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Drame de Pâques dans le Nord-du-Québec : une communauté pleure trois de ses piliers
Crédit: Side-by-side fusion: Marianne Martin est décédée dans un incendie le 5 avril 2026, à Whapmagoostui, dans le Nord-du-Québec. Photo tirée de la page Facebook de Marianne Martin + Tom Martin est décédé dans un incendie le 5 avril 2026, à Whapmagoostui, dans le Nord-du-Québec. Photo tirée de la page Facebook de Tom Martin

Une nuit de fête transformée en deuil

credit : Facebook (@ruthannah)

La matinée de Pâques devait être un moment de célébration dans le Nord-du-Québec. Le réveil a plutôt pris la forme d’un choc brutal pour les résidents d’une petite communauté adoptive, bouleversée par un incendie aux conséquences irrémédiables.

Le sinistre s’est déclaré en pleine nuit, mobilisant les services d’urgence à 3 h 30 du matin. Les flammes ont ravagé une résidence située à Whapmagoostui, un village établi à proximité de la baie d’Hudson.

À l’intérieur de la maison se trouvaient trois personnes, représentant trois générations d’une même famille. Un pasteur, son épouse et leur jeune petit-fils n’ont pas survécu à ce brasier dominical.

L’intervention des autorités et le bilan médical

credit : Le village de Whaapmagoostui, dans le Nord-du-Québec, où un incendie a causé la mort de trois personnes le 5 avril 2026. PHOTO COURTOISIE Yves Tremblay Photo courtoisie Yves Tremblay

Les secours arrivés sur les lieux ont d’abord localisé le corps du plus jeune occupant de la maison. L’enfant a immédiatement été pris en charge par les équipes médicales sur place.

Laurie Avoine, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), a précisé la nature de cette première intervention : « Une personne d’âge mineur a été transférée au centre hospitalier où son décès a été constaté ».

Pendant ce temps, deux autres occupants de la résidence manquaient toujours à l’appel. Leurs corps ont finalement été découverts plus tard dans les décombres. Les autorités policières n’ont pas été en mesure de confirmer l’identité ou l’âge des victimes dans l’immédiat, soulignant qu’une enquête approfondie serait menée par le coroner pour faire la lumière sur ces décès. Les causes exactes du brasier n’ont pas encore été établies.

Les identités confirmées par les instances locales

C’est par la voix des représentants locaux que la population a appris l’identité des disparus. Robbie Kawapit, chef du conseil de Whapmagoostui, a pris la parole sur les réseaux sociaux pour annoncer la nouvelle à ses concitoyens.

Le message du chef s’adressait directement aux habitants : « C’est avec une profonde tristesse et le cœur lourd que nous vous annonçons le décès d’importants membres de notre communauté : le révérend Tom Martin, Marianne Martin et leur petit-fils bien-aimé, Rowan Martin ».

Les victimes laissaient derrière elles des projets inachevés. Le pasteur, qui aurait eu 86 ans, consacrait ses derniers jours aux préparatifs de la célébration prévue pour le lundi de Pâques. Son épouse, Marianne, venait à peine de regagner son domicile après un séjour à Montréal, où elle recevait des traitements médicaux pour combattre un cancer. Le jeune Rowan, quant à lui, était âgé de 7 ans.

L’union de deux nations autour du presbytère

credit : Tom Martin est décédé dans un incendie le 5 avril 2026, à Whapmagoostui, dans le Nord-du-Québec. Photo tirée de la page Facebook de Tom Martin

Le message de Robbie Kawapit ne se limitait pas à la communauté crie de Whapmagoostui. Il s’adressait de manière équivalente au village inuit voisin de Kuujjuarapik. Ces deux communautés vivent de part et d’autre de la grande rivière de la Baleine et sont souvent décrites comme des jumelles.

Malgré une administration totalement indépendante l’une de l’autre, les deux nations partagent un quotidien étroitement lié. Ce lien se manifestait particulièrement le dimanche à l’église anglicane du révérend Martin. Les offices religieux y étaient célébrés dans les deux langues, reflétant la diversité de l’assemblée.

Le couple Martin avait choisi de s’établir dans ce village nordique au cours des années 1980, il y a plus de 40 ans. Ils s’étaient intégrés aux habitants, traversant avec eux les beaux moments comme ceux plus difficiles.

Des souvenirs marquants pour les résidents

credit : Marianne Martin est décédée dans un incendie le 5 avril 2026, à Whapmagoostui, dans le Nord-du-Québec. Photo tirée de la page Facebook de Marianne Martin

Amy Salt, mère de famille de 41 ans, coordonnatrice culturelle et membre du Conseil de Whapmagoostui, a partagé ses souvenirs. Issue de la communauté crie, elle a souligné l’ouverture du couple : « Ils étaient là tant pour les Cris que pour les Inuits. Ils connaissaient nos cultures et n’ont jamais voulu les changer. Nous avons grandi ensemble et ils faisaient partie intégrante de notre petite communauté ».

La disparition des Martin laisse un vide immense. Madame Salt, qui confie avoir traversé une enfance difficile, garde en mémoire le soutien indéfectible du couple. Étouffant un sanglot, elle s’est remémorée cette époque : « Leur maison a toujours été un endroit sécuritaire où je me sentais bien. Je jouais avec leur fils et en hiver, Marianne nous offrait du cidre de pomme chaud ».

Le deuil s’accompagne aujourd’hui d’un hommage unanime. Comme l’a formulé difficilement cette mère de famille : « Notre communauté a perdu deux aînés qui étaient très respectés et aimés de tous, et qui venaient en aide à quiconque croisait leur chemin. Nous avons aussi perdu un enfant de 7 ans merveilleux, toujours souriant ». L’enquête se poursuit pour comprendre l’origine de l’incendie ayant emporté cette famille.

Selon la source : journaldequebec.com

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