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Une caméra capture une tentative d’arnaque sur une femme agée de 75 ans alitée chez elle
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une visite au cœur de la vulnérabilité

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L’indignation est vive pour Mélanie Nadeau. Cette Montréalaise a été témoin, par caméra interposée, d’une tentative de fraude d’une rare audace visant sa propre mère, Diane Prévost, âgée de 75 ans, alitée et atteinte de démence. Un individu s’est introduit jusque dans son logement pour essayer de lui dérober ses informations bancaires.

La scène, filmée, est difficile à regarder. Elle illustre une méthode de plus en plus redoutée ciblant les personnes les plus fragiles. « C’est dégueulasse. Il est rentré dans sa maison, l’a vue dans son lit avec l’oxygène branché à son visage », s’insurge sa fille, qui a décidé de rendre l’affaire publique pour alerter la population.

Le piège se referme en vingt minutes

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Tout a commencé par un simple appel téléphonique. Mercredi, un peu avant 16 heures, Diane Prévost reçoit un coup de fil. Au bout de la ligne, un homme l’informe que des transactions jugées anormalement élevées ont été repérées sur son compte en banque. Le stratagème est bien rodé. Pour régler le problème, il lui explique avoir besoin de sa carte et de son Numéro d’Identification Personnel (NIP).

Mélanie Nadeau raconte la suite : « Elle fait un peu de démence, elle est un peu mélangée et elle ne peut pas se déplacer. Le monsieur lui a dit : je vais vous envoyer mon collègue ». À peine vingt minutes plus tard, un homme vêtu de noir et portant des lunettes fumées se présentait au chevet de la septuagénaire, confuse, dans son appartement de Montréal. La rapidité d’exécution témoigne d’une organisation préparée.

La scène a pu être captée grâce à une caméra de surveillance que Mélanie Nadeau avait installée pour veiller sur sa mère, qui bénéficie de soins à domicile. Un dispositif de sécurité qui s’est révélé être un témoin clé.

L’intervention cruciale de la fille à distance


Le plan du fraudeur présumé était presque parfait. Un seul élément lui manquait pour finaliser son opération : le NIP. Or, ce code confidentiel n’était pas en possession de Diane Prévost, mais de sa fille, Mélanie. Acculée, la mère a donc dû appeler sa fille, tendant le téléphone à l’inconnu présent à ses côtés. Dans la vidéo, on peut entendre distinctement sa voix tremblante : « Le monsieur est ici, je te le passe. C’est le monsieur pour la caisse populaire, non ? ».

L’homme prend alors le combiné et confirme, avec un aplomb déconcertant : « Oui, pour la caisse populaire de Desjardins, et toutes les autres caisses ». Il demande ensuite à Mélanie Nadeau de lui fournir le NIP afin, prétend-il, d' »éliminer les clones des cartes en circulation ». La réponse de la fille est immédiate et sans appel. « Je lui ai dit qu’il devait quitter le logement et la police était déjà en chemin. Il m’a raccroché la ligne au nez et il est parti », relate-t-elle. La plainte a été officiellement déposée auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) le jeudi suivant les faits.

Un type de crime en pleine explosion

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Cette affaire s’apparente à un cas de faux représentant, une technique malheureusement courante. Interrogée, la porte-parole de Desjardins, Véronique Blais, a tenu à rappeler une règle d’or : « Les employés de Desjardins ne se déplacent jamais chez les membres ou clients pour ce genre de transactions ». Cette déclaration vise à alerter le public sur ces pratiques frauduleuses.

Le phénomène est loin d’être isolé. En septembre dernier, le Bureau d’enquête révélait des chiffres alarmants : le nombre d’accusations pour ce type de crime était quatorze fois plus élevé en 2024 qu’en 2019. Une véritable explosion qui inquiète les autorités et les experts en sécurité.

Selon Sylvain Paquette, expert en prévention de la fraude pour la firme Pointages, ces crimes ne sont pas le fait d’amateurs. « Les gangs de rue se financent en grosse partie avec la fraude en ligne et la fraude chez les aînés, qui sont plus vulnérables », explique-t-il, soulignant l’aspect organisé de ces réseaux.

Comment déjouer les fraudeurs ? Les conseils d’un expert

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Ce cas, qui a fait l’objet d’un segment dans un podcast vidéo de l’émission de Mario Dumont diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal, met en lumière l’importance de la vigilance et de la communication au sein des familles. La proximité entre les proches peut être le meilleur rempart contre les fraudeurs.

Sylvain Paquette propose des pistes concrètes pour se protéger. Il suggère d’abord d’établir des protocoles de sécurité familiaux. « Ça peut aider d’avoir des mots de passe, des codes entre nous et qu’on peut se donner [pour valider notre identité] », estime l’expert. Un mot simple, convenu à l’avance, peut permettre de vérifier l’identité d’un interlocuteur au téléphone.

Face à la complexité des nouvelles technologies, qui peut être un facteur de vulnérabilité, il avance une autre recommandation. « Aussi je pense que c’est mieux pour les aînés de retourner au téléphone plus simple, juste pour les appels et les textos, lorsque le téléphone intelligent n’est pas nécessaire », conclut-il. Une manière de réduire la surface d’attaque pour les criminels.

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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