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Bernie Sanders propose de taxer les milliardaires à 5 % pour financer des chèques de 12 000 $ aux familles
Crédit: Gage Skidmore de Surprise, Arizona, États-Unis d'Amérique — Bernie Sanders

Un projet de loi pour faire payer la classe des milliardaires

Phil Roeder / Flickr / CC BY 2.0

Le débat sur l’imposition des grandes fortunes américaines connaît un nouveau rebondissement. Le sénateur Bernie Sanders et le représentant Ro Khanna viennent de présenter une proposition de loi fédérale ciblant spécifiquement les ultra-riches du pays. Ce projet suscite déjà des interrogations familières, notamment de la part des critiques qui se demandent quelles recettes réelles une telle mesure pourrait générer dans le monde réel.

Les deux parlementaires avancent des chiffres vertigineux. Selon leurs calculs, cette initiative permettrait de récolter 4400 milliards de dollars sur une période de 10 ans. Pour y parvenir, le texte prévoit de cibler une population très spécifique : exactement 938 personnes. Les élus assurent que les individus dont la valeur nette se situe sous le seuil de 1 milliard de dollars ne subiraient aucune augmentation d’impôts.

Bernie Sanders a exprimé sa vision dans un communiqué de presse : « À une époque d’inégalité de revenus et de richesses sans précédent, cette législation exige que la classe des milliardaires en Amérique paie enfin sa juste part d’impôts ». Il a ajouté : « Nous ne pouvons plus tolérer un code fiscal corrompu qui permet aux milliardaires de payer un taux d’imposition inférieur à celui du travailleur moyen. » De son côté, Ro Khanna a replacé cette proposition dans le contexte des pressions financières, affirmant que les familles « luttent pour couvrir le coût des soins de santé, du logement et des besoins de base ». Il défend l’idée que les législateurs peuvent « taxer les milliardaires d’un montant modeste » tout en préservant l’innovation.

Les mécanismes du « Make Billionaires Pay Their Fair Share Act »

US Senate – http://www.sanders.senate.gov/newsroom/recent-business/113th-congress-convenes via wikimedia public domain

Le projet de loi, officiellement intitulé « Make Billionaires Pay Their Fair Share Act », repose sur un mécanisme de taxation bien précis. D’après les informations fournies par le bureau de Bernie Sanders, le texte appliquerait une taxe annuelle de 5 % sur la valeur nette des actifs dépassant 1 milliard de dollars. Cet impôt sur la fortune serait évalué chaque année sur le patrimoine et non sur les revenus.

Cette conception particulière engloberait des éléments complexes à chiffrer. Le texte vise les comptes d’investissement, l’immobilier, ainsi que les participations dans des entreprises privées, dont l’évaluation peut être plus difficile que celle des titres cotés en bourse. Pour encadrer ce dispositif, la proposition exige la création d’un « registre fédéral de propriété pour les actifs ». Les contribuables auraient l’obligation de déclarer les évaluations annuelles de leurs diverses participations. Afin de renforcer les contrôles, une petite part de 1 % des recettes serait allouée à l’IRS.

Les recettes estimées par Sanders et Khanna sont liées à un ensemble d’objectifs politiques. Parmi les mesures phares figurent des paiements uniques de 3000 dollars destinés aux personnes vivant dans des foyers gagnant 150000 dollars ou moins. Des reportages de Fox News soulignent d’autres priorités de dépenses associées, comme l’expansion de Medicare et Medicaid, des initiatives pour le logement abordable et la limitation des coûts de garde d’enfants.

L’impact chiffré sur les géants de la technologie

lanature.ca (image IA)

L’impact de cette législation sur les figures emblématiques de la technologie américaine a été précisément calculé par les législateurs. Selon leurs estimations, Elon Musk devrait s’acquitter d’une somme de 42 milliards de dollars sous ce nouveau régime fiscal. De leur côté, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos seraient redevables d’environ 11 milliards de dollars chacun.

Le chiffre principal de 4400 milliards de dollars de recettes s’appuie sur une analyse spécifique. Cette projection provient des travaux des économistes Emmanuel Saez et Gabriel Zucman. Leur modèle mathématique intègre une hypothèse clé : un taux d’évasion fiscale relativement bas, estimé à 10 %.

C’est précisément cette donnée fondamentale que d’autres analystes contestent fermement. L’hypothèse de Saez et Zucman sert de socle au projet de loi, mais elle soulève des questions techniques quant à la réaction réelle des contribuables les plus fortunés face à une nouvelle taxation de leurs actifs.

Les réserves de la Tax Foundation et les obstacles constitutionnels

lanature.ca (image IA)

Les oppositions à ce projet s’organisent autour d’arguments économiques. Jared Walczak, chercheur principal à la Tax Foundation, a remis en question la prémisse derrière l’estimation. Sur X, il a écrit que cela suppose que l’impôt n’aurait « aucune ramification économique digne d’être mentionnée ». La Tax Foundation a développé ces réserves, soutenant qu’un impôt annuel de 5 % pourrait faire face à une pression d’évitement substantielle et à une complexité administrative réduisant les recouvrements.

Le groupe a mis l’accent sur l’effet de capitalisation de la taxe. Les analystes ont noté qu’un impôt de 5 % sur la fortune appliqué à des actifs générant un rendement de 5 % peut être « économiquement équivalent à un impôt de 100 pour cent sur ce rendement ». En utilisant des hypothèses différentes, la Tax Foundation a affirmé que les recettes pourraient chuter. La note cite une estimation d’environ 3300 milliards de dollars sur 10 ans avec une hypothèse d’évasion plus élevée, et une projection externe proche de 2300 milliards de dollars sur une décennie.

Enfin, la Tax Foundation a signalé une incertitude juridique, soutenant que l’impôt se trouverait en « territoire juridiquement périlleux » en raison des règles entourant la fiscalité directe. L’organisation a noté : « la Constitution exige que les impôts directs soient répartis entre les États, et le Seizième Amendement n’autorise l’imposition directe non répartie que dans le cas des impôts sur le revenu ».

Le précédent californien : un baromètre pour l’avenir

lanature.ca (image IA)

Cette proposition fédérale intervient alors que des débats similaires sur la taxation des grandes fortunes se déroulent à l’échelle des États. En Californie, considéré comme le champ de bataille le plus crucial, un sondage conjoint réalisé par le UC Berkeley Citrin Center for Public Opinion Research et Politico a révélé que 50 % des électeurs soutenaient une proposition d’impôt unique de 5 % sur les ultra-riches, tandis que 28 % y étaient opposés.

Jack Citrin, professeur de sciences politiques à l’Université de Californie à Berkeley et codirecteur du sondage, a considéré ces premiers résultats comme une « bonne nouvelle », mais a ajouté que 50 % est « un point de départ assez ténu pour une initiative de scrutin » à l’approche de l’intensification des messages de campagne.

L’étude a également montré que les électeurs étaient réceptifs aux avertissements concernant les retombées économiques. Des majorités se sont dites inquiètes que la taxe puisse pousser des individus fortunés ou des entreprises hors de l’État. De plus, 67 % ont déclaré craindre que les Californiens de la classe moyenne ne fassent face à des hausses d’impôts pour compenser tout manque à gagner.

Selon la source : investmentnews.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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