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Ils cherchaient un avion légendaire de la Seconde Guerre mondiale dans le triangle des Bermudes — ils ont trouvé un fragment de Challenger à la place
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une quête dans le Triangle des Bermudes, une découverte historique

En 2022, une équipe de tournage de la chaîne History Channel menait une exploration dans les eaux du Triangle des Bermudes. Leur objectif : retrouver l’épave d’un avion datant de la Seconde Guerre mondiale. Mais ce qu’ils ont découvert au fond de l’océan Atlantique n’avait rien à voir avec ce conflit. Ils sont tombés par hasard sur un large segment de la navette spatiale Challenger.

Cette trouvaille inattendue a immédiatement ravivé le souvenir d’une des journées les plus sombres de la conquête spatiale. Près de 40 ans plus tôt, le 28 janvier 1986, la navette explosait en plein vol, marquant à jamais la mémoire collective. La découverte de cette relique au large de la côte est de la Floride allait permettre de se replonger dans les circonstances de ce drame.

Des tuiles rouges et blanches au fond de l’océan

C’est en scrutant le plancher océanique que l’équipe de tournage a repéré une construction manifestement humaine. Ce qui a attiré leur attention était un ensemble de tuiles carrées de 8 pouces, rouges et blanches, caractéristiques d’une technologie avancée. Les images vidéo diffusées par History Channel montrent deux plongeurs examinant ces vestiges, partiellement ensablés. Certaines tuiles portent des marques sombres, comme des impacts.

Le dialogue capté entre les plongeurs témoigne de leur surprise et de leur interrogation face à cet objet non identifié. L’un demande à l’autre : « What do you think this is? » (« Qu’est-ce que tu penses que c’est ? »). L’autre répond alors : « I’ve never seen this on an aircraft before. » (« Je n’ai jamais vu ça sur un avion auparavant. »). L’apparence et la localisation de l’épave ont poussé l’équipe à prendre une décision cruciale.

La confirmation de la NASA et l’ombre du 28 janvier 1986

Face à l’importance potentielle de leur découverte, les documentaristes ont contacté la NASA. Une seconde plongée a été organisée pour étudier plus en détail l’épave. Après avoir visionné les images sous-marines, les responsables de l’agence spatiale américaine ont confirmé qu’il s’agissait bien d’un artefact provenant de la navette Challenger.

Le 28 janvier 1986, une nation entière assistait avec espoir au décollage de la navette, un espoir qui s’est transformé en horreur en à peine 73 secondes. L’engin s’est désintégré dans le ciel, emportant la vie des sept membres d’équipage. Parmi eux se trouvait Christa McAuliffe, qui devait devenir la première enseignante à voyager dans l’espace. Le drame fut causé par une faille de conception fatale, inconnue à l’époque des ingénieurs et de l’équipage.

La cause du désastre : un joint défaillant par grand froid

L’enquête qui a suivi la tragédie a révélé une cascade de défaillances techniques. Un front froid s’était abattu sur Cap Canaveral, en Floride, avant le lancement, formant des cristaux de glace sur la navette. Ces températures glaciales ont eu un effet dévastateur : elles ont affaibli les joints toriques en caoutchouc (O-rings) situés entre les segments du propulseur d’appoint à poudre.

Cette fragilisation a permis à des gaz brûlants de s’échapper, provoquant la rupture structurelle et l’explosion de la navette. Il a été révélé plus tard que certains employés du programme spatial avaient exprimé leurs inquiétudes concernant les conditions météorologiques. Cependant, la direction avait finalement donné son feu vert pour le lancement le lendemain matin.

De la tragédie à la culture de la sécurité

credit : Wikimedia Commons

La découverte de 2022 a été l’occasion pour la NASA de réaffirmer son engagement. « Même si près de 37 ans se sont écoulés depuis que sept explorateurs audacieux et courageux ont perdu la vie à bord de Challenger, cette tragédie restera à jamais gravée dans la mémoire collective de notre pays », déclarait alors Bill Nelson, administrateur de la NASA, dans un communiqué de presse. « Pour des millions de personnes dans le monde, moi y compris, le 28 janvier 1986 semble encore dater d’hier. Cette découverte nous donne l’occasion de faire une nouvelle pause, de célébrer l’héritage des sept pionniers que nous avons perdus et de réfléchir à la manière dont cette tragédie nous a changés. À la NASA, la valeur fondamentale de la sécurité est — et doit rester à jamais — notre priorité absolue, en particulier alors que nos missions explorent plus que jamais le cosmos. »

Ce drame n’a pas été la dernière catastrophe pour le programme. En 2003, la navette Columbia s’est désintégrée lors de sa rentrée atmosphérique, tuant ses sept astronautes. La cause était un morceau de mousse isolante qui s’était détaché du réservoir externe au décollage et avait endommagé les tuiles de protection de l’aile gauche. Depuis, la NASA a repensé ses procédures d’évaluation des risques.

L’agence a notamment créé un Bureau de la sécurité et de l’assurance des missions, ainsi qu’un « environnement dans lequel chacun peut soulever des problèmes de sécurité ». Un programme spécifique, le « Apollo Challenger Columbia Lessons Learned Program », a également été mis en place pour partager les leçons de ces accidents au sein de l’agence et avec des partenaires internationaux, publics ou commerciaux.

Selon la source : popularmechanics.com

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