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Le monde manque de population — et les 40 prochaines années pourraient décider du sort de l’humanité
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le déclin démographique en marche

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L’humanité a besoin de bras supplémentaires, sous peine de faire face à un effondrement structurel. Le constat est posé : la baisse de la population mondiale n’est plus une hypothèse lointaine, mais un phénomène bel et bien amorcé. Cette trajectoire descendante menace d’entraver le modèle économique mondial dans son intégralité, menant à une paralysie dramatique de notre économie globale.

Ce diagnostic émane de Sebastian Dettmers, président-directeur général de l’entreprise StepStone. Ce spécialiste de l’emploi est également l’auteur d’un livre consacré à l’avenir de la population mondiale, dans lequel il détaille les mécanismes de cette métamorphose inédite de notre société.

Dans une tribune d’opinion publiée par le média Business Insider au cours de l’année 2023, Sebastian Dettmers alerte sur la situation. « La grande pénurie de personnes arrive — et elle va causer un chaos économique mondial », prévient-il. Selon lui, les quatre prochaines décennies vont sceller le sort de l’humanité, avec une décrue de la population s’étalant sur cette période de quarante ans.

Les causes contre-intuitives de cette baisse

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Pour comprendre cette évolution, il convient de regarder au-delà des scénarios catastrophes habituels. Sebastian Dettmers affirme que « les forces conduisant à une chute de la population sont déjà en mouvement ». Contrairement aux idées reçues, ce déclin ne doit être imputé ni à la guerre, ni à un virus, ni à une catastrophe naturelle.

Les véritables responsables de ce bouleversement sont, paradoxalement, liés à nos progrès sociaux. L’amélioration de nos normes de vie conjuguée à la baisse des taux de natalité transforme la carte démographique. « Les gens sont en meilleure santé, plus riches, mieux éduqués, vivent plus longtemps et ont moins d’enfants », constate le directeur général de StepStone.

Si ce recul démographique offre des signes encourageants pour ceux qui s’inquiètent de la surpopulation et de l’épuisement des ressources de la planète, l’expert apporte une nuance de taille. « Mais cette diminution de l’humanité n’est pas une raison de se réjouir, mais plutôt un désastre imminent pour notre économie. La grande pénurie de main-d’œuvre causée par le déclin de la population va paralyser notre économie mondiale à moins que nous ne trouvions des moyens innovants de faire fonctionner les choses », prévient-il.

Les projections mondiales et l’impact sur les pays riches

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Le phénomène ne frappe pas tous les territoires avec la même intensité. La chute de la natalité enregistre ses baisses les plus nettes au sein des sociétés les plus riches. Cette dynamique engendre un déséquilibre profond : il n’y aura tout simplement pas assez de jeunes travailleurs pour soutenir le niveau de vie accru de ces nations.

En s’appuyant sur des recherches menées par la Fondation Gates, Sebastian Dettmers avance des prévisions chiffrées. Il s’attend, de manière prudente, à ce que la population mondiale diminue d’un milliard de personnes par rapport à son pic d’ici la fin de ce siècle.

Le détail par pays révèle l’ampleur du bouleversement pour la force de travail. L’Italie, l’Espagne et la Grèce verront leur population active chuter de plus de la moitié. D’autres nations affronteront un déficit encore plus creusé. La Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Japon ainsi que la Chine perdront tous jusqu’aux deux tiers de leur main-d’œuvre.

Les conséquences directes sur la croissance et la production

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L’absence croissante d’individus sur le marché du travail bouscule les fondamentaux de la création de richesse. « Le déclin démographique imminent est un signal d’alarme », souligne Sebastian Dettmers, ajoutant que « le carburant le plus important de la croissance économique au cours des derniers siècles a été les gens. Et avec moins de gens, moins de travail peut être accompli ».

Les effets de cette rétractation se font déjà sentir dans divers secteurs clés. La diminution de la population active entraîne d’ores et déjà une baisse de l’efficacité globale. Ce phénomène est visible chez les enseignants, les ingénieurs, les infirmières ou encore les travailleurs des services.

L’accumulation de ces manques dessine une pente résolument descendante pour la macroéconomie. Cette dynamique se traduit par une diminution de la production et des performances, une baisse des dépenses, un rétrécissement des entreprises, de moindres profits et, inévitablement, un déclin de la croissance économique globale.

Vers une révolution technologique inévitable

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Face à ce constat arithmétique implacable, le monde économique se trouve au pied du mur. Conserver l’organisation actuelle tout en perdant massivement de la main-d’œuvre s’avère impossible. Selon l’auteur, il devient impératif d’aborder le travail sous un angle radicalement différent pour pallier l’absence de capital humain.

« Pour combattre l’effondrement démographique à venir, le monde n’aura besoin de rien de moins qu’une révolution de nos esprits », affirme Sebastian Dettmers. L’adaptation devra passer par un transfert massif des tâches vers les nouvelles technologies afin de compenser les postes laissés vacants par l’évolution démographique.

La solution esquissée repose sur une alliance inédite entre la machine et le développement de l’intellect humain. « Nous avons besoin d’innovation et de nouvelles idées : des robots et de l’intelligence artificielle qui font notre travail à notre place et laissent à chacun la chance d’obtenir une bonne éducation et une bonne formation », conclut-il. Les quatre décennies à venir dessineront ainsi la capacité de notre modèle à survivre à cette mue historique.

Selon la source : popularmechanics.com

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