalement été saisi pour trancher ce litige, et sa décision vient de tomber.
Si certains employés tentent parfois de surmonter un rhume ou un léger malaise au travail, d’autres pathologies rendent la poursuite d’une activité professionnelle tout simplement impossible. C’est précisément la situation dans laquelle s’est retrouvée Jodie Daunis.
Un engrenage médical complexe

Les ennuis de santé de Jodie Daunis se sont sérieusement aggravés aux alentours d’avril 2024. C’est à ce moment-là qu’elle a développé une thrombose veineuse profonde, une affection caractérisée par la formation de caillots sanguins. Cette pathologie a entraîné des complications en cascade, notamment des caillots à répétition, des inflammations et des douleurs persistantes.
Face à cette situation, le corps médical a préconisé une intervention chirurgicale. En novembre de la même année, ses médecins l’ont donc orientée vers cette solution. Cependant, un obstacle majeur s’est présenté : son assurance a refusé de couvrir les frais de l’opération. En conséquence, Jodie Daunis a été inscrite sur la liste d’attente du système de santé public pour pouvoir être soignée.
L’impossible retour au travail

La situation a atteint un point critique en avril 2025, lorsque Jodie Daunis a dû être hospitalisée en raison de sa thrombose veineuse profonde. Son hospitalisation a entraîné une absence d’environ une semaine. Déterminée à reprendre son poste, elle a tenté de revenir travailler sur les ferries de Brisbane dès sa sortie.
Malheureusement, cette tentative fut de courte durée. Comme il a été rapporté à la Fair Work Commission, l’équivalent australien du conseil des prud’hommes, elle n’a réussi à tenir que deux services. La douleur était devenue si intense qu’elle l’empêchait d’accomplir correctement les tâches liées à son poste. Suite à cet échec, elle a informé son employeur d’un nouvel avis médical. Un chirurgien vasculaire et un hématologue, deux spécialistes suivant son cas, lui ont alors conseillé de s’arrêter de travailler pour les trois mois suivants.
Un rapport médical, deux interprétations opposées

En juin, afin d’y voir plus clair, une expertise médicale indépendante a été diligentée. Loin de résoudre le conflit, les conclusions de ce rapport ont créé un profond désaccord entre Jodie Daunis et son employeur. Chacune des parties en a eu une lecture radicalement différente.
Soutenue par le syndicat des marins d’Australie (Maritime Union of Australia), Jodie Daunis a affirmé que l’évaluation médicale indiquait qu’elle serait apte à reprendre son travail après son opération chirurgicale programmée. Pour elle et son syndicat, le rapport ouvrait la porte à un retour futur.
De son côté, le groupe Kelsian a interprété le document d’une tout autre manière. L’entreprise a estimé que le rapport démontrait au contraire que sa salariée était désormais incapable d’accomplir les missions essentielles de son poste. C’est sur la base de cette lecture que la décision de la licencier a été prise.
Le verdict du tribunal donne raison à l’employeur

Contestant son licenciement, Jodie Daunis a porté l’affaire devant la Fair Work Commission. Après examen des faits et des documents, l’institution a finalement tranché en faveur de l’entreprise. Le commissaire Chris Simpson, en charge du dossier, a estimé que les preuves fournies n’étaient pas suffisantes pour garantir une reprise du travail à court ou moyen terme.
Dans sa décision, il a jugé que le rapport médical du mois de juin « était très loin de » prouver que Jodie Daunis serait capable de reprendre l’intégralité de ses fonctions dans un avenir proche. Il a développé son raisonnement dans des termes précis, ne laissant aucune place à l’ambiguïté.
Chris Simpson a ainsi déclaré : « Je n’accepte pas que le rapport (de l’expertise médicale indépendante) ait déterminé de manière concluante que Mme Daunis pourrait remplir les exigences inhérentes à son poste à l’avenir. Je suis convaincu que les preuves ne soutiennent pas une telle conclusion. » Le licenciement a donc été jugé valide.
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