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Ce cancer tue désormais plus les moins de 50 ans : les signes à ne jamais ignorer
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un constat alarmant pour les jeunes adultes

Le cancer colorectal n’est plus seulement une maladie de seniors. Un nouveau rapport de la Société Américaine du Cancer (ACS) révèle une tendance inquiétante : il est devenu la principale cause de décès par cancer chez les personnes de moins de 50 ans aux États-Unis. Face à cette évolution, les experts tirent la sonnette d’alarme et appellent à une vigilance accrue face à des symptômes souvent discrets.

Désignant collectivement le cancer du côlon et du rectum, le cancer colorectal se classe au troisième rang des cancers les plus diagnostiqués aux États-Unis. Il est également la deuxième cause de mortalité liée au cancer dans le pays. Pourtant, une lueur d’espoir demeure : cette maladie est considérée comme hautement traitable lorsqu’elle est détectée à un stade précoce, et elle est même souvent évitable.

Une dynamique inversée entre les générations

Pendant des décennies, le cancer colorectal était associé aux personnes âgées. Les données récentes montrent un retournement de situation. L’analyse de l’ACS indique que si l’incidence globale de la maladie a légèrement baissé, le nombre de cas chez les adultes de 20 à 49 ans augmente de 3 % chaque année, et ce, de manière continue depuis 2004. À l’inverse, les taux chez les plus de 65 ans sont en baisse depuis 2012.

Les auteurs du rapport préviennent que cette tendance aura des conséquences futures. « Le paysage du [cancer colorectal] aux États-Unis évolue rapidement. La mortalité augmente désormais chez les adultes de moins de 65 ans parallèlement à l’incidence, ce qui confirme une augmentation du risque sous-jacent de [cancer colorectal] chez les personnes nées après environ 1950 », expliquent-ils. Ils ajoutent une métaphore saisissante : « À mesure que ces générations vieilliront, le fardeau du [cancer colorectal] dans ces cohortes continuera de gonfler comme un tsunami se déplaçant dans le temps ».

Chaque année, les chiffres sont éloquents. Rien qu’aux États-Unis, on estime à 158 850 le nombre de nouveaux cas diagnostiqués cette année, pour environ 55 230 décès. La maladie touche les deux sexes de manière quasi égale, avec un risque de la développer au cours de la vie de un sur 25 pour les hommes et de un sur 26 pour les femmes.

Les symptômes subtils qui doivent alerter

Comment identifier une maladie dont les premiers signes peuvent être si faciles à ignorer ? Les spécialistes insistent sur l’importance de prêter attention à tout changement dans les habitudes intestinales. Des modifications persistantes comme la diarrhée, la constipation ou des selles plus étroites que d’habitude doivent motiver une consultation.

D’autres symptômes clés incluent la présence de sang dans les selles, un signal d’alarme majeur. Des douleurs abdominales ou des crampes inhabituelles font également partie des signes à ne pas négliger. La difficulté réside dans le fait que ces symptômes peuvent être attribués à de nombreuses autres causes moins graves, d’où l’importance de la persistance et de l’avis médical.

Facteurs de risque : entre héritage et conditions médicales

Plusieurs facteurs, certains contrôlables et d’autres non, peuvent influencer le risque de développer un cancer colorectal. Outre le vieillissement, les antécédents familiaux de cancer colorectal ou de polypes du côlon augmentent considérablement le risque. Il en va de même pour les personnes porteuses de maladies héréditaires comme le syndrome de Lynch, la polypose adénomateuse familiale (PAF) ou la polypose associée à MYH.

Aux États-Unis, les données démographiques révèlent des inégalités. Les personnes d’ascendance amérindienne et native de l’Alaska présentent le risque le plus élevé, suivies par les Afro-Américains. De plus, les personnes souffrant de maladies inflammatoires de l’intestin, telles que la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn, ont également une probabilité plus élevée de développer ce cancer.

Prévention, dépistage et soutien : les clés pour agir

Si une partie du risque échappe à notre contrôle, les choix de vie jouent un rôle majeur. Améliorer son alimentation, faire de l’exercice régulièrement, maintenir un poids santé et éviter le tabac sont des leviers puissants pour réduire les risques. Cette prévention passe aussi par un dépistage précoce. Les auteurs du rapport recommandent d’ailleurs que les campagnes de dépistage ciblant les personnes dès l’âge de 45 ans soient généralisées.

L’information reste le nerf de la guerre. « Le risque peut également être atténué par des campagnes éducatives pour accroître la sensibilisation aux symptômes d’alerte de la maladie (saignements rectaux, douleurs abdominales, diarrhée, anémie ferriprive) auprès des cliniciens et du grand public afin de faciliter une détection plus précoce et un traitement rapide, et aussi pour aider à déstigmatiser la maladie », écrivent les chercheurs. Leur étude est publiée dans la revue CA: A Cancer Journal For Clinicians.

Enfin, l’équipe souligne un point crucial concernant les patients plus jeunes. Il est impératif de répondre à leurs besoins spécifiques, notamment parce que certains traitements peuvent entraîner des effets secondaires sur la santé sexuelle et reproductive. Un accompagnement adapté est donc essentiel pour cette population de plus en plus touchée.

Selon la source : iflscience.com

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